ET LA SCULPTURE INDUSTRIELLE SUR BOIS EN EGYPTE
La petite dame Touî, qui est entrée l'an dernier au Louvre, était en son vivant Chanteuse d'Amon. Le titre prête au cloute et ne nous permet guère de dire à. quelle classe de la société elle appartenait. 11 y avait des chanteuses d'Amon de tous les degrés, les unes mariées, les autres libres de leur personne. Toutes étaient astreintes à servir le dieu : elles agitaient devant lui le sistre qui écartait les esprits, ou le fouet magique, . la monâit, dont elles battaient l'air pour écarter à grands coups les êtres méchants qui y flottaient invisibles. Les plus humbles étaient de moeurs légères, et la série de vignettes licencieuses que possède le Musée de Turin ne laisse subsister aucun doute sur le genre de vie qu'elles menaient Elles étaient les servantes du temple, elles devaient à leur maître Amon la libre disposition de leur corps, et qui les abordait en son nom ne rencontrait pas de refus. Encore à l'époque grécoromaine, le grand prêtre choisissait, dans les familles les plus riches et les plus nobles de Thèbes, une jeune fille de beauté rare qu'il consacrait solennellement. Elle devenait la chanteuse en chef, et elle partageait l'existence de ses compagnes de moindre origine, tant que sa jeunesse durait : dès qu'elle avait passé l'âge d'avoir des enfants, elle prenait sare traite, et un mariage honorable lui permettait d'achever la fin de