AVANT-PROPOS VII
pour ne point nous imaginer avec noire promptitude aux extrêmes que tout soit pour le mieux chez nos adversaires, mais il faut savoir aussi que la force de r Allemagne se défendra longtemps contre la destruction. Certes, s'il est une chose certaine au monde, c'est que la forme rigide où sont aujourd'hui détenus comme dans une geôle militaire les sentiments et les passions qui animent et divisent les âmes allemandes, sera déchirée dans quelque tempête. Mais qui pourrait dire la date et l'occasion?
L'armée allemande est plus fortement organisée en 1887 qu'en 1871. Elle a confiance en la sohdité des preuves qu'elle a données ; "elle a corrigé les imperfections qu'elle a remarquées dans le feu même de ses victoires. Elle est en progrès toujours et toujours en haleine. Le peuple allemand met en elle sa sécurité et son orgueil. Il n'est pas prêt pour les révolutions qu'il fera un jour. Avant d'en venir à ces actes hardis d'indiscipline et de révolte par lesquels une nation s'ouvre des voies nouvelles, il faut qu'elle ait usé certaines habitudes, vertus ou faiblesses, qui la détiennent dans l'inertie conservatrice.
Supposez un peuple qui ait gardé d'un long passé d'obéissance l'habitude du respect, et qui soit, par nature, lent à concevoir, plus lent à l'action : il acceptera sans difficulté la vie comme elle est faite. Ce n'est point là un peuple imaginaire : il habite l'Allemagne. En aucun pays on n'est heureux à