‹ Essais sur la methode sous-cutanee, comprenant deux memoires, Sur les plaies sous-cutanees en general, et Sur plaies sous-cutanees des articulations, precedes d'une introduction historique sur l'origine et la constitution de cette methodeChapitre 2 sur 7 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

SUR

Lorsque j’ai eu l’honneur de faire part à l’Académie des premiers résultats que j’ai obtenus de la section des muscles dorsaux dans le traitement des déviations latérales de l’épine, j’ai provoqué et j’ai dû provoquer un mouvement de surprise, sinon de prévention, contre une série d’opérations dont le siège et l’étendue pouvaient faire craindre qu’elles ne fussent pas tout à fait exemptes de danger. Ce sentiment, je le conçois d’autant mieux que moi-même je l’ai éprouvé longtemps avant de mettre à exécution un plan auquel m’avaient conduit l’évidence des indications étiologiques, les besoins incessans d’une pratique souvent stérile, et, j’ose le dire, la certitude du succès, quant à son résultat immédiat sur la difformité. Comment, en effet, n’être pas arrêté par la considération des parties nombreuses et délicates à traverser et à diviser en voulant atteindre la totalité des muscles des gouttières vertébrales? Des vaisseaux et des nerfs en quantité assez considérable; une série de tendons glissant dans des gaines ; des masses musculaires renfermées dans des aponévroses;

dos aponévroses larges et épaisses; et, finalement, le voisinage des cavités thoracique et abdominale, et du canal rachidien, dont les émanations vasculaires et nerveuses préparaient, à la communication des accidens, des voies en apparence presque certaines : il y avait là, au point de vue des notions acquises sur les plaies et leurs complications, de quoi faire appréhender les dangers les plus réels. Ajoutons qu’il n’y avait pas à mettre à profit les ressources de la réunion immédiate, de l’adhésion entre les parties divisées pour éviter l’inflammation, puisque le but de l’opération était de substituer un allongement à la trop grande brièveté des parties à diviser. Il fallait donc, pour réaliser ce résultat à travers les difficultés et les périls dont il paraissait environné, des conditions d’exécution et des ressources nouvelles : ces conditions et ces ressources étaient en ell'et là où les enseignemens de la tradition avaient placé les apparences d’un écueil presque certain. En un mot, tout paraissait condamner d’avance ma tentative, et tout au contraire devait la rendre simple, facile, sûre, et d’une réussite merveilleusement rapide. Pour ne pas anticiper sur les résultats de l’expérience, je vais raconter la série des épreuves, des faits et des idées par lesquels mon esprit a passé pour acquérir désormais la sécurité la plus parfaite sur les résultats constans d’une opération que pendant plus de deux ans j’ai méditée, sans oser l’entreprendre, et comment celte opération servira de point de départ à un ordre entier de ressources nouvelles, applicables, je l’espère, au domaine général de l’art chirurgical.

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