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Bien loin à l'occident sont d'immenses campagnes.
Désertes régions où de hautes montagnes Ne AIT Elèveni vers le ciel leurs sommets recouverts, re Bi L Sous le souffle élacé des éternels hivers, : s Ex D'une neige éclatante et d’une glace épaisse. pu Fee De place en place, un roc se déchire et s’affaisse """ ” De ê Pour ouvrir une gorge, un ravin périlleux = Dors pe F Où passent, en criant sur leurs âpres essieux, Fai
Les pesants chariots de quelque caravane. De Au couchant l’Orégon roule une eau diaphane ; Ed
De cascade en cascade, au loin vers le levant, ali 4 Qui Le joli Nebraska verse son flot mouvant ; 4 +
Vers le ciel du midi maintes larges rivières, En Charriant, sans repos, les sables et les pierres, D'Le fl Dans leurs lits balayés par le vent des déserts, 0 Coulent vers l’océan avec des bruits divers Se Comme les sons d’un orgue ou d’une étrange lyre AE Qu’'une main fait vibrer dans un pieux délire. Com Entre les flots d'azur de ces nombreux torrents Qui dirigent leurs cours vers des cieux différents, Mai Se déroulent sans fin les superbes prairies, pe re C
Océan de gazon, mers ou plaines fleuries
Qui roulent sous le vent, et bercent au soleil,
La rose, le foin vert et l’amorphas vermeil.
Là, fiers ou courrouces, sur les flots de verdure, Des troupeaux de bisons errent à l'aventure ;
Là courent les chevreuils et les souples élans,
Les sauvages chevaux avec les loups hurlants ;
Là s’allument des feux qui dévorent la terre ;
Là des vents fatigués soufflent avec mystère ;
Les sauvages f'ibus des enfants d'Ismaël
Arrosent ces déserts d’un sang chaud et cruel ;
Et l’avide vautour, hâtant ses ailes lentes,
Er ‘ournoyant dans l'air, suit leurs pistes sanglantes. Comme l'esprit vengeur d’un chef que sous ses pas A foulé l'ennemi dans les derniers combats.
De place en place on voit s'élever la fumée Au-dessus de la tente où la horde affamée
Fait bouillir, en dansant autour du grand brasier, Dans un vase de pierre, un chevreuil tout entier. Et d'espace en espace, au bord des fraiches ondes Qui sillonnent au loin ces retraites fécondes, “elève un vert bosquet où l'oiseau va chanter.
Et l'ours sombre et morose, en grognant, vient hanter Le flanc d’un rocher noir, le fond d'une ravine
Où sa griffe déterre une amère racine.
Puis au-dessus de tout, limpide, radieux,
Comme un toit protecteur se déroulent les cieux.
Mais déjà Gabriel le chasseur intrépide Avait franchi ces lieux dans sa course rapide ;
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Et près des:monts Ozarks au flanc aride et nu
Avec ses compagnons il était parvenu.
Et depuis bien des jours le vieux pâtre et la vierge-: Avaient quitté la ville et la petite auberge
Où l’hôtelier leur dit le départ du trappeur.
Toujours encouragés par un espoir trompeur,
Avec des Indiens au visage de cuivre,
Ils s'étaient mis en route empressés à le suivre. Parfois ils croyaient voir, à l’horizon lointain, S'élever vers le ciel, dans l'air pur du matin,
De son camp éloigné la fumée ondulante :
Le soir, ils ne trouvaient, sous la cendre brûlante, *) Que des brasiers éteints et des charbons noircis. Quoique bien fatigués et rongés de soucis
Ils ne s 'arrètaient pas, et, sans perdre courage,
Ils poursuivaient plus loin leur pénible voyage. Comme si quelque fée au pouvoir merveilleux
Avait cruellement étalé sous leurs yeux
Ces mirages menteurs, cette ombre enchanteresse, Qu'on croit toujours saisir, qui s'éloignent sans cesse.
Un soir, comme ils étaient tous dans leur campement, Assis autour du feu, parlant tranquillement ;
Ils virent arriver une femme sauvage :
Le chagrin se peignait sur son pâle visage ;
Mais on voyait briller, dans son œil abattu,
Une force étonnante, une grande vertu,
C'était une Shawnée. Elle allait aux montagnesi, ol Rejoindre ses parents et ses jeunes compagnes | :
ÉVANGÉLINÉ. 85
Qu'elle avait dû quitter pour suivre son époux 514 11 A la chasse aux castors, aux ours, aux caribous; 7 À Jusqu'aux lieux où l'hiver étend son aile blanche:!; ::1 Mais elle avait vu, là, le féroce Camanche, isv À Enivré de fureur, du tomahawk armé, [50 Massacrer, sous ses yeux, son mari bien-aimé,
Un fier Visage-Pâle, un Canadien paisible.
Aucun des voyageurs ne parut insensible
Au récit de la femme, à son aflliction ;
Ils lui dirent des mots de consolation,
Et la firent asseoir à leur table modeste
Quand la braise eut doré le chevreuil gras et leste.
Lassés du poids du jour et du poids des ennuis, Quand le repas fut fait, que le voile des nuits
Eut ouvert, sous le ciel, ses grands replis humides, L’exilé d'Acadie et ses sauvages guides Livrèrent au repos leurs membres fatigués.
Pendant que les reflets capricieux et gais
Du brasier allumé dans la vaste prairie
Jouaient sur leur front blème et leur joue amaigrie, La Sauvagesse vint, l’âme pleine de deuil, 10 S'asseoir sur le gazon devant l’agreste seuil:
De la tente où veillait la triste Evangéline ;
Puis elle fit entendre à la vierge orpheline
Le récit douloureux de ses derniers malheurs.
Elle lui répéta, les veux noyés de pleurs,
Et de cetté voix grave. humble et mélancolique
Qui distingue partout l'enfant de l'Amérique, ::