AVANT-PROPOS XXVII
Deuvent être effacés en un jour; mais quelle gloire que d'effacer le premier péché! La laideur des autres sera si répugnante, qu'elle ne pourra plus être supportée. Nous avons fait la patrie allemande, et je sais ce que vaut l'honneur d'avoir vaincu aux champs de Bohême et de France. Mais dans notre joie nous entendons des cris de douleur. Nous avons reconquis par la force des frères que la force et la ruse nous ont enlevés, il y a deux siècles, mais ces frères ont donné leur cœur à une autre patrie. Ni nos caresses ni nos violences n'ont ébranlé leur fidélité envers la France. Que faisonsnous aujourd'hui? Nous enrôlons dans nos armées des soldats qui renient notre drapeau. Vienne la guerre : faudra-t-il que nos sous-officiers contraignent à coups de crosse le conscrit de Lorraine ou d'Alsace à tirer sur ses frères d'adoption? Mais quel crime ! Je n'y puis penser sans horreur !
« Messieurs, le temps est passé où la terre valait plus que l'homme et l'entraînait dans sa destinée. Jadis on vendait un domaine avec ses esclaves, on conquérait une province avec ses habitants. L'âme était incluse dans la glèbe. Aujourd'hui elle se dégage, elle est libre. Respectons cette liberté. Notre force ne sera pas diminuée, quand notre grande Allemagne ne comprendra plus que de vrais Ailemands, et quand nous ne serons plus obligés de nous épuiser dans cette garde formidable qu'il faut faire au pied des Vosges.