‹ Essais poétiqueChapitre 25 sur 32 · LA SYLPHIDE LOUISI AN AISE · texte numérisé non relu

LA SYLPHIDE LOUISI AN AISE

AUX DAMES LODISIAIfAISBS.

Une jeune beauté, blanche comme le lis,

Aux grâces sans étude, à la taille légère,

Aux grands yeux noirs et doux, au gracieux souris ;

Sylphide ou déité d'une rive étrangère,

Dans notre belle France, au sein des doux plaisirs,

Belle Louisianaise, accueille nos soupirs!

21fr POÉSIES DIVERSES

Néïda, tu parais, soudain le bal commence,

Les grâces t'ont parée, on ne voit plus que toi 5

On ne parle bientôt que de ton élégance,

Et pour te voir danser la foule vient d'avance :

Chacun veut un regard, en est-il un pour moi?

Mais la valse t'entraîne et, sylphide légère,

Tu peins en voltigeant l'image du bonheur,

Qui fuit et qui nous laisse une ombre mensongère,

Nos regrets superflus et notre folle erreur.

Néïda, le concert t'appelle, La cité des beaux-arts invite les talens :

Tu t'avances tremblante et tu parais plus belle; Le feu jaillit plus vif de tes regards brillans, Lorsque du piano les touches si dociles

POÉSIES DIVERSES. 2fô

Sensibles, sous tes doigts habiles,

Rendent mille sons ravissans.

Au milieu des bravos selève un doux murmure,

On voudrait entendre ta voix :

D'une romance tu fais choix; Le goût le plus exquis, ta voix touchante et pure, Nous ravissent alors, quand tu passes soudain D'un morceau d'opéra les roulades brillantes, Les sons filés si doux, les cadences charmantes: Tous ont les yeux sur toi, quand sur ton front serein Paraît une couronne en forme d'auréole, Où le rubis s'unit au saphir le plus fin, En y traçant ces mots : A la belle créole !

Au milieu du tumulte une douce vapeur Laisse à peine entrevoir ta divine pâleur :

Alors le dieu des arts, des muses l'heureux guide,

Dérobe à nos yeux la sylphide

Qui vit à jamais dans nos cœurs!

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Après de longs chagrins et damères douleurs, Je te quittai, France chérie !

Pour ce nouveau pays, aujourd'hui ma patrie Où j'en crus à peine mes sens, Quand je trouvai dans chaque femme

Les traits de Néïda, les vertus de son âme,

Ses grâces, son esprit et ses heureux talens!

£e Eiîirau.

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