‹ Essais philosophiquesChapitre 42 sur 54 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

tandis qu'au contraire , il n'y en a qu'une pour ceux qai confondent ces deux choses : c'est ainsi qu'Épicurè attribue aux corps un certain mouvement de pondération qui leur est propre^ et qui est tout-à-fait indépendant de l'existence du globe terrestre et de toute autre matière.

Si nous n'avions pas d'abord appris de l'expérience , et ensuite généralisé cette idée, qu'il n'y a point de changement ou d'efiet sans cause ^ et que toute cause suppose deux substances qui agissent l'une sur l'auti'e^ jamais nous n'aurions conclu ou conjecturé 9 que^ de cela seul que nous exécutons divers mouvemens , il y a en nous deux substances distinctes; et nous aurions naturellement placée sans nous en apercevoir , la cause première , la cause hbre de ces mouvemens dans quelque propriété du corps ^ propriété qui consisterait en cela même qu'il pourrait agir saùs y être sollicité par aucune cause étrangère ; en sorte que ^ cette propriété active et ces mouvemens volontaires n'étant pour nous qu^une même chose, nous n'aurions point distingué ces eflèts de leur cause.

Il est donc évident que je n'aurai aucune notion de causalité^ et conséquemment que j'ignorerai ce que c'est qu'un effet y ou un phénomène considéré relativement à sa cause^ si j'oublie ou si jefméprise ce que j^ai appris de l'expérience; si je regarde comme fausse Topinion où je suis que j'ai tin corps et qu'il y en a d'autres autour de moi ; enfin si je n'ai point quelque idée de l'action d'une substance sur une autre^ et^ à plus forte raison^ si j'ignore absolument ce que c'est que substance et attribut.

Mais d'abord; dira-t-on ^ comme c'est par le phénomène que l'attribut ou la propriété se découvre ^ il s'ensuit que nous devons supposer une propriété partout où nous voyons un phénomène. J'en conviens; mais la propriété et le phénomène ne seront qu'une seule chose à mes yeux y si je crois que les corps ne sont pas des objets extérieurs qui

agissent sur moi en yertu de leur propriété^ et qu'ils ne sont que des phénomènes intérieurs, des sensations, qui naissent, disparaissent et se reproduisent pour disparaître encore : car l'idée que nous avons d une propriété est celle d'une chose dont la durée est permanente , et dont l'existence est indépendante des phénomènes par lesquels elle se manifeste. C'est ainsi, par exemple, que je me représente rélasticité de Tacier ou de l'airain comme une propriété ou une chose durable et indépendante de l'action d'un ressort et des vibrations d'une cloche, qui peuvent n^être que transitoires et de peu de durée« Ainsi donc, si je suppose que je n'existe qu'en tant que je pense actuellement, et si , parce que je ne me souviens pas d'avoir pensé la nuit dernière pendant mon sommeil, je ne suis pas certain d'avoir existé hier, je ne croirai pas que la faculté de penser qui est en moi subsiste encore quand elle cesse d'être en exercice; je ne me ferai aucune idée de cette faculté en tant que son existence est indépendante de l'action de penser ; je la confondrai avec cette action (comme le fait Descar-* tes), je n'apercevrai que cette action même, et encore, sans ss^voir que ce que j'aperçois est un phénomène. Il y a plus : c'est qu'en suivant à la rigueur le scepticisme de Descartes, il s'ensuivra bien que j'existe actuellement de ce que je me souviens actuellement d'avoir pensé et existé hier, mais il ne s'ei^suivra pas, qu'en effet j'ai existé ou pensé ; car ce souvenir pourrait bien n'être encore qu'une illusion qui m'affecte actuellement : et ainsi mon existence, j'entends celle dont je suis certain , se réduira au moment présent , à un instant indivisible , pendant lequel il est impossible qu'il s'opère en moi aucun changement, ni par conséquent aucun phénomène ; car cet instant n'est rien .

