‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 12 sur 93 · ITI · texte numérisé non relu

ITI

Au bord de la rivière, en‘un charmant endroit,

Paisible et retiré s'élevait l’'humble toit

Dont les proscrits, de loin, avaient vu la fumée.

Un chène l’ombrageait ; la mousse parfumée

Et le gui merveilleux qu'aux fêtes de Noël

Venait couper, selon le rite solennel,

Avec la serpe d’or, le Druide mystique,

Grimpait légèrement le long du chène antique. 3*

Ge toit était celui d'un Pâtre déjà vieux.

Un jardin l’entourait, fleuri, luxurieux,

Et parfumant les airs de suaves arômes.

Derrière le jardin se déroulaient les chaumes, Et les champs veloutés, et les sombres forêts. La maison était faite en beau bois de cyprès: Des poteaux élégants portaient la galerie ;

Et la vigne légère, et la rose fleurie,

Que venait caresser l’oiseau-mouche coquet, Ornait chaque poteau d’un odorant bouquet.

Au bout de la maison du pâtre solitaire, Parmi l’épdis feuillage et les fleurs du parterre, Etaient la ruche active et le doux colombier, L’abeille travailleuse et l’'amoureux ramier.

Ces lieux étaient plongés dans un calme sublime. Les rayons du soleil reluisaient sur la cime

Des arbres orgueilleux qui frangeaient l'horizon ; Mais les ombres déjà planaïent sur la maison,

La fumée, en sortant des hautes cheminées, Semait d’orbes d'azur, de vagues satinées,

L'air tranquille du soir, le ciel sombre et serein. Derrière la maison, et partant du jardin,

Un sentier conduisait aux grands bosquets de chène

Qui semblaient un rideau d’'émeraude et d’ébène. Plus loin que la rivière, au fond du vaste champ

Où flottaient les regards du beau soleil couchant, 0!

Les arbres inondés de lumières lointaines, Immobiles, debout dans ces tranquilles plaines,

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Leurs rameaux recourbés, ressemblaient aux vaisseaux | Qu'un calme désolant enchaîne sur les eaux.

Sur un cheval sellé qui hennit et folâtre,

Au bord de la forêt, on voit venir le pâtre.

Il revêt un pourpoint fait de peau de chevreuil ; Sa figure bronzée a presque de l’orgueil ;

Son œil étincelant se lève et se promène,

Satisfait et ravi, sur la sublime scène

Que le soir, sous les cieux, déroulent lentement. Près de lui ses troupeaux broutent paisiblement La pointe du gazon et la feuille moelleuse,

Et savourent, joyeux, la fraîcheur vaporeuse

Qui s'élève des flots et sur les prés s’épand.

A l’un de ses côtés un cor de cuivre pend.

Il le prend et le porte à sa bouche puissante :

Le cuivre retentit, et sa voix frémissante

Fait résonner, au loin. l'air sonore du soir. Soudain à ce signal, dans le champ, on put voir Les taureaux attentifs lever leurs cornes blanches Au-dessus des buissons et des légères branches, Comme des flots d'écume au-dessus des cailloux. En silence, d'abord, ouvrant leurs grands yeux roux, Pendant quelques moments ils s'entre- regardèrent ; Bientôt, comme un nuage, ils se précipitèrent

En beuglant, tous ensemble, : à travers le gazon. Alors le pâtre heureux revint à la maison.

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Mais comme il arrivait sur son cheval superbe La vie En suivant le sentier qui serpentait dans l’herbe, Promt IL vit venir vers lui, marchant avec lenteur, Son La vicrge souriante et l’auguste Pasteur. Elle n Saisi d'etonnement et transporté d'ivresse, De lé Il saute de cheval avec grâce et prestesse, Basile Et court au-devant d'eux en leur ouvrant ses bras. j Qui co Les voyageurs, d'abord, ne le connaissent pas ; Et lui- Se demandent entre eux quel est cet aimable hôte, Il rom Et sont heureux d’avoir abordé cette côte. D CN" Mais leur incertitude au plaisir a cédé ; «Du Comme un vase trop plein leur cœur a débordé! D Cubr Sous les traits rembrunis de ce vieux pâtre agile : se ur le

Leurs yeux ont reconnu le forgeron Basile !

