‹ Essais sur l'art égyptienChapitre 38 sur 55 · DU MUSÉE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

DU MUSÉE DU LOUVRE

Les trois figurines en bois reproduites ici (fig. 72, p. 219) sont d'origine thébaine, et elles représentent des personnages qui vivaient sous les rois conquérants de la XVIIIe et de la XIXe dynastie.

La première se trouvait dans la collection de Sait, achetée par Champollion à Livourne en 1825, et qui forme le fonds de notre musée1. C'est une jeune femme, vêtue d'une longue robe collante, garnie de haut en bas d'une broderie en lil blanc. Elle porte au cou un collier d'or à trois rangs et aux poignets des bracelets d'or, sur la tête une perruque dont les tresses lui descendent jusqu'à la naissance de la gorge : la perruque est maintenue par un large bandeau doré, simulant une couronne de folioles assemblées la pointe en bas. Le bras droit pend le long du corps, et la main soutenait un objet, probablement en métal, mais qui a disparu; le bras gauche est replié sur la poitrine, et la main serre une tige de lotus dont le bouton pointe entre les seins. Le corps est souple et bien fait, la gorge jeune, droite, légère, la face large et souriante avec une nuance de douceur et de

1. Champollion, Notice descriptive des Monuments égyptiens du Musée Charles A, 1827, in-8°, décrit ainsi l'objet : « 8j. — Bois dur. Une femme nommée Naï, debout, vêtue d'une longue tunique à frange, chevelure nattée. La statuette a été dédiée par son frère Phtah-Maï, auditeur de justice » (p. 08-69). Aujourd'hui la figurine porte le n° 37 : elle est dans l'Armoire A île la Salle civile (lre tablette).

vulgarité. L'artiste n'a pas pu éviter la lourdeur dans l'agencement de la coiffure, mais il a modelé le corps avec une délicatesse élégante et chaste; la robe suit les formes sans les accuser trop indiscrètement, et le geste par lequel la jeune femme ramène la fleur contre elle est naturel. La statuette est peinte en rouge sombre, sauf les yeux et la broderie qui sont en blanc et la perruque qui est noire : les bracelets, le collier et le bandeau sont d'un or jaune identique à l'or du livret exposé dans la vitrine Z de la Salle civile1.

Deux inscriptions gravées, puis peintes en jaune sur le socle, nous enseignent le nom de la femme et celui de l'individu qui dédia la statue. L'une, tracée sur le plat, est ainsi conçue :

(a) proscynème a phtah

sokar-osiri2, dieu grand, prince de l'éternité, pour qu'ils donnent toute sorte de choses bonnes et pures au double de la dame naî juste de voix, parfaite.

L'autre est tracée sur le côté droit, elle dit :

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