ARTICLE XI
Des rapports qui eadstent entre Vame et ie corps.
Il n'est pas aisé d'assigner une place à une chose que l'on prétend n'avoir point d'étendue, telle qu'est l'ame humaine. Bien qu'elle soit unie à tout le cerveau , et en quelque façon à tout le système nerveux , comme le serait une propriété qui appartiendrait à cette espèce de substance , elle exerce plus particulièrement ses fonctions et a son siège principal dans une petite glande nommée conarion, qui n'est autre que la glande pinéale ; et la principale raison qu'en donne Descartes, c'est que de toutes les parties solides du cerveau cette glande est la seule qui ne soit point double : suspendue par des filets très-déliés , elle est d'une mobilité excessive , et , placée également sous l'influence des esprits animaux, qui viennent y aboutir, et de la volonté, qui y réside, elle transmet à l'ame, avec la plus grande facilité, les impressions des objets extérieurs, et aux différentes parties du corps les intentions ou les volontés de l'ame. Quand on veut, dit-il, arrêter son attention a considérer quelque temps un même objet, la volonté retient la glande pendant ce temps-là penchée vers un même côté. Mais je ferai observer que les idées que l'esprit regarde en