‹ Essais sur l'Allemagne impérialeChapitre 11 sur 42 · XX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XX AVANT-PROPOS

au Rhin et du Rhône aux Alpes, La polyarchie et la confédération étaient les formes politiques qui répondaient le mieux aux idées et aux besoins des hommes. Du moyen âge subsistaient encore, il y a trente ans, les petits États de la zone intermédiaire entre France, Allemagne et Italie, c'est-àdire la Hollande, la Belgique, la Suisse et la Savoie, puis la confédération germanique et la polyarchie italienne. Aujourd'hui la Savoie appartient à la France ; la Hollande se sent menacée ; la Belgique s'apprête à se défendre; l'Allemagne est annexée à la Prusse, et l'Italie a une monarchie nationale. C'est justement la fondation de l'empire allemand et du royaume d'Italie qui achève le système des grandes puissances et qui en montre les dangers : France, Allemagne, Italie, qui se touchaient jadis par des extrémités mortes, se heurtent aujourd'hui chair vive contre chair vive.

La grande puissance a eu des effets bienfaisants. Elle a groupé les forces intellectuelles et morales des peuples ; elle les a vivifiées et stimulées ; elle a donné aux génies nationaux la conscience d'euxmêmes, l'occasion et les moyens de s'exprimer avec précision. Elle a produit dans une civilisation commune une variété pittoresque et féconde. Elle a placé au-dessus de l'égoïsmc de personne et de clocher, cet égoïsme national qu'on appelle le patriotisme, et qui a été une source de sentiments élevés et de belles vertus. Elle a donc rendu de

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