LEPRINCE
est im débutant qui n'est pas sans mérite. Outre son morceau de réception , qui est un très-beau tableau , il a exposé une quantité d'autres compositions , pfcrmi lesquelles on en discerne quelques-unes qui peuvent arrêter un homme de goût. En général , il possède iabase de Part,. le dessin, il dessine très-bien. Il touche ses figures avec esprit. C'est dommage que sa couleur ne réponde pas tout-à-fait à ces deux qualités. lin opposant le travail de Lep rince à celui de Vernet , Chardin semble avoir dit au premier: Jeune-homme, regardez bien, et vous apprendrez à faire fuir vos lointains , à rendre vos ciels moins lourds , à donner de la vigueur à votre touche , sur-tout dans vos grands morceaux, à la rendre moins sourde et à tendre à l'effet.
Je ne réponds point des imitations rui se ; c'est à ceux qui commissent îe local et les mœurs du pays à prononcer là-dessus. Mais
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Je les trouve, pour Ja plupart ,foibles comme la santé de l'artiste, mélancoliques et douces comme son caractère,
Vue d'une partie de St.-Pétersbourg.
Tableau de cinq pieds de long , sur deux pieds six pouces de haut.
Elle est prise du palais qu'occupoit notre ambassadeur , M. de V Hôpital. Elle montre l'île St. -Basile, le port, la douane , le sénat, les collèges de justice , la forteresse et la cathédrale. Les petites figures placées sur le devant , sont Pambassadeur et les personnes de sa suite ; elles sont spirituelles. Ce chariot où Ton voit une femme couchée , se promenant et voyageant, sans doute à la manière du pays , fait très-bien. Mais je mai pas le courage de louer ce morceau à l'aspect du Port de Dieppe de Vernet. Il est sombre , il est triste, sans ciel, sans effet de lumière ; sans effet du tout.
FâRTI DE TROUPES CoSAQT7E5
ET TAKTARES.
\Tahleau de sept pieds de haut y sur cinq pieds six pouces de large,
ïîs reviennent au pillage. Ils ont rassemblé leur butin pour le partager. La scène est tranquille. Pourquoi s'asservir si scrupuleusement au costume et aux mœurs ? Il me semble qu'une querelle survenue entre ces brigands auroit animé cette froide composition , où l'on n'est intéressé que par le pittoresque des vêtemens , et dont on n'a à louer que la touche des figures qui est plus large ici qu'en aucune des compositions de cet artiste. Le technique s'aequiert à la longue; la verve, l'idéal ne vient point, il faut l'apporter en naissant. Je dirais volontiers aux Quarante , rassemblés trois fois la semaine au Louvre : Eh ! que m'importe qu'il n'y ait pas un sollécisme dans tous vos écrits , s'il n'y a pas une idée frappante , pas une ligne qui vive ? Vous écrivez comme Lcprince peint, et comme Pierre dessine: très-correctement , d'accord ; mais très-froî-
dément. II n'y a , à proprement parler , que trois grands peintres originaux , Raphaël 9 le Dominiquin et le Poussin (1). Entre les autres, qui forment pour ainsi dire leurs écoles , il v en a qui se sont distingués par quelques qualités particulières. Le Sueur a son coin ; Rubens le sien. On pourra reprocher quelquefois à celui-ci une main estropiée , une tête mal emmanchée ; mais quand vous avez vu ses figures , elles vous suivent et vous inspirent du dégoût pour le» autres.
Préparatifs pour le départ D'raE Horde.
Tableau de deux pieds six pouces de haut , sur deux pieds trois pouces delà j-ge.
A droite, des arbres auxquels on a suspendu un cimeterre, un carquois plein de flèches , et d'autres armes. Un Calmouck est
(1) Et le Corrègo ? à votre avis3 B'e3t-ce pas pp peintre original?
occupe à les détacher. Il obéit à l'orde de son officier, qui est debout et qui lui commande. Entre l'officier et le Culmouck, sous une tente formée d'un grand voile tendu , on voit un Tàrtarë et sa femme assis. La femme est tout-à-fait agréable ; elle intéresse par son naturel et sa grâce. Sur la gauche , l'Horde commence à défiler.
