‹ Essais sur la littérature canadienne [microforme]Chapitre 15 sur 22 · PAR M. PIERRE-GEORGES ROY · texte numérisé non relu

PAR M. PIERRE-GEORGES ROY

M. Pierre-Georges Roy est le plus infatigable des chercheurs, et l’un des plus heureux. Il explore avec une patience diligente les’ domaines les plus inaccessibles de l'histoire nationale, ceux qui exigent les plus minutieuses investigations, et chaque

année il rapporte de son champ préféré au moins double moisson.

Depuis 1901, ce sont surtout des monographies e nos principales familles canadiennes que M. Roy s'est plu à dresser et construire. Il a commencé par la famille Taschereau ; les familles Frémont, Juchereau Duchesnay, d'Estimauville de Begumouchel, Taché, Godefroy de Tonnancour, d'Irumberry de Salaberry, Rocbert de la Morandière, des Champs de Boishébert ont suivi. Ilya quelques mois à peine c'était le tour de la Famille Panet, et voilà qu'aujourd'hui apparaît en ‘librairie un ouvrage qui d'intéresse plus seulement une famille ou les historiens canadiens, mais qui doit retenir l'attention de tous ceux qui étudient la géographie de notre province,

Les Noms géograghiques de la Province de Québec, sont le répertoire le plus instructif qui soit. Et ce livre vient à son heure compléter, pour notre province, le travail si érudit que M. Eugène Rouillard publiait il y a quelques semaines: Noms géographiques de la Province de Québec et des Provinces maritimes, empruntés aux langues sauvages.

Le livre de M. Pierre-Georges Roy enferme en ses cin cents pages, et par ordre alphabétique, les noms des seigneuries, cantons, comtés, villes, paroisses, caps et rivières ui se rencontrent dans notre province. Depuis le nom de la baie Abatagoush que dessine la rive du lac Saint-Jean, et qui est le premier sur la liste, jusqu'a celui du canton York qui se voit en Gaspésie, et qui est le dernier, ils y sont à peu près tous, et nous reprocherons seulement à M. Roy de ne pas nous avoir dit, en manière d'avertissement au lecteur, pourquoi il n’a pu les connaître et les signaler tous.

De tous ces noms, M. Roy essaie de donner l'origine et la raison suffisante. De telle sorte que son livre est vraiment, si l’on peut s'exprimer ainsi, le régistre baptistaire de notre province.

Et n'est-ce pas, en effet, une sorte de baptème que l’on confère aux monts et aux fleuves, aux paroisses et aux cités quand on les marque du nom qu'ils doivent porter devant les hommes et devant l'histoire? Et comme l’on se plaît, dans les familles, à donner au nouveau-né un nom qui rappelle quelque heureux souvenir, un parent, un ancêtre,

(1) Publication de la Société du Parler français, Québec.

Page 1