‹ Essais philosophiquesChapitre 43 sur 54 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

Qtie f esprit est plus aisé à connaître que le corps.

Nous ignorons jusqu'à présent si la faculté de penser est la propriété essentielle qui constitue la substance de Tame, et nous ne savons point si en effet la substance de Tame en elle-même diffère de celle des corps : nous ne pouvons donc pas dire avec certitude que nous connaissons véritablement l'ame ou sa substance. Quant à ses attributs, comparés aux qualités accidentelles des corps, il est certain que nous les connaissons mieux, ou du moins que nous en connaissons un plus grand nombre; et, dans ce sens, on peut dire en général , que Tesprit est mieux connu que le corps , puisqu'il n'est point de qualité corporelle qui ne suppose aussi dans Tame une propriété passive sans laquelle le corps, doué de cette qualité, n'agirait point sur nos sens et ne se ferait point connaître à notre esprit; et qu'en outre , nous remarquons en nous des facultés qui n'ont rien dans, les corps bruts qui leur réponde : telles sont, par exemple, la volonté et la réflexion. Si c'est là , comme je le crois, ce que Descartes a voulu prouver, il a parfaitement raison. Ainsi, puisque le fond de ce chapitre est vrai, et qu'il n'est d'ailleurs d'aucune conséquence pour ce qui suit, je passerai sur les observations de détail auxquelles

il pourrait donner lieu y et par là je dédommagerai le lecteur de la trop grande étendue de l'article précédent.

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