‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 46 sur 93 · A MES PETITES SOEURS LEONTINE ET · texte numérisé non relu

A MES PETITES SOEURS LEONTINE ET

énissent !

blanchis- [sent !...

Plus loin que le nuage A la frange d'azur, Dont l’inconstante image Roule au fond du lac pur ;

Plus loin que ce beau voile Aux replis radieux Où scintille l'étoile Cette perle des cieux,

Le chœur brillant des anges, Adorant le Seigneur, Célèbre ses louanges Et chante en son honneur;

Lui porte la prière Qu'on lui fait chaque jour, Les pleurs de la misère,

Et les chants de l'amour !

LG A TMESAPETITRS ISOEURS LEONTINE IÉTIANGELINE,

Dans ce chœuwr: qui proclame Du Très-Haut les douceurs, Deux esprits tout de flamme Furent ici vos sœurs.

Elles étaient gentilles Comme le fruit naissant Que le long des charmilles Vous cueillez en passant.

Deux anges de leurs ailes Protégeaient leur berceau, Comme deux fleurs nouvelles Couvrent un nid d'oiseau.

Mais un jour ils leur dirent :

« Venez loin de ce lieu. »

Et toutes deux sourirent

Et volèrent à Dieu.

Et notre pauvre mère Prit le deuil et gémit.

Sa peine fut amère

Mais sa foi se soumit.

LAIMES : PETITES SŒURS" LÉONTINE ÉTIANGÉLINE. (177

Elle pria sans cesse,

Sans cesse avec amour.

Dieu calma sa tristesse...

Et vous vîtes le jour.

O vous qui sous vos pieds foulez cette poussière Teinte du noble sang des preux,

Reportez un moment vos regards en arrière ; Songez à ces temps moins heureux

Où la guerre troublait nos paisibles campagnes ; Où les mères pleuraient leur sort ;

Où des rives du fleuve au pied de nos montagnes Retentissait un cri de mort!

TI

Alors, bouillants d'ardeur, mille héros naquirent Pour sauver nos biens et nos lois. |

Le combat fut pour eux une fête : ils vainquirent !.. Mais ce fut la dernière fois!

Sanglant, humilié, le drapeau de la France Dût repasser les vastes mers :

Le Canadien pleura sa dernière espérance Et ses regrets furent amers!

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