‹ Essais sur l'Allemagne impérialeChapitre 13 sur 42 · AVANT-PROPOS XXIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XXIII

tVances, la féodalité a succédé à l'empire romain. Nul ne peut imaginer ce que sera l'Europe du xx" siècle; mais un parti, qui toujours va grossissant,s'annonce comme le successeur des puissances d'aujourd'hui. Il ne sert de rien de lui reprocher l'indignité de son personnel : ce ne sont point les anges qui font des révolutions; ni la violence de ses procédés : si le ciel a été promis aux violents, la terre leur a toujours appartenu; ni l'impuissance a réédifier après avoir détruit : détruire et rebâtir sont deux vocations différentes, qui s'exercent l'une après l'autre, et point par les mêmes personnes. (( Quelque chose me pousse à détruire Rome », disait un chef barbare, qui ne se préoccupait guère de rebâtir. Avant de mépriser les espérances des socialistes et les menaces des anarchistes, il faudrait d'abord leur enlever leur raison d'être, et qui ne voit qu'ils en ont une? Elle est éclatante. Déclarer la guerre à la guerre, réclamer le droit de vivre dans la paix et le travail, déclamer contre les Etats d'aujourd'hui et la politique homicide faite ou acceptée par les classes dirigeantes, cela est un très beau thème et très sérieux et très redoutable.

N'est-il aucun moyen de préparer doucement et par des transitions la liquidation du système des grandes puissances? Il en est un, mais un seul. Déposséder peu à peu l'État omnipotent, omniscient, collecteur et consommateur de toutes les forces vives, qu'il met aujourd'hui au service de

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