Quelque démon qui nous attaque, suscité par
vez ce qui est lourd ; et c’est ainsi que vous enlevez les arbres de la forêt ou les flancs de la montagne.
4. Partout vainqueurs, on lie vous connaît d'ennemis ni par delà le ciel, ni sur la terre. Enfants de Roudra, que votre force soit puissante par la concorde, et la victoire vous est assurée.
5. Ils ébranlent les montagnes, ils arrachent leâ rois de la forêt. O dieux Marouts, toute votre troupe s'élance, comme si l’ivresse exaltait vos esprits.
6. A vos chars vous avez attelé des daims; l’avant-train de ces chars est rouge. La terre entend le bruit de votre approche, et les mortels ont frémi.
7. Compagnons de Roudra, nous implorons votre prompt secours en faveur de notre famille. Venez-nous en aide, et [protégez] un Canwa tremblant, comme vous l’avez fait autrefois.
8. Suscité par votre colère ou par la vengeance de quelque mortel, un [ennemi] puissant nous attaque. Privez-le de tout aliment, de toute vigueur, des secours qu'il attend de vous.
9. Dieux prudents et dignes de nos sacrifices, vous avez accordé j
toute votre protection à Canwa. Accordez-nous aussi, ô Marouts,
tous vos secours ; soyez avec nous, comme l’éclair est avec la pluie.
10 [Dieux] pleins de libéralité et de force, vous possédez toute la vigueur, toute la puissance [désirable]. O Marouts, à l’ennemi passionné de votre poète envoyez, comme une flèche, un ennemi [qui le frappe]. - .
LES VÉDAS
vous ou par des mortels, arrachez-le loin de nous par votre pouvoir, par votre force, par votre aide.
9. Car, dieux sages et dignes de nos sacrifices, vous avez couvert Kanva de toute votre protection. Venez à nous, ô Maruts, avec tous vos secours, aussi promptement que les éclairs viennent après la pluie.
10. [Dieux] bienfaisants et généreux, vous possédez toute force, toute puissance, ô vous qui ébranlez [la terre]. O Maruts, contre l’orgueilleux ennemi des poêles envoyez un ennemi, comme une flèche.
Voici maintenant une simple prière adressée à l’Aurore :
Hymne à Ushas (Rv. Vit, 77).
1. Elle brille pour nous, semblable à une jeune épouse, réveillant tous les êtres vivants pour qu’ils aillent h leurs travaux. Lorsque le feu dut être allumé par les hommes, elle fit la lumière eu abattant les ténèbres.
2. Elle s’est levée, s’étendant au loin, et avançant partout. Elle a grandi en éclat, portant son vêtement brillant. Mère des vaches [les matins], conductrice des jouis, elle a paru resplendissante comme l’or, belle à contempler.
8. La [déesse] fortunée, qui amène [celui qui est] l’œil des dieux, qui conduit la blanche et belle cavale [du soleil], l’Aurore a été vue, révélée par ses rayons, avec ses trésors brillants ; elle suit chacun.
4. 0 toi qui es une bénédiction pour ceux dont lu es proche, chasse loin de nous ceux qui nous sont hostiles : fais que nous ayons de vastes pâturages, donne-nous la sécurité! Disperse les ennemis, apporte de grands biens ! Fais naître la richesse pour l’adorateur, ô puissante Aurore!
5. Fais luire pour nous tes meilleurs rayons, ô éclatante Aurore, toi qui prolonges notre vie, qui es aimée de tous, qui nous donnes la nourriture, et des richesses en vaches, en chevaux et en chars.
6. 0 fille du ciel, Aurore, toi qui es d’illustre naissance et que les Vasisht/ias célèbrent par des chants, donne-nous de grands et vastes biens. Vous tous, ô dieux, protégez-ncus, versez sur nous vos bénédictions.
Il faut maintenant que je me borne à donner des extraits plus courts, afin de pouvoir vous montrer que tous les principaux éléments de la véritable religion se trouvent dans le Véda. Je vous rappelle encore une fois que le Véda contient bien des puérilités et bien des futilités, mais fort peu de pensées répréhensibles et mauvaises. Certains de ses poêles attribuent aux dieux des sentiments et des passions in? dignes de la Divinité, comme la colère, la vengeance, et le plaisir qu’ils prennent à des sacrifices matériels. Ils représentent aussi la nature humaine comme étant plongée dans l’égoïsme, et avide à l’excès des biens de ce monde. Beaucoup de ces hymnes sont complète-
5i LES VEDAS
inent insignifiants et insipides, et il nous faut chercher patiemment, avant de rencontrer çà et là des sentiments qui viennent des profondeurs de l’âme, et des prières auxquelles nous pourrions nous unir nousmêmes. Cependant de tels passages existent, et ce sont les endroits vraiment importants, puisqu’ils marquent les points les plus élevés auxquels ait atteint la vie religieuse des poêles de l’Inde antique : c’est sur ces points que je vais maintenant appeler votre attention.
En premier lieu, la religion du Véda ne connaît point d’idoles. Le culte des idoles dans l’Inde est de formation secondaire ; ç’a été une corruption ultérieure du culte plus primitif de déilés incorporelles.
Les dieux du Véda sont conçus comme immortels : les passages où se trouve mentionnée la naissance de certains dieux ont un sens physique. Ils se rapportent à la naissance du jour, au lever du soleil, au retour du printemps.
Les dieux sont censés résider au ciel, quoique plusieurs d’entre eux, Agni, par exemple, soient représentés comme vivant au milieu des hommes, ou comme s’approchant du sacrifice, et écoutant les hymnes de leurs adorateurs.
Dans le Véda nous trouvons celle croyance que le ciel et la terre ont été faits ou affermis par certains dieux.
Les théories savamment élaborées pour expliquer la création, lesquelles abondent dans les ouvrages