‹ Essais sur la connaissanceChapitre 20 sur 22 · Hevv.z de Philosophie, 1" févrierlOOi · texte numérisé non relu

Hevv.z de Philosophie, 1" févrierlOOi

ptîriencc et toute constatation, alors même que nous y trouvons des éléments qui infiniment nous dépassent, n'en demeurent pas moins nôtres, produites comme nous, bornéescommenous. Je ne pense pas qu'on puisse faire aucune métaphysique, je dirais volontiers aucune science ni mémo aucune théologie, autrement (|u'en partant de nous et qu'on suivant les méthodes d'immanence, mais il me paraît tout au moins aussi évident que si nous demeurons confinés en nous-mème, nous no trouvons jamais que nous-mème et que limmanenee. puisque immanence il y a, ne vaut que comme méthode pour commencer les recherches et doit, pour aboutir àdes résultats, conclure elle-même à sa propre insuffisance et conduire ainsi à la transcendance. C'est bien ainsi d'ailleurs que l'ont toujours entendu à ma connaissance ceux qui ont défendu cette mélhodo, el en particulier M. ^Maurice Blondel. On ne trouve Dieu qu'à la condition de se dépasser.

Or, nous n'avons qu'un seul ressort intellectuel qui permette ce dépassement, qui, partant de faits constatés, nous permette d'atteindre, dalhrmer quelque chose hors de ces faits, c'est, nous l'avons vu, le principe de causalité. Toute série de phénomènes, par cola seul qu'elle est série, est insuffisante, elle a besoin de quelque chose hors-série qui fasse être la série, qui lui fournisse avec la raison d'être, l'être. C'est pour cela que, au delà de nos sensations, nous affirmons l'existence d'êtres corporels qui leur correspondent, pour cela que nous affirmons l'existence des autres hommes. L'insuffisant ne se suffit pas et a besoin, pour être, de quelque raison que lui donne la suffisance. Or, d'être agrégées en un tout, cela ne donne pas aux parties la suf-

fisance qui leur manque séparément, une somme d"insuiïisances ne saurait constituer une suffisance, pas plus quune accumulation de dettes ne pourrait constituer un actif. Et quand les parties sont assemblées, il y a une nouvelle insuffisance qui se manifeste, c'est celle de l'assemblage. Toute série d'événements exige une raison ou une cause liors-série ; la totalisation des séries en un univers ne fait que composer une nouvelle série de tous points semblable aux autres, sauf quelle est beaucoup plus complexe, cette nouvelle série a donc, comme tous les autres, besoin d'une raison ou d'une cause qui lui donne l'être. Et, pour donner l'être, il faut que celte cause le possède elle-même par nature. Cette cause est Dieu, l'être qui possède l'existence dans son essence même, l'être transcendant, cause de tout être autre que lui. C'est cette manière de raisonner qui, sous des formes diverses, avec plus ou moins de rigueur logique, fait le fond de l'argumentation appelée cosmologique et qui contient, en effet, les raisonnements les plus communs : premier moteur, contingence des êtres, etc. Ce qui fait la valeur ontologique du raisonnement, •c'est la portée ontologique du principe de causalité ■que nous avons établie plus haut'. Étant une loi de l'être et non pas seulement delà pensée, la cause que la conclusion atteint est une cause réelle et non pas une simple exigence idéale de l'esprit, non pas seulement une idée, mais un être. Nous sommes certains <jue Dieu est, et cette certitude est aussi une vérité. Comment sommes-nous arrivés à cette certitude qui •s'est trouvée être le signe même de la vérité ? Par le

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