‹ Essais poétiquesChapitre 4 sur 35 · A MARIE · texte numérisé non relu

A MARIE

0 toi, qu'avec amour on bénit, on révère,

Vierge, que ton sourire est doux!

J a beauté sut cbarmer le cœur de Dieu le père ; M^me avant tous les tem{)s il te choisit pour mère

De son verbe fait chair pour nous.

Tu i)arals , l'univers abattu se relève ; Et chacun redit volontiers :

01 tige de Jessé, tu cachais sous ta sève Des filles la plus belle entre les filles d'Eve ,

L'espérance du monde entier l

Heureux jour! doux instant où tu nous fus donnée

Comme un présent de l'Éternel, Pour montrer le bonheur à notre àme exilée , Pour relever d'Adam la famille tombée,

Et rattacher la terre au ciel !

tu viens ravir la terre à son dur esclavage,

Et remplir d'elTroi les enfers.

Reine auguste , à ta voix Lucifer perd courage ; Vaincu par ton pouvoir, il pousse un cri de rage ;

Ta main Fenchaine et rompt nos fers.

On voit fuir la nuit sombre ; aux cruelles alarmes

Succèdent la joie et la paix.

Nous nous tournons vers toi ; nos yeux remplis de

[larmes Rencontrent ton sourire , o Marie , et tes charmes

Captivent nos cœurs pour jamais.

Un beau nom t'appartient , celui de Rédemptrice ;

Un Dieu par toi vient nous sauver.

Il impose à ton cœur un cruel sacrifice, Le sang de ton cher fils apaise sa justice ;

Et ce sang, tu le vois couler !

Oui , tu le vois couler, et ta robe en est teinte , Jésus meurt. Au pied de sa croix ,

Tu voudrais avec lui mourir, ô vierge sainte! Pour dire la douleur dont ton âme est atteinte , Sur la terre il n'est point de voix.

Hélas! depuis ce jour tu dédaignes la vie, Tes yeux sont tournés vers les cieux.

Par un efTort d'amour, tu meurs sans agonie,

O comble de bonheur î te voilà réunie A l'unique objet de tes vœux.

Qui peut ternir léclat de ta magnificence ,

Brillante étoile du matin ?

L'astre du jour pâlit, s'incline en ta présence ; La lune sous tes pieds annonce ta puissance,

Et proclame ton nom divin,

Ton nom! Eh! qui pourrait l'oublier sur la terre?

Qui ? tes enfants ? oh ! non jamais.

Vois le pauvre orphelin à qui tu sers de mère ; Une larme est toujours , du bord de sa paupière ,

Prête à tomber sur tes bienfaits.

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