LE « FAUST )) DE GŒTHE SES ORIGINES ET SES FORMES SUCCESSIVES
SCHILLER disait, dans une de ses épigrammes, à propos de Kant et de ses interprètes : « Que de mendiants un seul riche peut nourrir! Quand les rois bâtissent, les charretiers ont ^ faire. » Goethe n'a pas nourri moins de critiques indigents que Kant, et les charretiers n'ont pas chômé pendant le long espace de temps qu'a duré la publication de Faust, Lui-même éprouvait un malin plaisir à jeler aux commentateurs « un os à ronger », et il se plaisait même à intriguer ses amis à propos des mystères plus ou moins transparents que contenait son poème. Eckermann lui disait un jour : « Oui, il y a là de quoi exercer la pensée, et un peu d'érudition y est de temps en temps nécessaire. Je suis content, par exemple, d'avoir lu le petit livre de Schelling sur les divinités de Samothrace et de savoir à quoi vous faites allusion dans le fameux passage de la Nuit classique de Walpurgis, » Et Gœthe lui répondait en riant : « J'ai toujours trouvé qu'il était bon de savoir quelque chose \ »