‹ Essais philosophiquesChapitre 22 sur 54 · Il n'est pas vrai qu'il existe en nous un principe de · texte numérisé non relu

Il n'est pas vrai qu'il existe en nous un principe de

eau^aiiié^ c'e^t-a-dire Une propriété en vertu de laquelle tout homme ^ tout enfant qui Tient de naître ^ dès qu'il apercevra^ même un premier phénomène^ de» qu'il éprouvera une première sensation > par exemple la sensation de la chaleur ou celle du froid ^ rapportera malgré luî^ ne pourra ps^s rapporter k nne cause cette sensation^ ou ce phénomène,

29. Il n'est pas vrai non plu8| comme certains philo-* sophes le soutiennent, que c'est par une application^ ou en partant de ce prétendu principe, que nous avons la connaissance d'un monde extérieur, et que sans ce principe de caqsalité, nous ne rapporterions nos sensations à aucun être existant hors de nqus.

30. La première idée de cawe^ iious vient, au contraire, de l'action des objets extérieurs sur nos sens, du mcHus sur le sens du toucher : et ce n'est là qu'une cause matérielle et nécessaire^ dont l'idée n'a pas besoin , pour trouver accès dans notre entendement, d'y être en quelque sorte introduite par un principe de causalité antérieur à cette idée, ou par une propriété particulière autre que l'entendement lui-même.

31. La première idée de cause libr^ nous est suggérée (après celle de cause nécessaire) par l'action volontaire de notice corps sur les corps étrangers , action que nous ne distinguons point d'abord de la volonté elle-même , ou de l'action de Tame sur le corps. Et il y a encore bien loin de là , c'est-à-dire de cette cause tout à la fois libre et matérielle pour nous , à une cause purement immatérielle et libre.

32. Il n'est pas vrai, comme le prétendent certains philosophes, que l'idée d'une pareille cause, je veux dire d'une cause immatérielle et libre j soit la première qui se présente à notre esprit, et encore moins, que nous n'avons aucune autre idée de cause que de celle-là. Ainsi, quoique

la volonté , en tant que nous la distinguons des mouvemens volontaires et qu'elle les produit, soit une véritable cause, et même une cause libre ou supposée telle -y ce n'est point dans la réflexion (toujours très-tardive) que nous pouvons faire sur cette action de Tame , que nous puisons la première et surtout la seule idée de cause.

33. La volonté, ou Tintelligence , en tant qu'elle agit pour certaines fins , est appelée cause finale.

Il est beaucoup de phénomènes, et surtout de résultats, comme , par exemple , une maison , une horloge , qui supposent une cause finale.

Parmi les phénomènes et les résultats qui ont évidemment une cause finale , il en est plusieurs qui ne peuvent être attribués à l'intelligence humaine. C'est par là qu'on peut démontrer l'existence de Dieu.

34. Le système du monde n'a pas évidemment une cause finale, quoiqu'il en ait probablement une.

35. Il n'en est pas de même de la nature organique, et surtout de Thomme, qui évidemment suppose une cause finale, et qui, par conséquent, a été produit par un être intelligent, qui ne peut être que Dieu.

36. Mais Dieu n'a pu produire Thomme et l'univers, que comme un horloger a produit une montre, un architecte un palais , sans créer la substance même de cette production. Une création proprement dite serait une chose absurde. Il ne peut j avoir que des transformations» de substances préexistantes, mais point de création de substance. Rien n'est sorti du néant 3 rien ne peut y rentrer.

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