Morceau où l'on voit tout ce que l'artiste a de talent et de défauts. Bon , et puis c'est tout.
Pastorale Russe.
Tableau de la grandeur du précédent.
Songez , mon ami , que je laisse toujourslà les mœurs que je ne connois point. Les artistes diront de celui-ci tout ce qu'il leur plaira ; mais il a un sombre , un repos , une paix, un silence , une innocence" qui m'enchantent. Il semble qu'ici le peintre ait été secondé par sa propre 'foibiesse. Ce sujet simple demandoit une touche légère et douce; elle y est. Peu d'effet de lumière ; il y en a peu. C'est un vieillard qui a cessé de jouer
de sa guitarre, pour entendre nn jeune berger jouer de son chalumeau. Le vieillard est assis sous un arbre : je le crois aveugle. S il ne l'est pas , je voudrois qu'il le fut, Il y a une jeune fille à côté de lui. Le jeune garçon est assis à terre , a quelque distance du vieillard et de la jeune fille. Il a son chalumeau à la bouche. Il est de position , de caractère , de vêtement , d'une simplicité qui ravit. Sa tête sur-tout est charmante. Le vieillard et la jeune fille écoutent à merveille. Le côté droit de la scène montre des rochers au pied desquels on voit paître quelques moutons. Cette composition va droit à Pâme. Je me trouve bien là. J'y resterai appuyé contre cet arbre, entre le vieillard et la jeune fille , tant que le jeune garçon jouera. Quand il aura cessé de jouer, et que le vieillard remettra ses doigts sur sa balaîaîe , j "irai m'asseoir à côté du jeune garçon; et lorsque la nuit s'approchera , nous reconduirons, tous les trois ensemble, le bon vieillard dans sa cabane. Un tableau avec lequel 011 raisomae, qui met le spectateur en scène et le mêle avec ses acteurs, eÉ dont enfin Famé reçoit une sensation délicieuse ? n'est jamais uu mauvais tableau.
li 4
Vous me direz qu'il est foible de couleur.... D'accord ! Qu'il est sourd et monotone Cela se peut. Mais il touche ?
mais il arrête ; et que m'importent tes passages de tons savans , ton dessin pur et correct ,1a vigueur de ton colons , la magie de ton clair-obscur , si ton sujet me laisse froid ? La peinture est Fart d'aller à î'ame par l'entremise des yeux. Si l'effet s'arrête aux jeux , le peintre n'a fait que la moindre partie du chemin.
PÊCHE AUX ENVIRONS DE PÉTEB.SBOURG.
Tableau de deux pieds six pouces âé haut y sur deux pieds trois pouces de long.
Triste et malheureuse victime de Vernetf
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WBBêUèbéb^KSKÊËëêèëBEÊÈEÊSê&ê hrBBH^^HhH HHfli
Plusieurs petits tableaux des mœurs de la Russie.
Quelques paysans se disposent à passer un bac , et se reposent en attendant. Mais pourquoi se reposent-ils simplement? Est-ce quril n'y avoit pas moyen de varier ce repos ? C'est le moment où une femme peut donner à tetter à son enfant ; où des paysans peuvent compter ce qu'ils ont gagné ; où, s'il y a un jeune garçon et une jeune fille qui s'aknent , ils se le marqueront par quelques caresses furtives. Le batelier n'en viendra pas moins vite. Ces montagnes qui sont à droite me semblent vraies. J'oserai dire que ces eaux ne sont pas mal, au hazard de faire rire Vcrnet , s'il m'entendoit. Ce rivage est bien. Si ces passagers qui attendent ne font que cela , ils le font naturellement , et ce passeur ne me déplaît pas.
Po^-t de la Ville de Neuva.
C'est peut-être une grande fabrique sur les lieux. Elle peut en imposer par sa masse , surprendre par la bizarrerie de sa construction , effrayer par la hauteur de ses arches. Ce sera, si l'on veut, le sujet d'une bonne planche dans un auteur de voyages ; mais c'est une chose détestable en peinture. Si vous me demandez ce que cela seroi£ devenu sous le crayon ou le pinceau de ce sorcier de Servandoni, je vous répondrai que je n'en sais rien. Pour Leprince , il n'en a fait qu'une plate composition. Le pont est maigre et sans effet. Ces masses aiguës qui le soutiennent sont grossières , sans aucun de ces accidens qui en auroient rendu l'aspect piquant. Toute la montagne est d'ocre. S'il y a quelque maître de forges dans les environs , il a tort de n® pas fouiller-là.