Si je ne puis pas distinguer la propriété du phénomène , si je n'ai aucune idée de la propriété en tant que son existence est continue, et indépendante du phénomène, qui n'est

que transitoire et éphémère ; à plus forte raison me sera-t-il impossible de distinguer la propriété essentielle qui constitue la substance ^ de la propriété accidentelle qui n'en est qu'une modification. Et dans le fait, la faculté de penser est-elle une propriété essentielle? Voilà la question importante et fondamentale de laquelle dépendra la solution de toutes les autres.

Tous les phénomènes qui se passent en nous sont connus sous les noms généraux de sensations^ de sentimens, d'idées et d'actions volontaires. Il importe peu de savoir combien on peut compter de genres et d^espèces difierentes de phénomènes intellectuels : mais il faut remarquer , et il est très-certain que chaque espèce^ que chaque ordre de phénomènes suppose dans l'ame une propriété différente. Ces propriétés sont^ par exemple^ la sensibilité physique en général^ qui se divise en plusieurs sens^ par lesqueb elle reçoit l'impression des objets matériels ; l'entendement ou la sensibilité intellectuelle ^ à l'aide de laquelle elle a des idées de toute espèce ; la sensibilité morale , qui est la cause conditionnelle de ces sentimens de rapport qu'on appelle sentimens moraux , et dont on peut aussi compter diverses espèces; la mémoire^ cette modification de la sensibilité intellectuelle^ qui est la propriété, la condition sans laquelle une idée ne se reproduirait pas par I9 seule présence à l'ame d'une autre idée, ou d'un objets ou d'un signe quelconque qui l'avait d'abord accompagnée; l'imagination , qui , en un sens , est cette propriété passive par laquelle un souvenir est accompagné de l'image de la chose que l'ame se rappelle; la volonté, ou Inactivité, qui nous donne le pouvoir d'exécuter certaines actions que^ pour cette raison, on nomme volontaires 3 l'attention enfin^ pour ne pas en citer un plus grand nombre, ou po^r mieux dire, Vattentivité ^ propriété active comme la volonté, faculté qui nous permet de concentrer en quelque sorte

notre sensibilité et notre intelligence , pour être plus vivement afièctés par un seul objet à l'exclusion de tout'* autre, action ou opération à laquelle on donne aussi le nom même d'attention.

Maintenant ^ parmi toutes ces propriétés ou d'autres que je n'ai point nommées^ y en a-t-il une, et n'y en a-t-îl qu'une, que l'on puisse regarder comme essentielle, et dont tontes les autres ne soient que des modifications ou des manières d'être ? Il se peut que toutes les propriétés de l'ame ne soient, à l'exception d'une seule, que des modifications de celle-ci , comme les différentes propriétés des corps sont des modifications de l'étendue impénétrable, et, dans ce cas , rien ne nous empêchera de donner , avec Descartes , à cette propriété, quelle qu'elle soit, le nom de pensée, ou de faculté de penser. Or Descartes croit démontrer qu'une pareille faculté existe en effet : mais les raisons qu'il allègue peuvent également s'appliquer à nos différentes manières de sentir et de penser; d'où il paraît que cette faculté de penser, qu'il regarde comme ime propriété essentielle , n'est rien que le nom commun sous lequel on comprend toutes les propriétés de l'ame; comme on donne le nom d'homme à Pierre, à Paul, à Jacques, etc. Il suit donc de là que l'imagination et la mémoire, par exemple, ne sont pas à la faculté de penser ce que le triangle et le cercle sont à l'étendue , comme voudrait nous le persuader Descartes , mais seulement ce que le triangle et le cercle sont à la figure en général.

