‹ Essais sur l'Allemagne impérialeChapitre 14 sur 42 · XXIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXIV AVANT-PROPOS

la guerre. Cet Élat aura bientôt fait son temps. Il a donné tout ce qu'il pouvait donner, parce qu'il a pris tout ce qu'il pouvait prendre. Rien de nouveau n'est à espérer de lui. Il faudra bien ressaisir quelques-unes des libertés qui lui ont été sacrifiées; car sa tête trop grosse pèse sur des membres trop grêles, et la responsabilité générale qu'il assume a déshabitué les citoyens de tout effort viril et de toute initiative.

En France, nous suivons une sorte d'instinct qui nous pousse à fortifier les membres. Pour l'armée, nous arrivons au recrutement régional; pour l'enseig-nement, aux universités régionales ; pour l'administration, aux grandes préfectures à conseils, qui seront comme les métropoles de moindres préfectures. D'autre part, le législateur reconnaît la puissance et l'efficacité de l'esprit d'association et lui offre le moyen de se produire. Il semble qu'après nous être étroitement unis pour établir sur des bases indestructibles les principes modernes d'égalité et de liberté, nous voulions détendre un peu les liens qui entravent notre activité. Les org-anes d'État n'ont plus la même puissance qu'autrefois. Les représentants de l'autorité publique ne sont plus si aisément obéis : ils ont à compter avec les conseils municipaux et généraux. Le Parlement lui-même finira par tomber en discrédit, s'il continue à ressasser le conflit des abstractions politiques. Cet affaiblissement des puissances d'État doit

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