LA PLAINTE DU MAUVAIS PAUVRE
haine
—( Pendant que chez le riche un grand foyer pétiile,
Déployant ses rayons comme un soleil d'été ; Pendant que dans la nuit, la lampe d’or scintille, Comme l'œil d’une vierge, au plafond tout sculpté.
avance, « En vain j'attise, moi, ma froide cheminée, Je ne puis réchauffer mes membres engourdis !....….. N'aurai-je donc jamais une autre destinée ?..... Malheur ! je ne crois plus ni Dieu, ni Paradis !...….
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« Ou Dieu n’est qu'un tyran. Je travaille sans trève Pour un morceau de pain, pour un m£rceau de bois !...... Quel bien ai-je aujourd’hui ? Chaque jour qui se lève À ma longue misère apporte un nouveau poids |
« Et, sous ce toit de chaume, une pierre est mon siége : Sa n Cette paille est mon lit, et ma tahie est sans pain ! Et sc Je n'ai pour me garder des rigueurs de la neige Que ces méchants souliers, que cet habit vilain !
Dan
dar td , Sous
« Le riche lève-til des mains vides de crimes Un
Vers ce Dieu sans pitié qui rit de ma douleur ? F'ern Le riche aide le ciel à faire des victimes,
Et le ciel, en retour, le garde du malheur.
Ainsi Tu v( « Pourquoi n'être point mort dès le sein de ma mère ? Mais Pourquoi dans le néant n'être point rejeté ? Tu fr Dieu cruel, le tourment de ma vie éphémère Etait-il nécessaire à ta félicité ?
Pour
; | As-tu
«Je ne crois pas en Dieu, je me plais à le dire : D As-tu
Un Dieu pourrait-il donc avoir un cœur de fer ? Pour S'il existe qu'il frappe, et qu'à l'instant j'expire..……
Nous nous réchaufferons au feu de son enfer !»
As-tu
) À tes
III As-tu,
As-tu.
Arrète, malheureux ! Blasphémateur, arrète ! Au te Ne te ris pas ainsi de la Divinité. Tu de
siége : Sa main brandit la foudre au-dessus de ta tète ; | Et sous tes pieds maudits s'ouvre l'éternité !
Dans les plages de feu de la zone torride,
Sous un soleil ardent, au plomb fondu pareil,
Un homme au front de cuivre, en sa rage stupide, Ferme les yeux et dit : « Il n’est point de soleil. »
Ainsi, jetant au ciel un blasphème exécrable, Tu voudrais de ton Dieu douter quelques instants ; mère ? Mais sa voix t’étourdit ; sa présence t’accable ; Tu frémis, malgré toi, de tes vœux impudents.
Pour prétendre au bonheur qu'’as-tu fait dans la vie ? As-tu gravis le roc où monte la vertu ?
As-tu prié le Dieu que ta bouche injurie
Pour qu’il fit reverdir ton courage abattu ?
As-tu jusu'à la lie épuisé le calice
À tes lèvres offert par la main du malheur ?
As-tu, d'un pied vaillant, broyé le front du vice ? As-tu, d’un cœur soumis, accepté la douleur ?
Au temps qui coule et fuit comme l’urne du fleuve Tu demandes en vain paix ou félicité :
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La poussière où tu gis est le temps de l'épreuve {
La couronne ou la peine est dans l'éternité.
Malheur à l’indigent dont la sombre détresse
Ne cherche de secours que dans l’iniquité !
Malh: 1r au riche, aussi, dont l’infâme :inaîtresse Reçoit la pièce d'or due à la pauvreté !