XIV AVANT-PROPOS
Ta faile avec éclat. Cependant, lisez la correspondance de FEmpereur et du Roi avec le Grand Seigneur : ces deux chrétiens ont été les courtisans du commandeur des infidèles. Passez quelques années. Notre roi Henri II a été un despote et il a préparé la persécution contre les calvinistes : n'at-il pas écrit un manifeste en faveur des libertés g-ermaniques, au haut duquel était représenté un bonnet phrygien entre deux poignards? n'a-t-il point fait une alliance très étroite avec des princes protestants, parmi lesquels M. l'électeur de Brandebourg? Ce qui a été sera. Il y avait plus loin du Roi Très-Chrétien au sultan Soliman que de la République française à tel roi ou empereur d'aujourd'hui.
Plus difficile est le second problème. Par qui serions-nous commandés? De quelle façon obéirions-nous? J'avoue que la question met de l'anxiété dans les âmes sincères; mais il est permis d'espérer que la France saurait la résoudre. La façon dont elle accepte le devoir militaire promet qu'elle s'y soumettra jusqu'au bout.
Nous ne nous savons pas assez gré d'une transformation qui s'est opérée dans nos habitudes. Il y a vingt ans, nous vivions sous le régime du tirag^e au sort et du remplacement. Des milliers de jeunes gens, après avoir pris un bon numéro ou acheté un homme au marchand d'hommes, se croyaient si i)ien libérés, qu'ils n'imaginaient pas qu'ils dussent jamais courir un danger, voire même endurer la