TEXTES SANSCRITS
C’est à bon droit que M. Stanislas Julien a pris tvor^M pour épigraphe du récent ouvrage dans lequel il expose sa méthode pour déchiffrer les mois sanscrits qui se rencontrent dans les traductions chinoises de la littérature bouddhique de l’Inde. Dans une précédente étude sur sa traduction de la Vie et des Mémoires du pèlerin bouddhiste Hiouen-thsang, nous avons essayé d’expliquer les très-grandes difficultés que présentait celte restitution des mots sanscrits, et les importants résultats obtenus par M. Stanislas Julien. A cette époque il n’avait pas encore livré au monde savant la clef de scs découvertes. En publiant les résultats de ses laborieuses recherches, il s’était
(1) Méthode pour déchiffrer et transcrire tes noms sanscrits qui se rencontrent dans les livres chinois, par M. Stanislas Julien, membre de l’Institut, etc. Paris, 1801.
TRADUCTIONS CHINOISES DE TEXTES SANSCRITS 31)9 contenté de donner une idée générale de la méthode par laquelle il était parvenu à vaincre des difficultés insurmontables pour ses prédécesseurs. Mais aujourd’hui il vient de faire paraître sa Méthode pour déchiffrer et transcrire les noms sanscrits qui se rencontrent dans les livres chinois, suivie d’un dictionnaire chinois-sanscrit, qui représente le travail incessant de seize années, et qui contient tous les caractères chinois employés pour représenter phonétiquement les termes techniques et les noms propres de la littérature bouddhique de l’Inde.
Pour apprécier pleinement l’importance des travaux et des découvertes de M. Stanislas Julien dans ce champ lointain de la littérature orientale, il faut nous rappeler ce qu’a été la religion du Bouddha. Cette religion prit naissance dans l’Inde environ deux siècles avant l’invasion d’Alexandre, et devint le culte officiel de la presqu’île indienne peu de temps après cette dernière époque. Elle produisit une vaste littérature philosophique et religieuse, et le canon de ses écritures sacrées fut lixé dans un concile tenu vers l’an 246 avant notre ère. Très-peu de temps après ce concile, un esprit de prosélytisme se développa chez les Bouddhistes. Leurs missionnaires allèrent porter la loi nouvelle au sud, jusque dans l’ile de Ceylan, au nord dans le Kachemire, les régions himalayennes, le Tibet et la Chine. Dans les Annales chinoises, qui, en l’absence de toute littérature historique dans l’Inde, nous apprennent presque lout ce que nous savons sur la