DES INCAPACITÉS POLITIQULS DES JUIFS
contluil jaiiuiis d'après celle siipposilion clans les affaires ordinaires de la vie, pour emprunter, pour prêter, pour acîielerou pour vendre. Mais quand nous voulons opprimer quelqu'un de nos semblables, le cas est tout différent. Alors nous représentons ces motifs si peu puissants pour produire le bien comme tout-puissants pour produire le mal. Alors nous mettons à la charge de nos victimes tous les vices et toutes les folies auxquelles leurs doctrines semblent tendre, du plus loin que ce soit. Nous oublions que la môme faiblesse, le même relâchement , la même disposition à préférer le présent à l'avenir, qui rendent les hommes plus mauvais qu'une bonne religion, les rendent meilleurs qu'une mauvaise religion. C'était ainsi que raisonnaient nos ancêtres , et que raisonnent encore aujourd'hui certaines personnes à propos des catholiques. Un catholique se croit tenu d'obéir au pape. Le pape a lancé une bulle pour déposer la reine Elisabeth. Donc tous les papistes traiteront Sa Majesté comme un usurpateur; donc tous les papistes sont des traîtres; donc il faut pendre, noyer et écarteler tous les papistes. Nous devons à cette logique quelques-unes des lois les plus odieuses qui aient déshonoré notre histoire. Assurément la réponse est facile à trouver. L'Église de Rome peut avoir commandé à ces hommes de traiter la reine comme un usurpateur. Mais elle leur a commandé de faire beaucoup d'autres choses qu'ils n'ont jamais faites. Elle enjoint h ses prcires d'observer la plus sévère pureté. Vous leur reprochez continuellement leur vie licencieuse. Elle commande h tous ses adeptes déjeuner souvent, d'être charitables envers les pauvres, de ne pas s'adonner à l'usure, de ne pas se battre en duel, de ne pas fréquenter les tbéàtres. Obéissent-ils k ces injonc-
lions? S'il est prouvé que la plupart d'entre eux n'observent pas bien strictement ses préceptes, quand ses préceptes sont en opposition avec leurs passions et leurs intérêts, la fidélité, l'humanité, la passion du bien-être, la crainte de la mort, ne seront-elles pas des causes sufllsanles pour les empêcher d'exécuter les ordres coupables qu'a lancés l'Église de Rome contre la souveraine de l'Angleterre? Quand nous savons que la plupart des catholiques ne tiennent pas assez à leur religion pour se passer de bœuf un vendredi par obéissance à ses décrets, pourquoi croirions-nous que, par amour pour elle, ils courront le risque d'être mis à la torture et d'être pendus?
On raisonne aujourd'hui à propos des juifs comme nos ancêtres raisonnaient à propos des papistes. La loi qui est gravée sur les murs de la synagogue défend de convoiter le bien d'autrui. Mais si nous disions qu'un créancier juif ne saisira point son débiteur parce que Dieu lui a défendu de convoiter la maison de son prochain, tout le monde croirait que nous avons perdu l'esprit. Et cependant de ce que Dieu a promis que, par un moyen à nous inconnu et à une époque indéterminée, peut-être dans dix mille ans d'ici, les juifs retourneront en Palestine, on conclut qu'un juif ne doit pas prendre le moindre intérêt à la prospérité du pays dans lequel il vit, qu'il doit lui être indifférent que les lois et la police soient détestables, que les taxes soient pesantes, que le sol soit conquis et livré au pillage. N'est-ce pas se montrer profondément ignorant de la nature humaine? Ne savons-nous pas que ce qui est infiniment éloigné alfecte bien moins les hommes que ce qui est près et certain. D'ailleurs l'argument s'applique aux chrétiens tout aussi bien qu'aux