A MONSIEUR A
AU CHATEAU DES CHARTREUX, A MARSEILLl
Ohl comme avec plaisir je reverrais encore Ton élégant château, ton superbe jardin ,
Que de ses feux le soleil dore
A son lever, à son déclin I
D un tapis de verdure Avnl couvrait [a terre , Lorsque je parcourus ce paisible séjour;
Du printemps. Flore , sans mystère,
Venait d'annoncer le retour.
C'était l'heure où le lys de la \erte prairie Ouvre son beau calice , où l'amoureux berger
Va, pour son amante chérie ,
Cueillir la fleur de l'oranger.
Livrant aux doux Zéphyrs son écharpe en dentelle , Linconstant papillon volait de fleur en fleur,
Se reposait sur la plus belle ,
Tout palpitant de son bonheur.
Le rossignol chantait ; l'industrieuse abeille Volait en bourdonnant vers l'amandier fleuri ,
Lorsque par une autre merveille
Soudain mon cœur fut attendri.
Je regardais la brise agiter la charmille. Quand je vis deux poussins , au plumage doré,
Fuir, en sortant de la coquille ,
Leur nid de feuillage entouré.
L'amour, guidant vers eux leur mère délirante. Lui faisait secouer, quand elle prit l'élan ,
Sa crête au fond rouge amarante
Et son petit chaperon blanc.
Que je voudrais pouvoir rendre son allégresse , Lorsqu'au bruit de son vol les deux petits fuyards.
Désertant la feuillée épaisse ,
Vinrent s'oflVir à ses regards?
Voyant qu'à ses côtés Tun becquetait la mousse, L'autre le grain de la fourmi , Et que son aile blanche et rousse Sur eux s'étendait à demi ,
Je dis j en m'éloignant de ce riche parterre ; (( Entre les amours d'ici-bas , (c Qu'il est doux Tamour d'une mère l « Il est le seal qui ne ment pas !