SA'NKHYA-RA'RIRA
1 . D« la violence ou de l’intensité des trois sortes de douleurs naît le désir de chercher à connaître la cause qui peut les éloi- , (;ner. Ce [désir], s’il se porte inutilement vers les choses visibles ou perçues par les sens, n'est pas [inutile toutefois] dans l’absence d’un [autre remède] absolu et perpétuel, [qui est la scibnck philosophique.] (i).
1 - Le mode de recherches révélé est semblable à ce mode de recherches sensible [ou qui s’exerce dans les choses visibles perçues par les sens]! car il est impur, défectueux et excessif. Le mode qui lui est opposé et par lequel on obtient la connaissance distincte du Principe indêveloppé , des Principes développés fa) et du Principe pensant , est préférable.
3. LaRAciKE-FaocBÉATBicK (3)est incréée;le Grand , ou Vlntel-
(t) Ce sens, qui e«t celui donné par M. Lasaen et par les textes aaaakrics que j’ai sous les yenx, diffère de l'interprétation de M. Colebrooke , qui aura sans doute suiri une autre lecfin donnée par ses manuscrits. Voj. à ce sujet la discussion de M. Lassen , dans son Gymmosopuista , p. 17.
(a) v^ahlani^ inevolutum et evolula i ce sont les Principes qne j’ai
traduits dans les Essais de M. Colebrooke, par ; le Principe indistinct et les Prin^ cipes distincts p. 4a)' Les termes ci-dessus me paraissent rendre les termes
sanskrits avec plus de netteté et de conipréliensiou. x
( 3 ) Moula~Prakriti , que j’ai rendu avec M. Colebrooke, par îVahtre ( p. et passint } ; c’est bien la Nature , mais ru virtualité , en puissanceMjnt'dttèeffkflasiique et non en réalités formelles et périssables. C’est cette NATUfl^mnAf.-,aIaquelle s’adresse Orphée ou le pseudo~ Orphée , dans ces vers admirables:' , , ft <l>û«i tr*u.(j.iÎTiip* 6ià , noXu(x.iixav« (srirtp ,
OOpxviii , 7TpÉo€£tpx , iToXûxTtTC (^xipLCv , ôivxaaa * nxvt^aisaÎTtiip , iSàp.0Lçe , x’jêtpvviTetpa , îcavaufièî , navToxpâTEipa , TiTipii'v’ ait , itavutrî'pTXTE JaîpLov, A<p6tTt,icp(i>TGqiveix,ita).at'çxTE....
, KgIVTi (SÈv ICaVTEOfflV , ixOlV(évr,TE d'È pLGÙvVI.
AÛTOîràTwp, xTtàTup, i poiîv , 7 tcXù(Ai)Ti , jsiqiçr,
TBADUCTION
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Ugence et les autres Principes , procréateurs et procréés, sont au nombre de sept. Mais seize sont seulement procréés. U Ame [pouroucka , le rndle] n*est ni procréatrice ni procréée. ( Voy. p. a3. )
4. La perception y Xinduction et Vajfirmation véritable sont les seuls moyens d’accomplir la démonstration ou l’évidence de toute preuve quelconque. La démonstration lo{;jque est triple [ou de trois sortes}^ raccomplisseraent de la chose à démontrer naît de la démonstration ou preuve.
5. La perception est la direction des sens vers les objets prochains [ou, leur communication, adhyavasdya , avec les objets à proximité J. U induction (i) est définie triple. Le prédicable et le prédicat précédent ; Vafjirrnation veritahleesi la tradition véritable,
f>. La compréhension des choses communes et générales (a) s’acquiert par la perception; celle des choses qui surpassent les sens s’acquiert par Vinduction. Il en résulte que ce qui n’est pas saisi ou démontré [par ces deux premiers moyens de counaissance] est démontré non expérimentalement par la -uriiie révélation
7. [ La perception exacte des objets n’a pas lieu par les motifs
Ilavao^i, , ua|xêaaiXs(x*
Trictpx, ‘rrcTrxtvop.^vtDV Tt Xuriipa*
IlavTwv fiiv «ù TrxTT.p » aïonip , rpo^b; •li rtftnvoç ...
M O Natiife ! déesse mère de tout , mère de toutes façons »
« Céleste, yénérable, créant beaucoup^ esprit ou déitë , reine :
R Domptant tout , indomptée. gooTernant tout , resplendissant de toutes parts ;
• Tonte-puissante, honorée éternellement, déité qui es supérieure à toutes les autres;
*» Impérissable ^ 1 a première née , V antique
1 Commune à tous les êtres, seule inrommnnicable :
«4 Père a ioi^méme , sans père , toute-puissante par une force mile qui est en toi . . . .
M Sage de tous les sages , donatrice de tous les êtres , nourricière , reine de tout :
** Aliment de tout ce qui croit , féconde , dissoliitriee de tout ce qui est mûr :
« Tu es eu effet le père de tous les êtres , la mère , la nourricière et le soutien ....
( Hymne X” , édit.TaucliDiU , i 83 a , p. fil.) aussi les Hymnes i, a, 3 de Synésius, p. 97 et sqq. édit, de M. Boissonnade.
