ARCHEVÊQUE DE PARIS
Anges , dont le divin sourire (Charme le cœur de l'Éternel , Pour voir le glorieux martyre Du juste que je chante et que la France admire , Penchez-\ous tous au bord du ciel.
De tout cœur s'enfuit l'espérance.
O toi, que nul ne prie en vain , Montre en ce jour, Dieu de puissance , A tous les ennemis du repos de la France La force de ton bras divin.
O Paris , séduisante vilk' , Le malheur vient de t'accabler ; La paix, chez toi , n'a plus d'asile.
De tant de maux causés par la guerre civile Qui donc pourra te consoler?
Le ciel de cette œuvre si belle Charge Denys... Voyez sa foi!
La douleur est universelle ; L'alarme est dans Paris... N'importe , où Dieu l'appelle Il va sans crainte, sans effroi.
Regrettant l'heure qui s'écoule Entre la vie et le trépas , Vers le faubourg où le sang coule Le pasteur se dirige , en bénissant la foule Qui suit la trace de ses pas.
Quel tableau vient frapper ma ^uel De ses enfants dans l'abandon , Sans voir du péril l'étendue , Denys avec bonté s'approche , et , l'âme émue, Leur parle d'amour, de pardon.
O prodige! à sa voix qu"entrecou})ent ses larmes, Nos frères égarés laissent tomber leurs armes.
L'aspect de 1 en\oyé de Dieu , A lémeute impose silence.
La soif mOme de la vengeance Semble s'éteindre avec le feu.
Ce moment de trêve est sublime ; Mais hélas ! en ce jour d'horreur, Chaque heure enfante un nouveau crime.
France, jette un cri de douleur...
Armé pour la lutte homicide.
Un de tes fils,... un parricide Blesse à mort ton libérateur.
« Grâce ! dit en tombant le prélat vénérable ,
« Grâce , mon Dieu , pour le coupable !
« Son nom loin d'être prononcé,
«( Qu'il demeure dans le silence ,
« Et que sur le sol de la France
« Mon sang soit le dernier versé I »
in.
Heureux d'avoir fléchi la divine justice ,
Ayant épuisé son calice , Dans la paix du Seigneur Denys s'est endormi. A l'univers , ô France , aj)prends son sacrifice ,
Il ne la pas fait à demi.
Qu'il dorme environné de gloire ,
Et que toujours cher à l'histoire, Son nom , du dernier homme occupe la nrirnioire !
Vous , sur son glorieux tombeau , Habitants de Paris, que son trépas désole .
Gravez cette belle parole :
« Le bon pasteur est mort pour son troupeau. »
Juillet 1848.
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