DE CHATS
FAITE EN ÉGYPTEi
Les journaux anglais ont annoncé, et les journaux français à leur suite, qu'un navire avait débarqué récemment à Londres 180.000 momies de chats égyptiens. Depuis longtemps déjà, des industriels de diverses nationalités font métier de rechercher les cimetières d'animaux sur tout le sol de l'Egypte, et d'en exporter les os en Europe où ils sont employés comme engrais. Il y a quelques années, une pleine nécropole de singes a été expédiée en Allemagne pour fumer des champs de betteraves. Les chats de cette année ont été, paraît-il, découverts près de Béni-Hassan; ils étaient empilés au hasard dans une sorte cle caverne où un fellah en quête d'antiquités pénétra le premier. Il y a, en effet, à quelque distance au sud des hypogées de Béni-Hassan, au lieu que les géographes grecs appelaient Spéos-Artémidos, une chapelle creusée dans le roc et consacrée par les rois de la XVIIIe et de la XIXe dynastie à une déesse locale, corps de femme et tête de chatte ou de lionne, qui s'appelait Pakhit. C'est en cet endroit que se trouvait le dépôt récemment exploité, et les chats qui y reposaient ont dû vivre dans le voisinage sous la protection cle leur cousine la déesse. Des cimetières du même genre existaient partout où l'on adorait une divinité à type félin, lion, tigre ou chat. Le plus célèbre