Descartes répliquerait que du moins la figure en général suppose elle-même l'étendue, tandis que la faculté de penser ne suppose ni l'étendue ^ ni aucune autre propriété plus générale, et qu'ainsi elle est essentielle et peut constituer une substance tout aussi bien que l'étendue impénétrable. Mais s'il est vrai que cette faculté de penser n'est qu'une dénomination commune à toutes nos manières de

penser, il résulte donc du raisonnanent de Descarte» qu'il y a autant de substances distinctes qu'il y a de manières difierentes de penser. h

Je. conviendrai sans peine d'ailleurs qu'aucune de ces manières de penser , ni conséquemment la faculté de penser en général , ne suppose Tétendue , pourvu toutefois que Ton entende seulement par là que l'idée de ces facultés ne suggère ou ne rappelle en aucune manière l'idée d'étendue, ce qui est vrai. Mais on en peut dire autant, non seulement de certaines manières de sentir^ qui cependant ne nous affecteraient point s'il n'y avait rien de corporel en nous; mais encore de plusieurs propriétés accidentelles des corps euxmêmes , sans qu'on en puisse tirer la conséquence que ces propriétés constituent des substances qui n'ont rien de matériel. La chaleur et les odeurs, par exemple, sont dans ce cas. L'idée que j'ai de la chaleur, considérée dans sa cause, est celle d'une chose, quelle qu'elle soit, qui a le pouvoir de produire sur moi une certaine sensation. Il est vrai que par l'habitude invétérée ou j'étais naguère de regarder conune matériel tout ce qui agit sur moi , et de croire qu'il n'y a que le corps qui puisse agir sur le corps , je supposais aussi^ en me fondant sur l'expérience et l'analogie , que le principe de la chaleur était un fluide très-subtil qui agissait d'une manière ou d'une autre sur mes organes en les touchant. Mais, s'il y a des substances qui ne soient point étendues , et si ce qui est immatériel peut agir sur ce qui est corporel, je n'ai pas plus de raison de croire que le principe de la chaleur est un fluide subtil , que je ne suis en droit de supposer que la substance qui pense est elle-même une matière éthérée. £t, si de cela seul que l'idée que j'ai de la chaleur n'est point accompagnée de celle d'étendue, je conclus que moi, qui ai cette idée, je ne suis pas nécessairement étendu 3 je pourrai aussi conclure, de ce que la sensation que j'éprouve ne rappelle

pas l'idée d'étendue y que la substance qui produit en moi cette sensation n'est point étendue ^ et que sa nature consiste seuleipient en ce qu'elle est une chose qui échauffe^ comme lu mienne consiste^ selon Descartes ^ en cela seul que je suis une chose qui pense.

Ce n'est point par les sensations que les corps produisent sur nous , c'est par pela seul qu'ils s'opposent à nos mouvemens, ou qu'ils nous obligent de nous mouvoir, que nous les jugeons impénétrables ou matériels. Ainsi, lorsqu'un fluide , comme le seraient , par exemple , les émanations d'une rose, n'a pas assez de masse pour produire en nou9 un mouTement local sensible, nous ne pouvons pas jciger directement si ce fluide est réellement matériel. Mais, sup-; posé qu'il le soit, si c'est par le contact, si c'est par son impénétral»lité qu'il agit sur nous, c'est-à-dire sur nos sens , sur notre ame , soit directement , soit par l'intermédiaire de notre corps, ce qui revient au même, on sera forcé de convenir que l'ame elle-même est matérielle j car une substance ne peut agir sur une autre par le contact, qu'autant qu'elles sont réciproquement impénétrables : et si ce n'est point par son impénétrabilité que ce fluide (ou que le corps humain) agit pour produire en nous la sensation et l'idée d'odeur de rose; sur quoi se fondera-t-on pour affirmer qu'il est impénétrable ou matériel, et que l'esprit ne l'est point ? Car de deux choses Vune , ou l'idée et la sensation de l'odeur de rose rappellent nécessairement l'idée de résistance et d'étendue , et alors les raisons qu'on allègue pour prouver que la pensée est indépendante de l'étendue s'évanouissent; oti elles ne suggèrent point ces idées d'étendue et d'impénétrabilité, et dans ce cas on ne prouvé pas mieux par le raisonnement qu'on ne le pourrait faire par l'expérience, à laquelle d'ailleurs nous ne nous confions point , que la cause qui produit en nous l'odeur de rose est matérielle. Ainsi il faut convenir, ou qu'on n'a pas démontré

