‹ Essais sur l'art égyptienChapitre 32 sur 55 · Mariette, Notice, sixième édition, p. 239, u · texte numérisé non relu

Mariette, Notice, sixième édition, p. 239, u

6. Maspero, Lettre à M. Gustave d'Eichtal sur les circonstances de l'histoire d'Egypte qui ont pu favoriser l'exode du peuple hébreu, dans les Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, 1873, p. 37-38.

Siphtah Ménéphtah, Amenmésès, Sétinakht, dont nous n'avons qu'un petit nombre de représentations peu soignées, n'ont pas plus de droits à faire valoir que leurs grands prédécesseurs, Séti Ier ou Ramsès II : l'époque troublée à laquelle ils vivaient ne comporta guère d'oeuvres de facture aussi soignée. Ramsès Ier était, comme Ménéphtah, trop âgé à son avènement, et d'ailleurs nous avons son portrait à Gournah. Aussi bien le style du morceau nous rappelle-t-il à première vue celui des statues de Turin appartenant à la XVIIIe dynastie ; encore doit-on éliminer a priori un certain nombre de Pharaons dont nous possédons le signalement exact. Ni Ahmôs Ier, ni les Touthmôs, ni les Amenhotpou, n'ont rien de commun avec notre personnage ; à plus forte raison ne saurait-on reconnaître chez lui la physionomie caractéristique de Khounaton et d'Aï. D'exclusion en exclusion, nous en venons à restreindre le choix entre trois princes, Toutankhamon, Sànakht et Harmhabi. Sànakht n'eut qu'un règne éphémère, Toutankhamon ne nous a laissé que des monuments insignifiants ; Harmhabi, au contraire, parait avoir été un des souverains les plus considérables de son temps. Monté jeune sur le trône, il restaura les temples d'Amon dépouillés par ses prédécesseurs hérétiques, et il rétablit la puissance égyptienne un moment ébranlée en Syrie et en Ethiopie. J'ai déblayé, l'an dernier et cette année-ci, deux des pylônes qu'il fit construire et décorer à Karnak; son portrait y a été sculpté nombre de fois, et les contours en sont encore assez bien conservés pour qu'on devine dans le roi des basreliefs celui du buste de Boulaq. C'est à Harmhabi, l'Armais des Grecs, que j'attribue la statue dont Mariette retrouva les restes.

Une dernière remarque. Les fragments, examinés avec soin, ne portent aucune trace de martelage : la statue n'a pas été détruite de main d'homme, et c'est le cas pour un certain nombre des monuments qu'on a découverts à Karnak. Le grand tremblement de terre de l'an 27 avant J.-C, qui mit le temple d'Amon à peu près dans l'état où nous le voyons, renversa le plafond des salles ; tous les objets placés

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