‹ Essais poétiquesChapitre 28 sur 35 · A MONSIEUR A · texte numérisé non relu

A MONSIEUR A

AU CHATEAU DES CHARTREUX, A MARSEILLl

Ohl comme avec plaisir je reverrais encore Ton élégant château, ton superbe jardin ,

Que de ses feux le soleil dore

A son lever, à son déclin I

D un tapis de verdure Avnl couvrait [a terre , Lorsque je parcourus ce paisible séjour;

Du printemps. Flore , sans mystère,

Venait d'annoncer le retour.

C'était l'heure où le lys de la \erte prairie Ouvre son beau calice , où l'amoureux berger

Va, pour son amante chérie ,

Cueillir la fleur de l'oranger.

Livrant aux doux Zéphyrs son écharpe en dentelle , Linconstant papillon volait de fleur en fleur,

Se reposait sur la plus belle ,

Tout palpitant de son bonheur.

Le rossignol chantait ; l'industrieuse abeille Volait en bourdonnant vers l'amandier fleuri ,

Lorsque par une autre merveille

Soudain mon cœur fut attendri.

Je regardais la brise agiter la charmille. Quand je vis deux poussins , au plumage doré,

Fuir, en sortant de la coquille ,

Leur nid de feuillage entouré.

L'amour, guidant vers eux leur mère délirante. Lui faisait secouer, quand elle prit l'élan ,

Sa crête au fond rouge amarante

Et son petit chaperon blanc.

Que je voudrais pouvoir rendre son allégresse , Lorsqu'au bruit de son vol les deux petits fuyards.

Désertant la feuillée épaisse ,

Vinrent s'oflVir à ses regards?

Voyant qu'à ses côtés Tun becquetait la mousse, L'autre le grain de la fourmi , Et que son aile blanche et rousse Sur eux s'étendait à demi ,

Je dis j en m'éloignant de ce riche parterre ; (( Entre les amours d'ici-bas , (c Qu'il est doux Tamour d'une mère l « Il est le seal qui ne ment pas !

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