Bten doux furent alors les longs embrassements, son œ1 Bien doux les gais propos et les épanchements 4 Puis el Des pauvres exilés sur la rive étrangère ! Ua ( Gabri La peine de l'exil, alors, parut légère ! A Son co | Et Les €

« Gabri

Basile conduisit au milieu du jardin Le viel Ces amis que le ciel Jui redonnait soudain. me Ne ît là, parmi les fleurs nouvellement écloses, ( Sèche insemble on s'entretint de mille et mille choses. . À Gabri On parla du present, mais surtout du passé : D'Ce ne Et plus d'un long soupir vers le ciel fut poussé! . À Le SO! Et pendant que la bouche essavait de sourire à Toujo Dans le regard voile plus d'un pleurs vint reluire ! | | | es Aaï

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La vierge, cependi.nt, à travers le bosquet Promenait, en silence, un regard inquiet; Son cœur était ému, son âme était en peine :

Elle n’entendait point la voix mâle et sereine De l'être bien-aimé qu’elle espérait revoir ! Basile soupçonna bientôt le désespoir

A Qui couvait dans le cœur de la jeune proscrite, Et lui-même il sentit une angoisse subite.

Il rompit, en tremblant, le silence aussitôt : —(N’avez-vous rencontré nulle part an canot ? « Du lac et des bayous il a suivi la route:

«Gabriel ie conduit: vous l'avez vu, sans doute ? »

D Aces mots que Basile aux proscrits adressa Sur Le front de la vierge un nuage passa ; Son œil noir se remplit d'une larme brülante,

à Puis elle s'écria d’une voix déchirante :

4 «Gabriel, Ô mon Dieu! Gabriel est parti!»

1 Son cœur dans le chagrin parut anéanti, Et les échos du soir, tour à tour murmurèren!: « Gabriel est parti!» Les exilés pleurèrent.

Le vieux pâtre Basile avec bonté reprit:

— (Ne laisse point le trouble agiter ton esprit ; «Sèche tes pleurs amers ; enfant, reprends courage ; «Gabriel n’est pas loin de notre heureux rivage : «Ce n’est que ce matin qu’il est parti d'ici, « Le sot! d’avoir laissé notre demeure ainsi ! «Toujours triste et rêveur, maladif et débile, («Il était devenu d’une humeur difficile ; ( [l haïssait le monde et n’endurait que moi; «I ne parlait jamais, ou bien parlait de toi.

« Dans les cantons voisins aucune jeune fitie

« Ne semblait, à ses yeux, vertueuse ou gentille :

« Aussi leur devint-il un objet de terreur.

«Je résolus enfin, mais non pas sans douleur,

‘ De le laisser partir pour un lointain voyage.

« Il doit se procurer, dans un petit village,

« Des mulets espagnols aux pieds sûrs et mordants; « Il doit suivre, de là, sous des cieux moins ardents, « Les sauvages du nord dans leurs forêts profondes : «Il veut chasser, partout, le castor dans les ondes,

« Et la bête féroce au fond des bois épais.

« Calme-toi, mon enfant, et goûte encor la paix’;

« Nous saurons retrouver cet amant téméraire.

« Son perfide canot a le courant contraire.

« Demain nous partirons sitôt que le matin

« Versera sur les eaux un reflet incertain :

« Gaîment nous voguerons sur la vague irisée,

« Près des bords scintillants sous la molle rosée ;

« Nous rejoindrons bientôt l’amoureux déserteur,

« Et le ramènerons confus de son bonheur ! »

Alors, on entemdit des voix vives et gaies :

On vit des jeunes gens franchir les vertes haies Qui bordaient la rivière auprès de la maison :

Ils portaient en triomphe, à travers le gazon, Michel, le vieux chanteur, le vieux barde rustique. Dispensant aux mortels le chant et la musique ; N'ayant d'autres soucis que d'ég: “er les cœurs ; Que de mêler. parfois, quelques s >uris aux plewrs,

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AVANGÉLINE.

Le vieux Michel semblait un des dieux de la fable. Il était renommé pour sa manière affable, Pour ses cheveux d’argent et pour son violon. « Vive le vieux Michel, notre gai compagnon !» Crièrent à la fois, en écartant les saules, Les gars qui le portaient sur leurs fortes épaules. Et le père Félix aussitôt, se levant, Les salua de loin et courut au devant.

En tombant dans les bras du vénérable prêtre, Le ménestrel sentit, dans son âme, renaître

| Les transports ravissants d’un âge plus heureux : Il se mit à pleurer. Des souvenirs nombreux À ses esprits émus alors se présentèrent ; Et, vers les temps enfuis, ses pensers remontèrent ! Evangéline vint baiser ses cheveux blancs.

Il la prit dans ses bras, dans ses vieux bras tremblants, Et mouilla son front pur de ses brûlantes larmes. La pauvre Evangéline, elle avait bien des charmes Quand il la fit danser, pour la derniere fois, Avec son Gabriel et les gais villageois, Au son du violon, sous le ciel d’Acadie !

Il la trouvait peut-être, à présent, enlaidie,

à Car elle avait perdu les roses de son teint, Et sa joue était creuse et son regard éteint ; Mais plus beau que jamais était son noble cœur,

| Eprouvé longuement au creuset du malheur !