(**3 ) Halte de Tartares.
On voit à droite des forêts , un chariot attelé et passant , un bout de roche. A-peuprès au centre , il y a sur un autre endroit; où le terrein est rompu et forme une élévation , une femme debout et un homme assis. Vers la gauche , un Tartare ou un voyageur à cheval. Plus sur la gauche , d'autres Tartares. C'est sur l'élévation formée par la rupture du terrein , au centre de la toile , un peu au-delà , vers la gauche , près de la femme debout et de l'homme assis , que la halte se fait. Si les mœurs sont vraies, ce morceau peut intéresser par-là; du reste, c'est peu de chose. Les objets n'y sont liés que pour l'œil ; aucune action commune ne les enchaîne. En effet , qu'ont entr'eux de commun , ce chariot qui passe , cette femme debout , cet homme assis, ce voyageur à cheval ? Qu'ont-ils de commun avec la halte ou le sujet principal? Rien qui se sente. Cela est placé là csmrae dans un tableau de genre , un mouchoir , une tasse, une soucoupe , une jatte , une corbeille de fruits ; et à moins qu'il n'y ait dans le tableau de genre la plus
( 204 ) grande vérité de ressemblance et le plus beau faire , et dans un paysage tel que celui-ci , une grande beauté de site , avec la plus rigoureuse imitation des mœurs , cela ne signifie rien, et ne mérite pas d'être regardé.
Paysage açec figures vêtues en différentes modes.
Ce paysage montre sur la droite une montagne. Un peu au-delà de la montagne, des eaux avec des bateaux à bord. En avançant vers la gauche , d'autres moatagnes qui occupent et forment le fond. Au centre de la toile , un traîneau en brancard tiré par un cheval. Sur ce traîneau , un panier dans lequel on voit un mouton et un veau. En allant toujours vers la gauche , un groupe d'hommes diversement vêtus qui se reposent. Puis , une fabrique élevée sur pilotis. Sur cet espace piloté , un chariot. Près du chariot , un jeune-homme couché. Tout-à-fait à gauche , des eaux. .
Il faudroit à toutes ces actions isolées un
(aô5 )
peu plus de mouvement et d'Intérêt; quelque
chose dans les êtres animés qui reflétât du
sentiment sur les êtres inanimés ; quelque
chose dans ceux-ci qui fît de l'effet sur les
premiers ; en un mot; , de l'invention , une
convenance de scène particulière , un choix
d'incidens. Il n'y a rien de tout cela. Tout
homme qui sait dessiner seulement comme
notre ami Carmontelle , sans avoir plus de
verve que lui, n'a qu'à mettre les pieds
hors des barrières , sur les cinq heures du
soir, ou sur les neuf heures du matin, et
il trouvera des sujets pour mille tableaux ;
mais ces tableaux ne pourront piquer la
curiosité.. Oh! si le Faire étoit supérieur; si
dans chaque figure T'imita lion de la nature
ctoit à son dernier point; si c'étoit un gueux
de Calot 3 ou un vielleux de Berghem , ou
un ivrogne de Ténières 3 la vérité de l'objet
en feroit oublier la pauvreté.
Nous venons de battre bien du pays. Je ne sais , mon ami , si vous en êtes aussi fatigué que moi ; mais , dieu merci ! nous voilà de retour. Asseyons-nous ; délassonsnous. Si nous nous rafraîchissions , ce ne seroit pas trop mal fait, Nous quitterions
ensuite nos habits de voyage , et nous irions ensemble à ce Baptême russe auquel non» sommes invités.
Le Baptême -Russe.
Tableau d'environ deux pieds six pouces de haut 3 sur quatre ou cinq pieds de large.
