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V alcool et V alcoolisme, p

qui prend un demi-litre de faro^ à la « Maison du Peuple », où la vente des liqueurs est interdite, absorbe autant d'alcool que le travailleur catholique, qui prend une goutte à la « Maison des Ouvriers, » où la vente de Teau-de-vie est autorisée.

Toutefois, il y a une différence essentielle, entre les deux, c'est que le buveur d*eau-de-vie se laissera plus facilement entraîner à « siffler » une demi-douzaine de gouttes, que le buveur de bière à avaler une douzaine de chopes — ce qui n'est point à la portée de tous les estomacs.

A supposer donc, comme Taffirme Forel, que la toxicité des deux liquides soit équivalente, pour la même quantité d'alcool et malgré la différence de dilution, il semble que les dangers de l'alcoolisation par la bière soient moindres que ceux de l'alcoolisation par le vin et, surtout, par l'eau-de-vie.

Néanmoins, c'est un fait d'expérience que, dans beaucoup de pays, et, notamment en Allemagne, la question de la bière se pose, autant et plus que la question du vin ou de l'eau-de-vie. Aussi, les meneurs, socialistes ou autres, de la lutte contre l'alcoolisme ont-ils une tendance, de plus en plus marquée, à faire campagne, à la fois, contre les boissons distillées et contre les boissons fermentées.

Seulement, c'est ici qu'ils rencontrent les résistances les plus vives, les objections les plus nombreuses.

A quoi bon — s'écrient les adversaires de Tabstinence totale — vouloir proscrire Tusage, parce que Tabus est condamnable? Ce sont de telles exagérations qui compromettent les meilleures causes. Nous comprenons parfaitement que Ton mette les travailleurs en garde contre les dangers de Talcool. Nous irions même jusqu'à admettre qu'on leur prêche l'abstention complète des boissons distillées. Mais il est absurde de vouloir supprimer l'usage modéré du vin ou de la bière, de prétendre nous priver de boissons agréables, inoffensives, et même bienfaisantes.

Ces arguments seraient péremptoires, s'il était vrai que les boissons fermentées soient inoffensives et bienfaisantes.

Mais en est-il ainsi?

Et, d'abord, sont-elles inoffensives?

Nous concédons volontiers que, d'après l'opinion de beaucoup de médecins, l'usage modéré de Talcool, sous forme de vin ou de bière, n'exerce aucune influence fâcheuse sur la santé. En se plaçant donc au point de vue de Tindividu, il n'y aurait pas de motifs sérieux pour les proscrire, aussi longtemps que la contenance en alcool des liquides absorbés ne dépasse pas la dose physiologique, c'est-à-dire « la quantité d'alcool qu'un homme bien portant peut consommer, sans que cet alcool doive être éliminé tel quel de l'organisme et sans qu'il passe dans Turine^ ».

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