‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 34 sur 93 · LE CANTIQUE DU BON PAUVRE · texte numérisé non relu

LE CANTIQUE DU BON PAUVRE

Quand la feuille d'ormeau tapisse la vallée, Que l'enfant ne suit plus la solitaire allée Pour prendre un papillon ;

Que les champs, sous la faux, ont vu tomber leurs gerbes;

Que l’insecte prudent trottine sous les herbes Et se cache au sillon ;

Seigneur, j'espère en toi, car l'heure qui s’avance,

Sur son aile glacée apporte la souffrance Au seuil de l’indigent ;

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Cesse-t Volet.

& Seigneur, j'espère en toi, car sur l’homme qui pleure : E Tu reposes toujours, de ta Sainte Demeure, Un regard indulgent.

Conme un champ que l’automne a noyé dans sa brume Moi cœur est, en ces jours, noyé dans l’amertume, Mon cœur toujours soumis !

Après elle trainant sa lamentable escorte La Misère, en haillons, s’est assise à ma porte, Je suis de ses amis !...….

Que le riche demeure à l'abri des orages ; Que la froide saison réserve ses outrages Pour tous ceux qui n’ont rien ; Que chaque heure qui tombe apporte à l’indigence Un pénible regret, une amère souffrance, Si Dieu le veut, c’est bien.

Quand la neige a jeté son manteau sur la plaine, L'oiseau ne trouve plus ni le ver, ni la graine Qui devait le nourrir, Cesse-til.donc alors sa romance charmante ?

Voletil, emporté sur une aile trainante.

A son nid pour mourir ?

La main du Créateur s'étend et le protège :

Il s'envole au rivage où l'hiver et sa neige Ne vont jamais s'asseoir.

Et lorsque les beaux jours raniment la nature ; Que les bois et les champs reprennent leur parure, Il revient nous revoir.

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Celui dont le regard veille sur tous les êtres,

Qui nourrit l’araignée au coin de mes fenêtres, Le grillon au foyer, | |

Pourrait:il, en voyant son enfant sur la terre

Elever, vers le ciel, un cœur pur et sincère, Ne pas s'apitoyer ?

Si la vie, à mes veux, n'offre guère de charmes,

Si je mange mon pain uétrempé de mes larmes, Mon âme est dans la paix.

Quand à mon Crucifix mes regards se suspendent,

Des soucis dévorants, des douleurs qui m'attendent Je ne crains plus le faix.

Chaque saison qui fuit, chaque nouvelle année Nous disent que bientôt l’on verra terminée Notre course en ce lieu :

Et le riche et le pauvre attendront, en poussière, Le redoutable jour où luira toute entière La justice de Dieu.

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