(1) M. Lassen en traduisant ici le mot sanskrit anoumana ,j)ar conclusion a en .soin d^avertir que ce mot latin ne devait pas être pris dans son acception babi« tuelle et stricte : •* Conelusio nostro loco est ratio colligendi : colligUur enim aut effectus e raussa, aut caussa ex effectu, aut coucluditur æquiparationc. *» ( Voy. p. i 5 , ifî. )
(u) Qui tombent liabituellemeut sous les sens.
( 3 ) J'ai dit dans une note, p. 14, que Kapil/l u'av.nit pas probablement en vue la lèvèlation écrite , daus son troisième moyen de connaissance , mais bien la raison droite pbilosopbiquc. Cependant c'est la ■vraie ré¥élatioii qui est ici indiquée
SB LA SASKilTA-KABlKA.
suivants : [ à cause d’une trop grande distance, d’une trop grande proximité, du'défaiit ou de l’impuissance des organes, de l’inconsistance ou de l’incapacité de l’organe interne [le w/a/ 7 a.f] , delagrande subtilité [des objets], de la soustraction à la vue,dela prédominance, de la disparition [des différences organiques] dans les choses semblables, p. 37.)
8 . L’appréhension ou la perception du Principe primordial , de la Racine procréatrice, ne peut se faire à cause de sa grande subtilité, non parce qu’elle n’aurait pas d’existence; c’est par ses effets que ce principe est compris. [ Foy. p. 37. ] Quant au Grand [ principe ou à Y Intelligence], il est avec les autres Principes , ses produits, un effet dissemblable et semblable à la Nature procréatrice [ Prakriti\.
9. Ce qui n’existe pas, ne peut, par l’énergie d’aucune cause efficiente, par la coopération d’aucune cause matérielle, par absence de l’idonéité d’une force quelconque, par l’action de ce qui peut être fait par ce qui est possible, par l’existence ou le mode d’étre de la cause, arriver à l’état à'effet ou produit existant (1).
par rexpreaainn de dpta-gama. L'emploi négatif que le philosophe indien en fait dans l'exposition de ses Doctrines peut autoriser à la regarder comme une pure concca^ioo de sa part qui dc tire pas à conséqueuce.
(i) Ce distique est uu des plu.s obscurs et des plus difficiles do texte ( on peut le voir , page 37 , s. 9.). M. Lassée y a fait quelques cbaugements et Ta traduit ainsi : « £ nulla non cutis efficacitate, e cemptatinue materiæ , ex absenti.i M idoueitatis cujuslihet rci, ex cffcctioDc ejus , qood offici potest , ab eo , quod •• potis est , ex existeotia (effectus) in caussa coUigitur , ilium cffectum esse cf> « fcctum TCU CVT&Ç. *»
Ma traduction dc cet axiome si important de la philosophie sdnkhfa^ diffère beaucoup , comme ou le roit , dc celle de M. Ltassen. Je ne me serais pas écarté du sens donué par un si savant indianiste» dont persuuue plus que moi ne respecte l'autorité, si de graves motifs ne tn*y avaient engagé. Le premier a été de me coo'former au texte que 1rs lois du mètre , lois variables ci sujettes à exception , n'autorisent peut-être pas toujours à changer ; le second, l’ordre logique des idées que la traduction française me parait mieux suivre que la traduction latiue dans Téiiumération des causes efficiente ^ matérielle , etc. , qui ne peuvent pas faire qtie ce qui u'estpas, .fotV,* c'est-à-dire que ce qui n’existe déjà pas eu puissance, en 'virtua» Utè , en effet , non eucorc émis au dehors dans la cause, puisse devenir, ou arriver à réliit A'effet ou de produit eariWfint / ensuite l'autorité de M. Colcbrooke, qui parait avoir compris ainsi ce distique ,( voy. p. $7,38). Le passage suivant du Bhagavad~giid confirme évidemment eette opinion :
»>âsato [n/i -p* asata't] viJyaté bliàvà; iiàbhavê[nn •^ahltuvah\ vidyalé satali «
TRADUCTION
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10. I.e principe développé [vyaktam , Evolutum] est l’cffel d’une cause; il est incternci , inconstant, n’enveloppant rien (i), actif ou changeant, non simple, supporté [par su cause], absorbant et absorbable, complexe, dépendant d'un autre. Le Principe indéveloppé \ avyaktam , Inevolutum^ est le contraire.
11. Possédant les trois qualités, ne les distinguant point entre
elles, objet commun, égal, non pensant , fécond de sa nature, le Principe ressemble par ceschoses au Principe indtveloppé.
I.e contraire a lieu pour l’Ame ou le Principe pensant, {^oy. p. 4 ».]
la. Satisfaisantes, non satisfaisantes, portant le trouble avec elles, servant à donner de l’éclat, à accomplir des actions, à dompter ses sens, les [ trois] qualité's se combattent mutuellement; elles se réfugient l’une dans l’autre, se créent l’une et l’autre, et s’unissent entre elles (a).
1 3 . Uessence ou la bonté est légère, donnant de l’éclat, désirée; \i passion est flottante, vacillante; l'o^rcHriré est pesante, lourde et obstructive. Leur action réunie est comme celle d’une lampe qui atteint son but, [celui d’éclairer.] ( 3 ).