Celui qui s’enfuirait bien loin par delà le ciel
(1) [ « Les bienfaits que les dieux accordent au] hommes les attachent:! eux de l'amour le plus tendre, et leur reconnaissance célèbre la bonté et l'infinie libéralité de la divinité qui répond à leurs prières.... Rien n'est donc plus désirable que l'amitié de ces dieux bienfaisants, et l’Arya fait sans cesse des vœux pour l’obtenir. Ces dieux qui nous inondent de leurs faveurs, nous devons, dans sa pensée, avoir pour eux un amour qui dépasse celui que nous portons à toutes les créatures. « O Indra, dit un hymne védique [trad. Lan- « glois, t. III, p. 185, 180J, je te préfère à mon père, à un frère, qui « peut m'abandonner. Tu es pour moi comme un | ère et une mère. » (A. Maury, Croyances et Légendes de l’antiquité, p. 119, 150.)
Tr.J
(2) L’attention a été appelée pour la première fois sur cet hymne par M. Roth, dans une dissertation sur l’Atharva-véda (Tubingue, 1850), et il a été depuis traduit et annoté par M. Muir, dans son article De la théogonie et de la cosmogonie védiques, p. 31.
LES VÉDAS
n’échapperait pas pour cela à Varuna, le roi. Ses émissaires descendent du ciel vers ce monde ; de leurs mille yeux ils surveillent cette terre.
5. Le roi Varuna voit tout ceci, ce qui est entre le ciel et la terre, et ce qui se trouve par delà. Il a compté les clignotements des yeux humains; comme un joueur jette les dés, il décide toutes choses.
6. Que l’homme qui fait un mensonge soit pris dans tes lacs meurlrièrs, qui sont tendus sept par sept et en triple rang : que celui qui dit la vérité les évite.
Une autre idée que nous trouvons dans le Véda, c’est celle de la foi, et le mot qui l’exprime n’y est pas seulement pris dans le sens de confiance en la puissance, en la protection, en la bonté des dieux ; il signifie aussi la croyance en leur existence. Le mol latin credo « je crois » est le même* que le sanscrit Sraddhà, et ce Sraddhâ se rencontre dans le Véda :
Rv. I, 102, 2. « Le soleil et la lune se succèdent régulièrement, afin que nous puissions voir, ô Indra, et croire. »
Rv. I, 104, 6. « Ne détruis pas nos enfants qui doivent naître, ô Indra, car nous avons cru en la grande puissance. »
Rv. 1, 55, 5. « Lorsqu’lndra lance sa foudre, coup sur coup, alors ils croient en ce Dieu brillant (1). s
(1) Pendant les orages violents les indigènes de la Nouvelle-Hol-
LIVRES SACRÉS DES BRAHMANES Un sentiment du même genre, à savoir, que les hommes ne croient en là divinité, que quand ils en voient les signes et les merveilles dans le ciel, est exprimé par un autre poêle ( Rv . VIH, 21, 14) : i 0 Indra, jamais tu ne trouves un homme riche qui soit ton ami ; ceux qui s’enivrent de vin le méprisent. Mais lorsque tu tonnes, lorsque tu amoncelles [les nuages], alors on t’implore comme un père. »
Et à cette croyance en dieu se joinU aussi ce doute, ce scepticisme vrai, si nous pouvons l’appeler ainsi, par lequel on veut donner à la foi sa véritable force. Même dans ces hymnes antiques nous rencontrons des passages où le poêle se demande s’il existe réellement un dieu tel qu’Indra, et celte question est immédiatement suivie d’une réponse, qui est comme donnée au poète par Indra lui-même. Ainsi nous lisons (Rv. VIII, 100, 3) :
« Si vous désirez la force, offrez à Indra un hymne de louange, un hymne véritable, si Indra existe véritablement ; car quelqu’un dit : Indra n’existe pas! Qui l’a vu ? Qui louerons-nous? »
lande ont tellement peur de War-ru-gu-ra, l'esprit mauvais, qu'ils cherchent un abri même dans les cavernes qui servent de retraite aux Iguas (qui sont des démons d'ordre inférieur), et dans lesquelles, en d'autres temps, ils ne voudraient entrer pour rien an monde. Là, frappés d une terreur muette, ils se prosternent, la face contre terre, et attendent que l’esprit, son accès de fureur étant passé, se retire dans Uta, l’enfer, sans avoir découvert leur cachette. — Transactions of Ethnological Society, vol. III, p. 2'27. Oldfield, The Aborigènes of Auslralia.
G2 LES VÉDAS
Et aussitôt Indra répond par la bouche du poêle : « Me voici, ô adorateur, regarde-moi ici ! Je surpasse toutes choses en puissance. »
Nous trouvons ailleurs des visions du même genre, dans lesquelles le poëte, après avoir invité un dieu à un sacrifice, ou lui avoir demandé le pardon de ses offenses, s’écrie tout à coup qu’il a vu le dieu, et qu’il sent que sa prière est exaucée. Par exemple :
Hymne à Varuna (Rr. i, 25) (I).
1. De quelque manière que nous violions tes lois jour après jour, pauvres mortels que nous sommes, ô dieu, Varuna,
(1) [Lang. ois, I, 42 :
4. Dans lous ces sacrifices que nous t'offrons journellement, ô divin Varouna, nous pouvons, pauvres mortels, manquer à quelqu'un de nos devoirs.
2. [Epargne-nous;] ne nous livre pas à la mort, au fer d’un ennemi, au ressentiment d’un furieux.
3. O Varouna, par nos chants nous voulons adoucir et calmer ton esprit, de même que le conducteur d’un char [délasse par sa voix] son cheval fatigué.
4. Vers toi, comme l’oiseau vers son nid, volent mes pensées, pour obtenir une existence prospère.
5. Et dans quel [autre] temps devons-nous invoquer l’illustre Varouna, qui possède la force et la richesse, et nous rendre propice celui qui est l’œil du monde ?
G. Que [Mitra et Varouna] accueillent ce [sacrifice] offert pour tous les deux; ils sont justes, quand ils favorisent un pieux serviteur.
7. Varouna connaît la voie de l’oiseau qui vole dans l'air, celle du vaisseau qui vogue sur la mer.