‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 17 sur 93 · ITI · texte numérisé non relu

ITI

Gronde, éclate, Ô foudre !

Et réduis en poudre,

LAÏSSÉZ-=MOI CHANTER.

Le chêne orgueilleux!

Déchire la nue,

La montagne nue,

Le roc sourcilleux!

Que ta voix sublime, Au profond abime,

A l’altière cime

Dise du Seigneur

La magnificence !

Chante en son honneur, Chante sa puissance, Grande voix des mers!

Que les flots amers, Battus des orages,

Aux échos sauvages Des lointains rivages Content son amour !

Que l’airain sonore, Dans les tours que dore Le rayon d’aurore Chante et vibre encore !

Que dans son séjour

De mousse et de feuille, Dès le point du jour L'oiseau se recueille, Jette, radieux,

Ses notes limpides,

Ses trilles rapides,

Ses cris glorieux !

Que le vent qui passe

LAISSEZ-MOI CHANTEK.

Trainant, dans l’espace, La feuille des bois:

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Que l’insecte qui rase, De son aile de gaze,

La coupe que je bois ; Qu'une voix éternelle, Immense, solennelle, Reten‘isse en tout lieu ; Qu'ici-bas tout s’unisse, Tout proclame et bénisse Le nom sacré de Dieu !

C’est ce nom ravissant ue la vive alouette, Mai

Voltigeant sur la grève d’or, | Redit aux flots d'azur, dans le cri qu'elle jette, Suspend et recommence encor !

C'est ce nom ravissant que, dans la solitude Des bois sans feuilles, sans oiseaux, . L'âme rêveuse entend avec inquiétude, Croyant ouir le bruit des eaux !

Sou

Sou

C'est ce nom que l'écho, de colline en colline, Va répétant avec amour,

Alors que, vers le soir, chaque rameau à s'incline, Comme lassé du poids du ‘jour!

C'est encore ce nom que murmure et proclame Le météore qui s'enfuit,

Secouant, dans le ciel, sa crinière de flamme, Parmi les ombres de la nuit!

Et quand tout l’univers, dans un concert sublime, Se plaît à bénir son auteur ; |

Et quand, autour de lui, tout palpite et s'anime Au nom du sage Créateur,

L'homme, plus insensible. et fier de la puissance Dont il s’affuble en ce bas lieu,

L’homme reste sans voix et sans reconnaissance, Lui, l’œuvre d'amour de son Dieu!

Mais, Seigneur, l'homme est faible, et jamais sa malice Ne put égaler ta bonté.

Souvent sa main tremblante, en prenant le calice, Sans ton secours avait compté ;

Souvent ses pas perdus dans les sentiers du monde Ne suivent point la vérité,

Et sa bouche, au hasard, jette un blasphème immonde Que son cœur n'a point médité.

Mais quelle mélodie, enivrante, inconnue, Flotte mollement dans les airs ?

Quel son plus ravissant vint jamais de la nue! Sur l'aile du vent des déserts!

Est-ce un écho du ciel que tour à tour répètent Le val ombreux et le coteau ?

Ou le chant matinal des oiseaux qui s’apprétent

À saluer un jour nouveau ?...….

Là-bas, sur le sentier qui monte la colline, Une veuve prie en marchant; Là-bas, dans le lieu saint, une pauvre orpheline Mèle des larmes à son chant; Et de son chapelet un pieux solitaire Dévide les vieux grains bénis..…...

Tous les anges du ciel aux anges de la terre, Pour louer Dieu sont réunis!

L'ois

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L'HEURE DES ENFANTS (Traduit de Longfellow.)

Lorsque les feux du jour commencent à s’éteindre,

Que de son aile noire, au loin, la nuit vient ceindre,

Les lacs aux flots d'azur, et les boïs et les champs,

Le tumulte se tait, le travail se repose. —

L'oiseau vole à snn nid, le zéphyr, à la rose... C'est aussi l'heure des enfants !

Dans la chambre, là-haut, j'entends un bruit étrange, Et plus d’un pied mignon qui soudain se dérange Et froisse, en trottinant, les dessins du tapis ; J'entends le sou plus sourd d’une porte qu’on pousse, Et des petites voix, l’une humble, l’autre douce,

Qui bruissent comme des épis.

De l'étude oi je suis, ma lampe qui scintille Me laisse ape:cevoir une forme gentille

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