‹ Essais poétiques [microforme]Chapitre 48 sur 93 · LA PETITE MENDIANTE · texte numérisé non relu

LA PETITE MENDIANTE

Louise avait quinze ans. Sa lèvre était pâlie, Et dans son jeune cœur l’amertume régnait ; Et dans ses grands yeux bleus pleins de mélancolie, Comme dans un miroir, son âme se peignait.

Sa taille était légère ainsi qu’un tendre saule, Ses cheveux ondoyants, son air doux et rêveur ; Une écharpe de lin cachait mal son épaule,

Et déjà ses pieds nus méprisaient le douleur.

Elle allait mendiant: et pieuse et naïve,

Quand au seuil d’un heureux un refus l’accueillait, Etouffant sa douleur elle chantait, plaintive,

Ces douloureux refrains que l'écho recueillait :

« Sous ma misère je succombe !

J'ai faim et ma voix faible tombe !....… J'aurai pour asile demain

La tombe...

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