LES TOMBEAUX
Tombeaux chers et sacrés, funèbres monumens, Vous remplissez mon cœur de saints frémissemens ; Tombeaux qui renfermez tant de vertus passées, Sur votre marbre froid se brisent mes pensées! Je vois le vice aussi gisant dans le tombeau ; Qu'il y reste caché sous son dernier lambeau.
m POÉSIES DIVERSES.
Dans cette enceinte où règne un imposant silence, Ici je ne veux voir que repos, qu'innocence!
Ici mon cœur seineut, s'épure et s'agrandit, Oui, l'âme doit sur vivre à ce fatal ci-gît!
Et que resterait-il à l'amour d'une mère, De sa fille adorée, éteinte sous la pierre, Si son âme céleste, au séjour immortel, Ne la consolait pas du sein de l'Éternel?
Et vous, cyprès et fleurs qui couvrez ces décombres, Croissez, triste ornement de ces retraites sombres; Tout ici m'intéresse et plaît à ma douleur, J'y vois aussi ma place et la vois sans terreur. Celui qui peut te craindre, ô mort souvent hâtée! Doit être le méchant et peut-être l'athée :
Et malheur à celui qui ne voit que néant, Et pour qui tout s'abîme au suprême moment !
POÉSIES DIVERSES. m
La jeune épouse en pleurs sur la tombe glacée De l'époux, de l'amant qui vit dans sa pensée, Nourrit une autre idée, et charme sa douleur En croyant que l'hymen, près de son Créateur , L'unira pour toujours au seul bien de son âme: Tu survis au tombeau, tendre amour d une femme !
« O mort ! dit un jeune homme, arrête enfin tes coups, « Épargne mon idole... ah ! je suis son époux : « Si tu me la ravis, prends sa double existence, « Et fais que pour nous deux l'éternité commence! » Mais l'inhumaine parque a tranché le fil d'or De ce trésor des cieux ! — Ici je vois encor Gémir l'amour en deuil, ou du moins son image , Car au sacré tombeau le saint pèlerinage Ne se fait déjà plus. — L'homme dans le malheur Croit son amour durable, il ignore son cœur ! ..
Mais j'allais te passer, humble tombeau du sage : Que ta cendre honorée accueille mon hommage; O toi ! qui sus souffrir sans te plaindre du sort, Qui sus le désarmer en te montrant plus fort ! Repose en paix... O mort! espérance dernière , De Têtre délaissé reçois donc la prière; Il invoque, il attend de toi ce dernier soin : Va, pour le malheureux la mort est un besoin!
Silence du tombeau, ma voix est trop émue!
Je dépose au cyprès ma lyre détendue ; Je la voile de deuil. . . Adieu, sacrés tombeaux, En vous est le seul bien et Tunique repos !
£rs flomtcte tte nuit.