‹ Essais sur la methode sous-cutanee, comprenant deux memoires, Sur les plaies sous-cutanees en general, et Sur plaies sous-cutanees des articulations, precedes d'une introduction historique sur l'origine et la constitution de cette methodeChapitre 3 sur 7 · A. PREMIÈRE SÉRIE ^EXPÉRIENCES SCR IES ANIMACX VIVANS · texte numérisé non relu

A. PREMIÈRE SÉRIE ^EXPÉRIENCES SCR IES ANIMACX VIVANS

Je me suis livré d’abord à des expériences sur les animaux dans l’unique but de savoir quels accidens pourrait causer la section des muscles de l’épine. J’ai mis la masse des muscles sacro-lombaire et long dorsal à nu sur des chiens, par une incision longitudinale à la peau; j’ai coupé ces

muscles en travers, j’en ai même excisé une partie pour observer ce qui se passerait entre les deux bouts; puis je les ai recouverts avec la peau dont les bords ont été maintenus en contact au moyen de points de suture très rapprochés. Cette première tentative n’a été suivie d’aucun accident; un épanchement considérable de fluide sous la peau a tenu celte dernière soulevée pendant deux jours : une résorption rapide s’en est suivie, et la plaie guérit en quelques jours, sans aucune trace d’inflammation locale ni de réaction générale : les fils de la suture ont disparu. Six semaines après, l’autopsie me montra les deux bouts des muscles divisés réunis par une substance intermédiaire, blanche-rougeâtre, résistante, de consistance fibro-celluleuse, remplissant exactement la place des portions de muscles excisées.

Dans les expériences suivantes, je divisai transversalement , mais celte fois sous la peau et au moyen d’une simple ponction, les muscles des gouttières vertébrales et ceux du dos qui leur correspondent. Dans quelques cas je produisis des épanchemens assez sensibles sous la peau; dans d’autres il n’y eut pas d’épanchement appréciable; mais la plupart de ceux qui se manifestèrent furent résorbés dès le lendemain, et deux jours après il n’existait plus d’autre trace de la division des muscles qu’un peu d’empâtement insensible, formé par une substance molle remplissant l'intervalle qui existait entre les deux bouts divisés. Cette substance s’organisa progressivement jusqu’à ne laisser plus apercevoir de différence au toucher avec les tissus qu’elle réunissait. Aucun accident local, en général, n’avait précédé ni suivi celte guérison rapide.

Ces premiers résultats avaient commencé à me rassurer ; cependant je pouvais craindre que la guérison si instantanée des plaies ne tînt à l’organisation particulière du chien, dont le sang jouit d’une plasticité remarquable. Je tâchai d’arriver aux applications de ces données à l’homme par des moyens gradués, et avec toute la prudence que commandait une pareille tentative.

Page 1