AVANT-PROPOS XXV
avoir pour conséquence l'affranchissement des individus et la formation de groupements nouveaux dans l'unité nationale. Si nous étions isolés dans le monde et seuls maîtres de nos destinées, nous trouverions peut-être la nouvelle façon de vivre que nous cherchons. La France, allégée du poids qui l'opprime, vivant dans toutes ses parties et dans toutes ses parcelles, dépensant avec moins do fatigues une somme plus grande de forces, donnerait au monde l'exemple contagieux d'un pays organisé pour le travail dans la paix. La nation qui enseignerait à l'Europe, tout entière tournée vers la guerre, que la paix est la condition normale de l'humanité, sauverait le continent des catastrophes qui l'attendent. Mais quand donc notre pays pourra-t-il prendre cette initiative et, une fois de plus, ouvrir une ère nouvelle? Car ce n'est pas aujourd'hui qu'il pourrait être question de détendre les ressorts de la force publique. Tout Français doit être prêt à obéir sur l'heure à tel ordre que lui apportera le télégraphe, et toute la France est au service du ministre de la guerre.
Faisons un rêve. Le canon tonne à Potsdam. Les troupes sont alignées dans les rues. L'église dont la crypte garde les tombes des rois de Prusse est remplie de rois et de princes. Dans le chœur est un cercueil, qui porte deux couronnes, une épée, une grande palme de lauriers. Là git Guillaume P', roi de Prusse, empereur d'Allemagne. Après les