que la faculté de penser n'est pas une propriété accidentelle de la matière aussi-bien que l'odeur d'une rose, ou qu'il résulte des preuves que Ton a données , que celle-ci est tout aussi-bien que la faculté de penser une propriété essentielle; d'où il résulterait, selon Descartes, quje dans un corps odoriférant il y aurait deux substances distinctes , l'une matérielle, étendue et inodore; l'autre odorante, mais immatérielle et sans étendue : ce qui paraît absurde. Je crois donc pouvoir conclure de ce qui précède, 1^ que Descartes n'a pas prouvé que la faculté de penser est une propriété essentielle, capable de constituer une substance; 2^ que dans le doute universel où nous sommes placés , et en niant l'existence des corps et de leurs propriétés , il est impossible que nous puissions distinguer une propriété essentielle d'une propriété accidentelle, ni même une propriété en général d'un phénomène.

Maintenant, si je ne puis pas distinguer la propriété essentielle qui constitue la substance, de la propriété accidentelle qui n'en est qu'une modification, et si l'une et l'autre viennent en quelque sorte se cacher sous le phénomène ou se confondre avec lui; comment pourrai-je distinguer la propriété et le phénomène de la substance ; comment pourrai' je avoir l'idée de la substance et la connaître comme telle ? Descartes tranche cette difficulté , en avançant avec confiance , que c'est une idée innée et une notion commune que le néant ne peut avoir aucun attribut, et que de là nous tirons naturellement l'idée de substance. Mais je ferai observer que le néant n'est point un être auquel on puisse attribuer ou refuser quelque chose , qu'il n'est que labsence ou la non-existence de toute substance, dé toute propriété, de tout phénomène, en un mot, de tout ce dont nous avons une réelle idée; et qu'ainsi de cette idée du néant, que nous avons bien évidemment acquise, nous

ne pouvons rien tirer^ non plus que du néant lui-même. Quand on dit que le néant ne peut avoir aucun attribut^ on dit en d'autres termes ^ que là où est un attribut , une propriété ^ là n'est pas le néant ^ là est une réalité ; ce qui ne m'avance guère : car j dans la situation d'esprit où je me trouve à présent^ doutant de tout, excepté de ma propre existence^ ce qui constitue pour moi la réalité, c'est le phénomène de la pensée, puisque je ne connais rien de plus , et que je ne crois exister que par ce qu'il y a d'accidentel et de phénoménal en moi. Si donc je viens à réfléchir sur l'essence de mon être , j'affirmerai qu'elle ne consiste que dans l'action de penser; et conséquemment je soutiendrai une grande absurdité-,^ car l'action de penser n'est qu'un phénomène et ne peut pas constituer une substance. Je conçois très-bien aujourd'hui, soit que j'aie appris « cela de l'expérience et de la réflexion , ou de toute autre manière, que ce qui n'est rien ne saurait êtrç modifié : or (pourvu que j'aie confiance en mes souvenirs), je sais que j'éprouve une suite de modifications, puisque je réfl.échis, que je conçois, que je sens, et que j'ai tels sentimens ou telles idées : donc je suis quelque chose moi qui ai ces idées, ou qui pense, tantôt d'une façon et tantôt d'une autre. Mais, de deux choses l'une, ou je ne suis moi-même que ces diverses modifications, ce qui est contradictoire, puisqu'ainsi je serais plusieurs êtres très-différens les uns des autres; ou je suis un être distingué de ces modifications, comme un morceau de cire est distingué des diverses empreintes qu'il peut recevoir , et dans ce cas ma nature propre ne m'est pas connue, puisque je n'aperçois en mpi que ces modifications, qui sont purement accidentelles. Donc je suis à la vérité une chose ou une substance qui pense , et qui conséquemment a la faculté de penser; mais non pas une substance dont la nature est de penser, ou dont la faculté de penser constitue la nature.

