‹ Essais socialistesChapitre 14 sur 56 · VI. Ainsi, d'où viennent aux puissants leurs richesses · texte numérisé non relu

VI. Ainsi, d'où viennent aux puissants leurs richesses

R. Uniquement du travail des pauvres, auxquels on ne donne parce qu'ils ont produit et qui devrait, à bon droit, leur être attribué.

VII. Est-il juste que les uns vivent dans le superflu et les autres dans l'indigence?

R. Non, il est très injuste que beaucoup d'hommes, qui travaillent sans jamais s'arrêter, vivent dans la misère, tandis que d'autres, même quand ils ne font rien, disposent de tous les biens imaginables. »

LE SOCIALISME ET LES RELIGIONS D'AUTORITE Ul

la défense de Pflûger et justifier ses propres opinions : (( La Réforme — disait-il notamment — a fait de tout protestant un pape ; la Révolution a fait de tout citoyen un souverain ; si l'autorité religieuse et le pouvoir politique sont devenus la possession indivise de tous, la logique immanente mène le monde vers la propriété commune des moyens de production. Le domaine économique est peuplé de Grégoire VII et de Louis XIV, despotes absolus qui revendiqueraient la possession individuelle et inaliénable de l'air, de Teau et du feu — s'il était possible — et qui se rabattent sur la possession de la terre, c'est-à-dire de tout ce qu'elle contient et de tout ce qu'elle produit sur une superficie donnée. Le simplisme barbare d'une prétention pareille ne mérite aucun respect. // n'y a ni papauté^ ni royauté^ ni 'propriété de droit divin. (Encore une fois, je vise la propriété des moyens de production, les moyens grâce auxquels on arrache au sol et on manipule ce qui est nécessaire à la subsistance de l'être humain) * ».

Nul ne méconnaîtra l'inspiration socialiste de pareil langage.

Il est vrai que W. Monod conserve, à l'égard de ce qu'il appelle, dans la suite de son étude, le « collectivisme étatiste », des préventions qui, selon nous, s'expliquent en partie par son individualisme protestant, en partie par la confusion que l'on fait, trop fréqucm-

Page 1