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sorli de ses repaires et a pu être caractérisé dans la Cir-
culation sanguine ». Le bacille de Koch isolé chez ces malades et qui était un bacille virulent de type humain s’est comporté comme un virus de sortie. Aucune lésion
tuberculeuse macroscopique n’a pu être trouvée chez.
ces malades. | ne
D’autres recherches confirment ces résultats. Trois autres malades observés par R. Mach et E. Mach présentaient des septicémies à staphylocoques et à streptocoques, le 3° une gangrène pulmonaire. Le sang cultivé par eux et par Lœwenstein a montré la présence de bacilles de Koch. ls n’ont pas trouvé de lésions tuberculeuses permettant d'expliquer l’origine de cette bacillémie et aucune des trois maladies n’a été influencée par le bacille de Koch. Ce sont ces cas qu’ils dénomment les « bacillémies tuberculeuses muettes secondes ».
Ne se passe-t-il pas la même chose au cours du rhumalisme articulaire aigu ? [ci le problème est plus difficile à résoudre. La fréquence des résultats positifs trouvés par Læwenstein chez les rhumatisants permetelle de conclure à la nature tuberculeuse du rhumatisme articulaire aigu ?
Des différents auteurs qui sh pratiqué dés hémocultures chez les rhumatisants Lœwenstein et Reitter publient des statistiques impressionnantes.
€ De telles constatations constituent en effet un critérium important dont il faut tenir grand compte, à condition que la répétition des résultats positifs permettent d’eliminer toute erreur de technique. Mais c’est
à l'heure actuelle un critérium insuffisant », écrit le
Professeur Bezançon au sujet de la nature des mala-
dies où l’on découvre le bacille de Koch. |
Or, aux résultats obtenus par Lœwenstein : 22 cas positifs sur 27 et à ceux de Reitter : 56 résultats positifs sur 82 cas de polyarthrile aiguë s'opposent ceux de Courmont qui sur {1 cas n’en a que 5 positifs mais 2 seulement aux cours de formes polyarticulaires aiguës.
Nanu, Jonnesco et Slefanesco ont un résultat positif dans un rhumatisme polyarticulaire aigu avec endopéricardite, mais avec splénomégalie qui pour ces auteurs pourrait s'expliquer par une tuberculose discrète
‘de la rate. Sergent a un cas positif au cours d’un rhuma-
tisme articulaire aigu avec tuberculose fibreuse.Anana-
diès et Papanagyrou ensemençant 7 cas de rhumatisme
articulaire aigu n’ont qu'un seul résultat positif et encore ce résultat doit-il être accepté avec quelque ré-
serve : s’il s’agit bien d’une seconde crise de rhuma-
tisme à 9 ans d'intervalle, l'observation révèle 5 ans avant cette 2 crise une tuberculose fibreuse.
Aussi nous nous demandons s'il n’y a pas confusion entre la maladie de Bouillaud et certains rhumatismes
‘qui lui ressemblent. Dans un cas observé par le Profes-
seur Bezançon ce qui caractérise la maladie ce sont des phénomènes fluxionnaires qui permettent de penser que l’on est en présence d’une crise de rhumatisme articulaire aigu mais la preuve.de la nature tuberculeuse est donnée par le fait que sur l’une des articulations atteintes par ce processus fluxionnaire va se constiluer une lésion tuberculeuse banale : une tumeur blanche,
Dans une autre observation qu’il rapporte avec Jacquelin la ressemblance avec le rhumatisme articulaire aigu est bien plus grande : aucune tendance à la localisation du bacille sur une articulation, mais il existait une lésion pulmonaire et les poussées articulaires disparaissent avec la constitution d'un pneumothorax.
ILest intéressant de signaler les recherches effectuées par le Docteur Grenet chez des enfants rhumatisants où l’on a souvent la chance d'assister à la première crise de rhumatisme et où les risques d'infection associée sont réduits au minimum.
L'étude des antécédents effectués dans 94 cas montre:
Tuberculose certaine chez les ascendants : 12 cas.
Antécédents collatéraux ou personnels seuls : 2 cas.
Présomptions très discutables chez les ascendants : 6 cas.
Antécédents complètement négatifs : 74 cas.
L'étude de la cuti-réaction à la tuberculine chez 80 rhumatisants donne 47 résultats positifs et 33 négatifs, se réparlissant ainsi : de 4 à 9 ans, 17 cuti-réactions négalives et 12 positives ; de 10 à 15 ans, 15 cuti réactions négatives et 35 positives.
D'autre part la cuti réaction refaite dans 16 cas montre qu’elle peut se maintenir négative un certain temps après la première atteinte rnumatismale.
‘Au bout de 2 à 4 moie FE RRNP D ofs Au:bout:de'4 mois 1/2 75, A7 Sois Aubout:de 1-à 2 ans SR io Au-bout.de.4:à 6ans:: ER OSreTS Au boutde9ans. . . 1 fois
Au bout de plusieurs années. . , 2 fois
se
Ces résultats ne sont pas en faveur de la nature tuberculeuse de la maladie de Bouillaud.