Pôor mieux faire sentir la différence qui se trouve entre ces choses ^ et l'importance qu'il y a à les distinguer , je supposerai pour un moment avec les matérialistes , que la substance qui pense en nous est corporelle, et que cette substance est le cerveau. Dans ce cas nous pourrons com-* parer le cerveau y ou la substance qui pense , à une cloche de iné\9\ 3 la faculté de penser , à l'élasticité de cette do-che; et le phénomène de la pensée, aun vibrations qu'elle efièctue , lorsqu'un corps extérieur agit sur elle. Cela étant, il n'est personne qui ne conçoive clairement que le cerveau pourrait cesser un moment de penser, sans perdre un seul moment la faculté de penser 3 de même que la cloche pourrait cesser de vibrer , sans pour cela perdre son élasticité : et que le cerveau pourrait aussi, par quelque dérangement dans ses parties , ou tout autre accident , perdre entièrement la faculté même de penser, sans perdre son impénétrabilité ou sa matérialité , sans qu'il cessât d'existé* commesubstance, saris être anéanti 3 de même que la cloche^ fondue ou ramollie par la chaleur, perdrait son élasticité, sans cesser d'être une substance matérielle. D'où il est visible que, dans cette hypothèse, pu d'après cette manière d'envisager les choses, la faculté de penser n'est qu'une propriété accidentelle, qui ne constitue pas la substance qui pense, ou l'homme considéré comme être pensant, et qu'ainsi , quoique l'homme soit une chose ou une substance qui pense, ou qui a la faculté de penser, il n'est pas une substance dont là nature n'est que de penser, on dont la faculté de penser constitue seule la nature.

Disons à présent avec les spiiitualistes, que la faculté de penser est à la substance intelligente , ce que retendue impénétrable est au corps 3 que cette faculté est essentielle dans le sens le plus absolu , et qu'elle constitue elle-même la substance qui pense, comme l'impénétrabilité constitue le corps 3 de sorte que la substance intelligente venant à

perdre cette faculté , elle cesserait par là même d^exister et serait anéantie ^ comme la matière le serait y si elle cessait d'être étendue et impénétrable. Dans cette supposition^ rhomme est véritablement une substance dont la nature consiste dans la faculté de penser. Voilà ce qu'il s'agissait de démontrer^ mais ce que n'a pas démontré Descartes : et cependant ^ ce philosophe va beaucoup plus loin , puis* qu'il soutient que la nature de la substance qui pense en nous consiste^ non seulement en ce qu elle a la faculté de penser^ mais en ce qu'elle pense actuellement ^ de Êiçon qu'elle ne pourrait cesser de penser ^ sans par cela même cesser d'être. C'est en effet, comme je l'ai fait voir plus haut y une conséquence du principe qu'il a posé , et si l'on approuve le principe y il faut admettre la conséquence : or cette conséquence est absurde ; car une action y un phénomène y ne peut pas constituer une substance»

En tant que doué de la faculté de penser y l'homme est une ame ou un esprit ; en tant qu'il est capable d'exécuter diverses actions corporelles ( et l'on démontrera plus avant qu'en efiet il renferme les propriétés qui constituent la matière) y l'homme est un corps ou une substance matérielle. Mais de savoir si l'âme et le corps sont deux substances . distinctes, ou si elles n'en forment qu'une j en d'autres ter* mes y si l'ensemble ou la collection des propriétés intellectuelles y et celle des propriétés communément appelées corporelles y appartiennent à un même sujet y à une même substance; ou si elles constituent deux substances indépendantes l'une de l'autre, de telle sorte que l'ame, ou l'ensemble des facultés intellectuelles , pût exister sans un corps, de même qu'un corps peut exister sans une ame; c'est ce qui sera examiné plus particulièrement au chapitre VIII. Mais il paraît clair que cette question serait à peu près résolue , et qu'il n'y aurait plus qu'une çonsé-

quençe à déduire^ si déjà il était démontré que la faculté de penser est une propriété essentielle.

Il ne m'a pas été possible , et je dois en prévenir le lecteur, de placer à la suite dû chapitre dont il est ici mention, les réponses de Descartes aux objections dont je viens de donner le sommaire, ni ces objections elles-mêmes; mais il les trouvera aux chapitres VIII, IX et X qui traitent de la distinction réelle de lame et du corps.

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