‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 10 sur 54 · OBSERVATIONS DE TCHING-RIÜ · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE TCHING-RIÜ

SDR LAO-TSED.

Le Tao qui peut être fréquenté [s) est celui qui sert i diriger les actions ou la condiiile de la vie. Le nom qui peut être nommé est celui qui sert à établir la parole , à former le langage.

Quant à ce Tao éternel, immuable , qui ne peut être fréquenté, et à ce nom qui ne peut être nommé ou défini, les saints hommes (a) n’avaient pas encore eiitre-

(i) Comme 'voie droite, chemin du devoir et de la 'vertu ,penchant au bien, né

avec l'homme, qui est le sens du earactère

tao , dans l’école de Confucius, à

laquelle Tchtivo-kiv fait allusion. Ces observations et les commentaires qui suivent sont tirés de l'cditinn du Tao-tc-King , intitulée: Lao-tseü-i : les ailes de Lao- TsBü (les secours jïour le comprendre) ‘.édition qui date de l’année correspondante à i588 de notre ère, et dont je dois lacommunieationàlaeomplaisancedeSl. St. Julien.

( 2 ) Par cette expression de saint homme ,

A cÂinff jin ^ expression fa-

▼orite de CoirriTCxcs et des ë<Tirahi8 de son école pour désigner les hommes qui ont arquis , à leurs yeux , le plus haut degré de vertu et de savoir consacré au bonheur des hommes, TcRi3to~Kiu désigne les hommes de la Chine et de l'Inde qui ont été comme les législateurs politiques et religieux de ces deux pays ; qui eu ont été les Hévélateurs ; car le mot qu'il emploie pour exprimer leurs coromonica*

tions au peuple : chi, signifie tout à 1a io\i génie spuitueî^timanije.'ster, faire

connaître f révéler. Il met donc en opposition le» premiers cl les plus anciens révélateurs ou législateuis de Vl/tiie, avec les révélateurs ou législateurs de la Chine,

pris de les fuit e couaaili e on de les révéler aux humiiieji. Ce ii'cst pas qn'iU ait'iil teuus dans le semi ; ils ne les a\aieiil pas fait connailre aux buimnes, |Ktrec qu’ils n'en avaient pas obtenu la faculté, parce qu'iU ii 'avaient pas eu le |M>uvoir de les faire connaître aux hommes.

Anciennement ce que les saints hommes du pays occidental [ou de Vlnd^ ^ à loccident de la Chine ] révélèrent et instituèrent , fut réuni en un grand corps de lois dans le. Saw-yek [les Trois Yen y les Trois anciens l’édas?'\ , et fut divisé en Douze Préceptes les Douze Chapitres des Lois de Manou (»)?), nommés Loi, Doctrine.

Quant à ce qui a été transmis en dehors de celte Doctrine , de celle Loi écrite y c’est ce que lui [ LÀO-TSEu]ap|Kille cetjui ne peut être fré(juenté[ comme une yoie droite, ou suivi comme une rèf^le de conduite'\y et ce qui ne peut être nommé.

Les Saints hommes du royaume du milieu [la nos ancêtres Thang et Yu

[ou Yao et Chun } (a), et à leur imitation TVou-Wang cl Wkn-Wang, rédigèrent cl publièrent des textes du Chi-Kingy ou livre des vers, du Chou-King , ou livre historique, du Li-Kiy ou livre des rites et des cércmoities, et du Yo-Kiy

ou livre de la musi(|ue. Ces préceptc.s ainsi rédigés fureiij nommés A//i^

Livres , Ecritures consacrées (3).

Quant à ce qui a été dit par eux [et non écr/>], comme des pas qui n outpoinl laissé de vestiges , c’est ce que lui [ Lao-tseu ] appelle ce qui ne peut être, fréquenté ou suivi, et ce f\\\\ ne peut être nommé.

C’est pourquoi Lao-t.seu publia son ouvrage de Cinq mille caractères (4), afin d’in.struire le inonde et de diriger les siiT.les à venir dans le chemin de la raison et de la vertu; car celui qui ne retourne pas au Tao reste dans les ténèbres de

comme on le verra ci-après. S’il avait voulu designer Fo ou Bouddha par l’expression A , si fang tchi ching jin , saint homme , ou

saints hommes du pays de VOccident y il n’aurait paslicsité à le nommer par son nom de Fo, comme le font tous les écrivains chinois, et puis d’ailleurs son

parallélisme serait inexact, et de plus, absurde. Voy. les Tiotes.

(r) Voir les notes à la 6n de l’ouvrage.

( 2 ) Tous anciens empereurs et législateurs de la Chine y si célébrés par Confucius et les autres philosophes de son école comme modèles à suivre et à imiter , et dont Confucius a recueilli dans le Chou-King et autres livres les fragments de réglements, de morale et d’histoire, conservés jusqu’à lui.

(3) 11 est assez remarquable que les Vêdas indiens correspondent, non pour Je eontcnn , mais pour l’espèce du contenu , aux King chinois. Le Ric-fVrfrt , le premier dans l’ordre , est un recueil ééhymnes , de chants y comme le Cm-King , le YADJOUR-fV(rf{i ,* est généralement dogmatique et monil comme le Cnov^King i le SkMkrP'éda eontieot les préceptes , les rites comme le Li-Ki ; cette conformité de Vespèce du contenu et de Vnrdre des Vidas et des King n’est peut-être pas purement duc au liasard.

(4) Il y a 5,748 caractères dans le Tuo^te^King.

Tavcj^ieroeitt el <]« l'ignoranrc , et demeure seul avec lui même [sans règle de rondiiite |>oiir le guider]. C’est pourquoi le» premières expressions de Tesorde <le fon livre d'où découlent les cinq mille caractère» qui le composent, s'ap> pliqiientau TaOy ou à la 'voie qui peut être fréquentée ^ et au nom qui peut être nommé.

Quant à ce que le saint n’a pas transmis, on ne peut le discuter (t)«

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