Les proscrits Acadiens que le hasard rassemble, Assis dans le jardin, s’entretiennent ensemble

Du bonheur qu'ils goûtaient au rivage natal,

Des maux qu'ils ont soufferts depuis l'arrêt fatal.

Lis admirent pourtant l'existence tranquille Que passe à l'étranger leur vieil ami Basile ; Ils écoutent longtemps, avec avidité,

Le réeit qu'il leur fait de la fécondité

De ces prés sans confins dont la grasse verdure Nour:it mille troupeaux errant à l'aventure.

Et c'uüand l'ombre du soir obscurcit l'horizon le revinrent gaiment causer dans la maison Où fut servi, sans pompe, un souper confortable. Le bc: père Félix, debout près de la table, Hautement récita le Benedicite.

Et chacun dit : « Amen, » avec humilité.

Mais la nuit, cependant, sur cette fête heureuse Etendit, tout à conp, son aile ténébreuse.

Tout était, au dehors, calme et tranquillité. Donnant au paysage un éclat argenté

La lune se leva souriante et sans voile,

Et monta dans l’azur où se berçait l'étoile.

Sous le toit de Basile, aux vifs scintillements, Dont la lampe irisait les grands appartements, Les visages joyeux des honnêtes convives Semblaient s’illuminer de lumières plus vives Que les astres perdus dans l'or du firmament. Le pâtre réjoui versait abondamment,

Dans les vases profonds, le doux jus de la vigne. Aux siècles de la fable il aurait été digne

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De verser le nectar à la table des dieux.

Après qu’il eut fini son souper copieux Il alluma sa pipe et parla de la sorte :

— (Oui, vous tous, mes amis, qui frappez à ma porte, «Apres avoir erré sous des cieux inconnus,

«Je vous le dis encor : Soyez les bienvenus !

«L'âme du forgeron ne s’est pas refroidie !

«Il se souvient toujours de sa belle Acadie

«Et de l’humble maison qu'il avaii à Grand Pré!

« Pour lui le malheureux est un être sacré !

« Demeurez près de moi dans ces fertiles plaines : . « Le sang ne gèle point dans nos bouillantes veines «Comme gèle, en hiver, les rivières chez nous!

« Nul cailloux dans le sol n’excite le courroux

« Du laboureur actif qui tous les jours promène

« Le soc dur et tranchant à travers son domaine, «Comme un marin conduit son esquif sur les eaux.

j «On ne voit pas tarir nos limpides ruisseaux ;

« Dans toutes les saisons les orangers fleurissent,

« Et les fruits les plus doux dans nos vergers mûrissent ;

S « Des flots de blonds épis roulent sur les guérets

«Et les bois précieux remplissent les forèts.

(Au milieu de nos prés on voit sans cesse paitre

«De sauvages troupeaux dont chacun est le maitre. «Quand nos toits sont debout au milieu des moissons ; «Que nos grasses brebis, aux épineux buissons, «“Accrochent, eh passant, leurs blancs flocons de laine ; «Que d’un foin parfumé chaque grange est bien pleine ; “Que, dans les prés en fleurs, les taureaux lourds et gras

«“ Paissent tranquillement ou prennent leurs ébats,

76 ÉVANGÉLINÉ.

« Nul roi Georges ne vient, par d’infâmes apôtres, ©” Avail

«Sans honte nous ravir et les uns et les autres !» Uu r

Puis, à ces derniers mots, le vieux pâtre excité, Et le

Fit jaillir de sa pipe un nuage argenté, Ceux

Et frappa, de son poing, la table de mélèze. | Echa

Ses compagnons surpris bondirent sur leur chaise, Parto

Et le père Félix oublia, cette fois,

La prise de tabac qu'il tenait dans ses doigts.

Mais il reprit bientôt, le souris sur les lèvres : Un sc

« Défiez-vous, pourtant, défiez-vous des fièvres : SUSpe

« Elles sont bien à craindre en ces brülants climats. Miche

« Comme dans l’Acadie on ne les guérit pas Et les

« En mettant à son cou, pendant une journée, Vena

« Une écale de noix avec une araignée. » | Et le Bient Sous

Pendant que les amis causaient tranquillement,

Des pas sur lescalier montè:ent lentement :

Et l’on ouit aussi d’indistinctes paroles.

C'étaient des invités: quelques pâles créoles

Et quelques Acadiens devenus des planteurs,

Loin du joug odieux de leurs persécuteurs,

Sur le sol fortuné qui leur offrit asile.

Ils venaient visiter leur bon ami Basile.

Plusieurs avaient connu, dans le bourg de Grand Pré,

La jeune Évangéline et Le pieux curé.

