‹ Essais poétiquesChapitre 8 sur 35 · LE SOMMEIL DE LENFANT · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DE LENFANT

Repose, heureux enfant , repose ! liunocence Te pn'pare toujours un paisible sonuneil ; Du l)aiser maternel , non , la douce inlluencc Ne saurait hàler ton n'\eil.

( ) Dieu ! (jue de fraîcheur, de jeunesse et de grûce I Il ressemble au bouton cpie balance un rosier ; Sur son front , du chagrin on ncNoit nulle trace; Il a fui sa couche d'osier.

{•) Ce sujot a «'îté oinpninti' par Rolno Garde au recueil de nouvelles Narrations, publié il y a «lueNpie* années par M. Filon , professeur d'iùsloire au collette royal illlenri IV,

Comme le lys s'entr'ouvre au soufîle de Zéphyre, Et de son beau calice étale la blancheur, De cet ange endormi, tel Taimable sourire Captive l'œil , séduit le cœur.

Libre de tout souci, sans regret, sans enyie, Il nage dans la paix ; et l'homme qui s'endort. Fatigué des plaisirs , des peines de la \ie , En sommeiiiant, maudit le sort.

La peur autour de lui s'amoncèle en nuages , Son âme à la douleur semble s'abandonner. Son rêve est traversé par de noires images , Dont l'aspect le fait frissonner.

Voyant fuir du bonheur l'espérance trompeuse , Il retombe affaissé sous le poids qui l'abat; Mais de ce jeune enfant l'àme est toujours joyeuse ; Il dort à l'abri du combat.

Une femme vers lui s'avance toute fière,

Et dit en le baisant , <x mon ange , mon trésor,

aujourd'hui lycûe Napoléon. Reine Garde a su s'approprier ce récit , sans lui rien faire perdre de sa louchante simplicité et de son exquise délicatesse. Nous avons eu l'occasion d'admirer tout récemment , dans le salon même de M. Filon, le charmant tableau qui a inspiré la prose du professeur, comme celle-ci les vers de la couturière.

(note de l'éditeur.)

« Après un doux sommeil , pour sourire à ta mère , (( Tes beaux yeux s'ouvriront encor. »

Les moindre mouvement alarme sa tendresse ; Mille fois du berceau ses regards font le tour ; Et lorsqu'il se réveille , oh ! comme elle le presse Sur son cœur palpitant d'amour.

Dévouement maternel , admirables tendresses ^ Touchant tableau d'un fils par sa mère allaité ! Mais je ne goûtai pas ces premières caresses ^ Moi, pauvre enfant de charité !

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