C'est, ma foi! une belle cérémonie! Cette grande cuve baptismale d'argent fait un bel effet. La fonction de ces trois prêtres , qui sont tous les trois à droite , debout , a de la dignité. Le premier embrasse le nouveau né par-dessous les bras, et le plonge par les pieds dans la cuve. Le second tient le rituel et lit les prières sacramentelles. Il lit bien , comme un vieillard doit lire , en éloignant le livre de ses yeux. Le troisième regarde attentivement sur le livre. Et ee quatrième qui répand des parfums dans une poêle ardente placée vers la cuve baptismale , ne remarquez- vous pas comme il'esfc bien richement et noblement vêtu ? comme son action
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( 207 ) est naturelle et vraie ? Vous conviendrez que voilà quatre têtes bien vénérables. Mais vous ne m'écoutez pas. Vous négligez les prêtres vénérables et toute la sainte cérémonie , et vos jeux demeurent attachés sur le parain et sur la marainè. Je ne vous en sais pas mauvais gré. Il est certain que ce parain a le caractère le plus franc et le plus honnête qu'il «oit possible d'imaginer. Si je le retrouve hors d'ici , je ne pourrai jamais me défendre de rechercher sa connoissance et son amitié; j'en ferai mon ami, vous dis- je. Pour cette maraine , elle est si aimable, si décente, si douce que j'en ferai , ditesvous , ma maîtresse , si je puis.... Et pourquoi non ?.<.. Et sriîs sont époux, voilà donc votre bon ami de Russie?.... Vous m'embarrassez. Mais aussi, c'est qu'à la place du Russe , ou je ne laisserais pas trop approcher me» amis de ma femme , ou j'auroïs la justice de d ire : ma femme est si charmante , si aimable „
si attrayante.. Et vous pardonneriez à
voire ami ?.,.. O non î Mais ne voilà-t-iî pas une conversation bien édifiante, tout à travers la plus auguste cérémonie 'du christianisme ; celle qui nous régénère en Je^us- Christ , en nous lavant de la faute que notre
grand-père a commise il y a sept ou huit mille ans ? Allons ,mon ami , contenez-vous. Voyez comme ce parain et cette maraine sont bien à leurs fonctions. Ils en imposent ; ils sont pieux sans bigoterie. Par derrière les trois prêtres , ce sont apparemment des parens i des témoins, des amis, des assistans qu'on Voit. Les belles études de têtes que le Toussin feroit ici ! car elles ont tout-à-faifc
le caractère des siennes Que voulez-vous
dire avec vos études du Poussin? Je
veux dire que j'oubliois que je vous parle d'un tableau. Et ce jeune acolyte qui étend sa main pour recevoir les vaisseaux de l'huile sainte qu'un autre lui présente sur un plat, convenez qu'il est posé de la manière la plus simple et pourtant la plus élégante , qu'il étend son bras avec facilité et avec grâce , et que c'est de tout point une figure charmante. Comme il tient bien sa tête ï Comme cette tête est bien placée ! Comme ses cheveux sont bien jettes! La physionomie distinguée qu'il a ! Comme il est droit, sans être maniéré ni roide ! Comme il est bien et simplement habillé ! Cet homme qui est à côté de lui , et qui est baissé sur un coffre ouvert, c'est apparammentle pire ou quelque
assistant
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assistant qui cherche de quoi emmail]otf% prompteinent l'enfant au sortir de la cuve, ïlegardez-bien cet enfant; il a tout ce qu'il faut pour faire un bel enfant. Ce jeune homme que je vois derrière le parrain est ou son page, ou sou éeufer ; et cette femme assise sur le fond , à tranche , à côté de lui, c'est ou la sage-femme , ou la garde-malade. Four celle qu'on entrevoit dans un-lit, sous ce rideau , il n'y a pas h s'y tromper; c'est l'accouchée^ à qui l'odeur de ces parfums qu'on brûle donnera un mal de fête effroyable, si Ton ny prend garde. À cela près, voilà v ma foi ! une belle cérémonie et un beau tableau ! CVs( le tableau de réception de ]'artiste(i). Combien de noms qu'on ne liroifc