Quelles ne furent pas, sous le toit du vieux pâire,

De tous ces exilés réunis ax même âtre

La joie et la surprise, en serrant sur leur cœur, !

Ces amis d'autrefois que le même malheur |

Avait disséminés sur de lointaines plages !

Un reflet de bonheur eclaira les visages,

Et Le ciel fut ten in d'un spectacle émouvant; Ceux'qui ne s'étaient pas connus auparavant, Echangèerent entre eux des vœux doux et sincères: Partout, il est bien vrai, les malheureux sont frères.

Un son mélodieux, une vibration

Suspendit, tout à coup, la conversation.

Michel, le troubadour, aux longs cheveux de neige Et Les mais Jeunes gens qui lui faisaient cor tége, Venaient de s’assembler dans un autre salon,

Et le barde accordait son vibrant violon.

Bientôt les pieds brûlants frémissent en cadence : Sous les lambris de cèdre une légère danse

Fait gaiment onduler ses orbes gracieux.

Un éclair de plaisir inonde tous les yeux ;

Un sourire charmant sur les lèvres se joue ;

Un brillant incarnat colore chaque joue ;

On chuchotte, en riant, des mots pleins de douceur ; s La main presse la main et le cœur parle au cœur !

La danse, sans repos, faisait vibrer la dalle. Assis à l'un des bouts de la br uyvante salle Basile et le pasteur parlaient, les yeux baissés, De leur ami Benoit qui les avait laissés ; Tandis qu'Evangéline, en proie aux rèveries, Promenait ses regards sur le sein des pr airies.

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Bien de tristes pensées et de chastes désirs S'éveillaient dans son âme au bruit de ces plaisirs ! Les propos éveillés, la danse et la musique

La rendaient plus pensive et plus mélancolique. Elle croyait toujours ouir les grandes voix

De l'océan plaintif ou des immenses bois.

Elle sortit sans bruit. La nuit était charmante,

Le vent ne soufllait point, et la lune dormante Semblait s'être arrètée au bord de la forêt,

Et recouvrir les troncs d'un lumineux duvet.

A travers les rameaux, sur la calme rivière, Tombait, de place en place, un réseau de lumière, Comme tombe un peuser d'espérance et d'amour Dans l'esprit qui se trouble et qui se ferme au jour. Chaque fleur autour d'elle, ouvrant son brillant vase, Sa corolle d'argefft, sa coupe de topaze,

Exhalait, vers le ciel, humblement et sans bruit, Un suave parfum sur l'aile de la nuit:

Et c'était sa prière au puissant et bon Maitre

Qui veillait sur ses jours après l'avoir fait naitre. Mais l’âme de la vierge élevait vers les cieux

Un arôme plus pur et plus délicieux

Que celui qu'épanchait la fleur de la prairie ;

Et moins qu'elle pourtant la fleur était fletrie !

Elle se dirigea vers Le fond du jardin :

Combien d'émotions troublaient son chaste sein ! La lune qui noyait les bois, l'onde et le sable, Semblait, d’une langueur merne, indéfinissable,

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ÉVANGÉLINÉ.

Noyer aussi son âme. Alors tout se taisait

Et dans l'immense plaine, au loin, tout reposait, Hors les mouches-à-feu, vivantes étincelles,

Qui tournoyaient dans l’air sur leurs rapides ailes, Et trahissaient leur vol par un de feu.

Au-dessus de son front, dans le : ciel bleu, Scintillaient vivement les étoil Les,

Pensers du Tout-Puissant à tous rendus visibles. L'homme n’admire plus ces merveilles de Dieu ; Seulement, il a peur quand il voit au milieu

De ce temple étonnant qui s'appelle le Monde, asser une comète étrange et vagabonde,

Comme une main de flamme écrivant un arrêt.

L'âme d’Evangéline, humble et souffrante, errait Dans les champs infinis où rayonne l'étoile, Comme au milieu des mers une barque sans voile. La vierge s’écria : « Gabriel! Gabriel!

«Où.mènes-tu tes pas ? Où te conduit le ciel ?

« N'entends-tu pas, ami, ma voix qui se lamente ? « Ne devines-tu point que tu fuis ton amante ?

“Je te cherche partout, nulle part ne te vois! «J'écoute tous les sons et n’entends point ta voix ! «Oh ! que de fois ton pied, solitaire et morose,

(« À foulé ce chemin que de mes pleurs j'arrose ! «A l'ombre de ce chêne, oh ! que de fois, le soir,

« Fatigqué du travail, es-tu venu t’asseoir, «Pendant que loin de toi, sur la mousse endormie, «En rêve te voyait ta malheureuse amie !

« Que de fois sur ces prés ton anxieux regard

« Erra comme le mien, vers le soir, au hasard !:

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