Discours de la méthode, IV« partie
théliques telles que celle-ci : « Supposant un triangle, il faut que ses trois angles soient égaux à deux droits, mais il n'y a rien du tout dans la proposition : Les trois angles du triangle sont égaux à deux droits qui assure qu'il y a au monde aucun triangle * . »
Comment donc dans ces autres cas pouvons-nous atteindre les êtres ? Comment pouvons-nous être certains de leur existence? Quel motif supérieur de certitude pouvons-nous avoir pour suppléer à l'insuffisance de la clarté et de la distinction des idées ? C'est ici que Descartes fait intervenir la véracité divine. Les caractères internes des idées ne peuvent garantir que les relations idéales, mais si on ajoute à ces caractères la véracité réelle de Dieu qui a créé notre esprit et lui a donné une constitution telle que là où il y a clarté et distinction cet esprit est porté à poser des êtres qui correspondent à ses idées, il devient évident que si l'existence réelle n'était pas liée à l'évidence des idées, notre esprit serait mal fait, agencé de façon à nous tromper. Mais Dieu, créateur de notre esprit, est parfait, il ne peut donc être trompeur, et les tendances spontanées de notre esprit sont révélatrices de la réalité des êtres. C'est ainsi que nous pouvons nous tenir pour assurés, par l'intermédiaire de Dieu, de l'existence réelle du monde extérieur, des autres hommes et de la valeur de nos propres souvenirs. Descartes distingue donc d'abord deux sortes de certitudes, celle qui n'atteint que les vérités idéales ou formelles, qui n'impliquent nécessairement aucune existence; celle qui implique des existences réelles. Et celle-ci à son tour comprend