(1) Leprlnce a été agrée par l'académie , à son. retour de Russie. On est agréé sur la simple inspection d'un tableau qui promet 5 mais pour être reçu académicien ? il faut porter un tableau qui reste à l'académie , si , sur ce tableau , l'auteur est jugé digne d'être reçu. Leprince a offert son Baptême Russe quelques jours après l'ouverture du Salon,. et a élé reçu académicien d'une voix unanime. Du grade d'académicien , on monta successivement à celui de conseiller j et quand on est peintre d'histoire du grand genre , on parvient à la place d'adjoint-à-professeur 5 puis de professeur , enfla de recteur de l'académie,
pas sur le livret , si Ion n Y-toit admis â ï'acaçléinie qu'en produisant de pareils titres? J'ai honle de vous dire que îe coloris en est cuivreux etrougeârre , que le fond en est trop
brun, que les passages de lumières Mais il
faut bien que l'homme perce par queîqrf endroit. Du reste , ce(ie composition est soutenue ; touîesles figures en sont intéressantes ; la couleur même est vigoureuse. Je vous jure que l'artiste a fait ceitii-ià dans un intervalle de bonne santé, et que si j étois jeune, lifire , et qu'on me proposât cet honnête Russe pour beau-père, et pour femme cette jeune fîllequi tient si modestement un cierge
Leprincc a certainement du talent , mais il a une i)ien mauvaise santé, lia de l'esprit , et il a l'air fin et malin. Le Salon prochain décidera du rang qu'il tiendra parmi nos artiste?. Ce peintre a publié de* Cahiers gravés , contenant la représentation d:s habitans <le différens pays du Nord qu'il a parcourus ; de leurs liabits , de leurs usages , de leurs meubles , de leurs habitations, etc. Ce recueil est amusant , et si l'on peut compter sur la véracité et l'exactitude du crayon, il est «ussi instructif qu'agréable. Il est à désirer pour Leprincc ■ que son Baptême Russe soit gravé. Comme il est précieux par le caractère des tètes, eî que s'il pèche par quelque côté c'est par la couleur , il gagnevoit beaucoup à la gravure.
( 2ÏÎ )
à cote de lui , avec un peu d'aisance , fout autan, qu'il en faudrait; pour que ma petite Russe put , quand il lui plairoit , dormir la grasse matinée , moi lui-faire compagnie sur le même oreiller , et élever sans peine les petits bambins que ces vénérables papas schismatiques viendroient baptiser chez moi fous les neuf à dix mois, je serois , ma foi ! lente d'aller voir quel temps il fait dans ce pavs là.
Manière de voyager en Hiver.
Et pour faire sortir le décousu de tous ces objets, je vais décrire ce tableau comme si c'étoit un Chardin.
Eu allant de la droite à la gauche , de petites montagnes couvertes de neige. Derrière ces montagnes, 1er, toits blancs d'un hameau. Sur le devant et au pied des petites montagnes, un poteau de seigneur qui marque le chemin ; ce poteau est planté à l'entrée d'un pont de' bois. Une voiture tirée par des chevaux et prenant vers la droite, est prête à entrer sur le pont. Au-dessous du pont , il faut supposer quelque grande rivière prie
et" couverte de neige , car en apperçoit les arrières-becs et tes mâts de quelques grands bai eaux retirés vers le rivage. Sur Je devant, ira paysan voit nie sur la gauche des provisions.
Tout ce qu'on appf€nd: là, c'est la manière dontics Voituressonl Construifes en ïlussiê(i). Je ne sais si ces bâtorfs recourbés ne seroienl; pas, en ce pays-ci même , sur-fout dans les provinces où les chemins sont unis et ferrés, d'un très-bon usage , avec la précaution dY ajouter de larges roulettes de fer.
Halte de Paysans en Eté.
À droite , on voit un bout de forêt , et près de-îà un eliarrio!" chargé de bestiaux. Plus Bas, un ruisseau. En s'avaneant vers la
(i) Ces voitures sont des traîneaux fort communs en Allemagne et clans Ses pays du Word , cl dont le* paysans se servent dans les temps de neige. Il ne seroif guère po.-sible do s'en seivir avec avantage sur de'* èlicmins uni ne seroient pas couverts de neige; mais oit voit dans le tableau des paysans qui se disposent à passer le Lac , une voiture fmlandoise , aussi simple qu'ingénieuse ? et çrtiî paroît particulière à ces pays-là,