Le Professeur Bezançon montre qu’il s’agit bien d’une maladie autonome : «Si la manifestation articulaire en elle-même n’a rien de pathognomonique, la maladie rhumatismale au contraire, dans son ensemble, avec sa pancardite toute spéciale, ne ressemble à aucune autre maladie, ni à un pseudo-rhumatisme infectieux, ni à un rhumatisme tuberculeux. »
Il s'appuie sur la clinique pour le démontrer :
«On discute encore à l’heure actuelle sur la spécificité du rhumatisme articulaire aigu ; pour certains il ne serait pas une maladie autonome, il ne serait que le plus réprésentatif des pseudo-rhumatismes infectieux.
Je ne saurais souscrire à cette opinion, et considère que le rhumatisme articulaire aigu, la maladie de Bouillaud est une véritable maladie autonome si on l’envisage au point de vue clinique dans la totalité de ses localisations et non pas seulement dans ses mamifestations articulaires.
Que nous apprend la clinique : c’est qu’il existe une grande maladie, à allure de maladie infectieuse, ayant pour caractère principal non seulement des manifeslations articulaires aiguës, multiples, fluxionnaires, mobiles, transitoires et curables, mais des localisalions viscérales ; en particulier des manifestations cardiaques ».
D’autres faits iadividualisent la maladie de Bouillaud.
Son début, si particulier par une angine se retrouve au moins dans 1/3 des cas; dans d’autres cas el au moins dans les mêmes proportions la maladie com-
meénce par de la diarrhée : diarrhée séreuse précédant de 8 à 15 jours les phénomènes articulaires et cessant dès leur apparition. |
D'autre part le rhumatisme articulaire aigu se voit chez des sujets jeunes, des adolescents, de mars à juillet, dans des régions plutôt froides et humides.
L'existence d’épidémies est un caractère de la maladie de Bouillaud. Deux cas sont signalés en 1915 par le
Docteur Grenetet les observations exposées dans la thèse
de Cayet : dans le secteur de B. 10 cas en 4 mois ; dans celui de N. 63 cas en 5 mois et un homme de ce secteur blessé et évacué conlamine ses deux voisins de lit qui n'avaient jamais eu de rhumatisme. En 1924 Canis et Andrieu notent 8 cas de rhumatisme articulaire aigu en l’espace de 2 mois dans la garnison de Toulouse. Les hommes atteints appartenaient tous à la même compagnie. Dans une vallée des Hautes-Pyrénées sur 500 habitanis 17 sont touchés de novembre 1925 à février 1926 : 9 font une endocardite, À une chorée.
Nous voyons que l’évolution de la maladie rhumatismale est loin d'évoquer l’idée que l’on est en présence d’une infection par le bacille tuberculeux.
Il ne faut pas perdre de vue que seule la clinique en précisant le caractère et l’évolution de la maladie permet de faire un diagnostic et l'examen dé laboratoire ne sera qu'un complément pour orienter ce diagnostic.
Des 82 ensemencements que nous dvons pratiqués 8 nous ont semblé être positifs ; considérant comme positif les cas où l’on obtient une microcülture ; microcultures qui n’ont jamais été repiquables. Nous avons
ni
ÿu sur les lames des corps acido-résistants qui avaient
l'apparence de bacilles de Koch et pouvaient être le
témoignage d'une microculture. Sur 4 tubes ensemencés nous n'avons jamais eu de résultat que pour un seul Sauf une fois où nous en avons eu sur trois. Jamais ces présumées microcultures n’ont abouti à une colonie macroscopique ; et jamais aucune d’elles n’a pu être repiquée.
La constalation d’une microculture non repiquable ne nous permeltant pas de vérifier la nature de l’élément acido-résistant observé, il nous est impossible d’affirmer qu’il s'agisse vraiment d’un bacille tuberculeux.
Sur les 8 cas positifs que nous avons observés, 6 enfants avaient une cuti-réaction à la tuberculine positive; 2 une cuti-réaclion négative.
En ce qui concerne les cas de tuberculose : tuberculose pulmonaire ; tuberculose pleuro-péritonéale il est possible qu’il s’agisse du bacille de Koch.
Dans les cas de fièvre typhoïde il est. vraisemblable que les bacilles acido-résistants qui ont élé vus ne sont que des bacitles de sortie.
Nous tenons à dire ici pour les rhumatisants dont nous avons ensemencé le sang que tous, sauf un, dont l'ensemencement avait élé pratiqué au début de la première crise et avant toute médication salicylée, avaient absorbé du salicylate de soude.
Des trois cas de rhumatisme l’un ne présente aucun des caractères de la maladie de Bouillaud. Des deux autres l’un concerne une enfant qui a été suivie à l’hôpital depuis juin 1929 ; date d’une première crise de
à Le
rhumatisme articulaire aigu avec atteinte cardiaque et qui avait à ce moment une culi-réaction à la tuberculine négative : celle-ci n’est devenue positive qu’en février 1930. L'hémoculture pratiquée à deux reprises a semblé pour un tube de la première série donner un résultat posilif, mais l’inoculation au cobaye est restée négative.
Pour les deux cas où la cuti-réaction à la tuberculine est négative ; l’un concerne un rhumatisant au cours de sa troisième crise ; l’autre un asthme infantile.
I y aurait contradiction entre les résultats fournis par la cuti-réaction et l’'hémoculture ; mais les difficultés que l’on rencontre pour mettre en pratique la méthode de Lœwenstein ; l'impossibilité de vérifier les résultats dans les cas de microcultures ne peuvent encore faire de cette méthode un procédé de diagnostic de la tuberculose.