‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 47 sur 93 · TITI · texte numérisé non relu

TITI

Mais il demeura grand dans sa longue infortune ; Devant son Maitre il resta grand

Comme le chène altier que l'orage importune Et qui se courbe en murmurant.

Et souvent il crut voir, sous le charme d'un rêve, Un drapeau blanc semé de lys

Revenir de ces lieux où le soleïl se lève Et flotter sur son beau pays.

Or voici que le vent du midi, sur son aile, Nous apporte d'étranges SONS :

D'un triomphe sacré c’est la voix solennelle Après la clameur des canons.

Et ces bruits merveilleux de combat, de conquête, Font tressaillir, dans leur cercueil,

Les mânes des guerriers qu’un brillant ; jour de fête. Rappelle au monde avec orgueil.

O France, après longtemps, sous le ciel d'Amérique On revoit tes fiers étendards !

Devant tes escadrons du superbe Mexique Croulent soudain'les hauts ramparts !

Tu redonnes la paix et tu rends sa couronne:

Au peuple qui gît dans les fers ; Ton glaive étincelant fait trembler sur son trône Le Monarque injuste ou pervers.

Dans leur tombe d’un siècle entendez-vous encore Frémir les cendres des héros ?

C'est pour vous saluer, blonds enfants de l'aurore. Que tressaillent ces nobles os!

C’est pour vous saluer, vous dont le nom s'envole,

ë D'’astres en astres, jusqu’au ciel !

Vous qui, le front orné d’une même auréole,

Expirez sur le même autel !

Re

Levez-vous! levez-vous, immortelles phalanges . Qu'un jour de gloire a vu tomber!

Après cent ans de deuil à vos funèbres langes Le monde peut vous dérober !

Levez-vous et voyez! Nos forêts et nos terres Ne nourrissent plus d'ennemis !

Ceux que vous combattiez sont devenus nos frères : La mème loi nous a soumis!

Et qui donc oserait nous ravir l'héritage Qu'un jour vous nous avez cédé?

Qui pourrait nous chasser du fertile rivage Que votre sang a fécondé ?

Il verrait celui-là qu'un veuple qu’on opprime Se réveille toujours puissant !

Et, poursuivi sans trève, il laverait son crime, Son crime atroce dans son sang !

Des soldats valeureux qui jadis le vengèrent Notre peuple s’est souvenu ; À leurs petits enfants les vieillards racontèrent, Quel labeur ils ont soutenu ; | Et la reconnaissance, au champ de la victoire, À büriné leur souvenir | Sur un bronze orgueilleux qui redira leur gloire Dans les siècles de l'avenir !

Page 1