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DE L'ÉPOQUE SAÏTE

Ces statuettes (fig. 83, p. 249) ont été taillées dans ce basalte verdàtre à grain fin, que les artistes du nouvel Empire et de l'époque saïte affectionnaient par-dessus toutes les autres pierres. Elles firent partie de la collection Sait et elles sont exposées maintenant au musée du Louvre.

La première représente un Pharaon, comme le prouvent et le serpent qui se dresse sur son front et la tête d'épervier qui termine le poignard passé dans la ceinture. Il se tenait debout et il allait à grands pas, la tête droite sur les épaules et un peu portée en avant, dans l'attitude de l'homme qui regarde avec attention le point vers lequel il se dirige ; les bras n'ont pas été détachés du corps et ils filent le long du buste et de la cuisse. La facture est très soignée, très finie, malgré la dureté de la matière, et le détail en est rendu aussi librement que sur les colosses de l'époque thébaine.

La face a un caractère particulier, qui a depuis longtemps frappé les égyptologues ; elle est courte, large à la hauteur de l'œil, arrondie par le bas. L'œil est long, saillant, surmonté d'une arcade sourcilière puissante, dont les attaches dessinent sur le front deux fortes rides verticales. Le nez est busqué, court, gras du bout, flanqué de deux narines dont l'aile parait être assez mince. Bouche projetée en avant et largement fendue, lèvres pleines, menton bref et fuyant un peu sous

l'ombre des lèvres, M. de Rougé, au retour de son voyage d'Egypte, fut frappé de la ressemblance que cette statuette, jusqu'alors oubliée dans le coin d'une armoire, présentait avec les images des rois pasteurs découvertes à San par Mariette. Dévéria la reproduisit habilement sur deux planches de la Revue archéologique* ; il affirma, ce que M. de Rougé avait admis comme une simple hypothèse, qu'elle était le portrait d'un roi pasteur et qu'elle appartenait à la période troublée qui a précédé immédiatement la XVIIIe dynastie. Je dois avouer que ces conclusions ne me paraissent pas certaines. La longue liste des Pharaons renferme bien des souverains dont la figure présente des caractères assez différents de ceux qu'on attribue d'ordinaire à la race égyptienne et qui n'en furent pas moins des Egyptiens de race. Sans entrer dans la discussion, je me bornerai à dire que plusieurs de ceux qui régnèrent à des époques relativement assez basses, Taharqa (XXVe dynastie) ou Hakori (XXIXe dynastie), par exemple, ressemblent singulièrement au souverain de notre statuette pour la structure et pour l'expression du visage. Je ne voudrais pas assurer qu'il s'agisse ici de l'un d'eux, mais le faire général me rappelle le style de l'époque saïte plus que celui de la thébaine; j'inclinerais à croire, sans rien affirmer, que notre Pharaon vivait dans les derniers siècles de l'indépendance égyptienne.

Le second fragment est évidemment saïte ; la précision un peu sèche du modelé, la lourdeur de la coiffure, les rondeurs des épaules et de la poitrine le prouvent suffisamment. Il est brisé trop haut pour qu'on puisse décider s'il appartenait à une statue debout, comme le Pharaon, ou accroupie, comme notre troisième monument. Celui-ci est le type accompli de l'Égyptien des classes moyennes, développé en largeur plutôt qu'en hauteur.

La carrure est molle et flasque, l'insignifiance souriante des traits,

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