‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 26 sur 54 · Comme une peinture sans support , comme une ombre sans · texte numérisé non relu

Comme une peinture sans support , comme une ombre sans

corps solide et autre forme, ainsi la Personne subtile ou le Corpus- " .

cule privé de support oii de substratum, ne peut exister sans l’Élément distinct.

42. Ce Corpuscule , formé pour l’usage de l’Ame, se,comporte comme un acteur qui revêt, selon son penchant, tantôt les conditions originaires des Principes intelligents , tantôt les conditions dérivées ou des Principes inintelligents, après runion de la Nature procréatrice avec sa virtualité essentielle. [ Foy. p. 26.]

43. Les conditions qui dépendent de la fondation originelle sont absolues ou parfaites ; celles qui appartiennent aux Principes développés : la pitié et les autres, sont aperçues se réfugiant dans les organes ou instruments de la connaissance. La conception ,

lia

THADÜCTION

l’accroissement du fœtus et les conditions qui en résultent ajipartiennent aux fonctions des organes.

44 - Psr I** vertu ou la justice \ <lharma'\ on suit le sentier (jui mène en haut; par l'impiété ou l’injustice [nrfAnrwn], se forme le chemin qui mène en bas. L’émancipation s’effectue par la science. Celui qui suit le contraire désire son emprisonnement dans les liens corporels. [ Voy. p. 3 i , 3 a.]

45. Far la sérénité ou le calme des sens , la puissance de la nature est affaiblie et annulée; un cercle d’existences mondaines est le résultat des passions ou affections impétueuses. Par la domination on surmonte tous les obstacles , et par le contraire de ces vertus le contraire de ces effets a lieu.

46. Cette création [d’effets] est la création intellectuelle \^pratyayà-sarga'\, distinguée par les dénominations à’ obstacles , ou entraves, de faiblesse ou incapacité , de satisfaction ou tranr/uilUté [touchii~\ et de perfectionnement. Les divisions de ces affections ou catégories produites par la séparation résultant de l’inégalité des qualités, sont au nombre de cinquante. [ Voy. p. a 8 .]

47. Les entraves ou obslaeles sont divisés en cinq classes; des défauts ou imperfections des organes naissent vingt-huit divisions de \i faiblesse ou incapacité ; \ül satisfaction ou tranquillité eu a neuf; le perfectionnement, huit. [ Voy. p. 29.]

48. La division de Y obscurité ou erreur, et rfef'f//i//io/?,est octuple; celle de t extrême illusion est décuple ; les ténèbres iout au nombre de dix-buit, ainsi que les ténèbres totales. [ Foy. p. 28.]

49. Les défauts ou imperfections des onze Organes, unis aux défauts de l’Entendement ou Intelligence, constituent la faiblesse ou Y incapacité ; les défauts de l’Intelligence sont au nombre de dix-sept par les contraires de la tranquillité et du perfectionnement. [ 1 1 -f- 17 z=a8. Foy. p. 29.]

5 0. Il y a quatre especes de tranquillités internes, nommées naturelle, causale, temporelle et fatale : cinq sont externes,, consistant dans autant d’éloignements des choses externes : et de là sont nommées les neuf tranquillités. [ Foy. p. 29.]

5 1. Le raisonnement, la connaissance révélée, ou l’instruction orale, l’étude, l’éloignement des trois sortes de douleurs [litt. les trois éloignements des douleurs], le choix des amis, et la libéralité, sont huit perfectionnements. Le premier qui est un aiguillon à la perfection est triple (1).

{ 1) PArvô *Mkut'as trividbjxh' : M. Lassen traduit: Priera tria {conditirujun ge-

OB LA SANKHYA-KAKIKa'. Ii3

5a. Le Corpuscule [ou la Personne subtile , linga'\w peut exister sans les conditions ou modes d’ctre ; comme la manifestation, le développement des conditions ou modes d’être ne peut également exister sans le Corpuscule; c'est pourquoi il est dit qu’une double création (i) procède du Corpuscule ainsi (juc îles conditions.

53. La création divine est octuple , ou de huit espèces; la création animale, quintuple; la création humaine, simple, ou d’une seule espèce : voilà une description résumée de la création élémentaire. [ Paj. p. 27.]

54. La création qui commence à Bkahua , et qui finit par les corps solides et durs, abonde en haut de la qualité sattva, ou delà bonté ; en bas elle abonde de la qualité tamas, ou de Y obscurité ; et dans la région intermédiaire [ madhyé, medio, le monde de l’homme], elle aliondc de la qualité radja , ou de la passion. [Foy. p. 27.]

55. Dans ce inonde, l’Ame sensible \^tchétana, pensante] éprouve la douleur qui naît de la vieillesse et de la mort, jusqu’à la cessation de son union avec le Corpuscule, et par conséquent delà peine qu’elle subit par sa propre nature. [ Fojr. p. 27. ]

56. Ainsi , tout ce que la Nature procréatrice originelle semble faire pour elle-même, à commencer par Y Intelligence, et qui est circonscrit dans les limites des Éléments distincts, elle le fait en faveur d’un autre; c’est pour préparer la délivrance d’une Ame quelconque. [ Foy. p. 44- ]

57. Comme l’action du lait, substance inintelligente, s’opère en effectuant l’accroissement du veau, ainsi l’action de lu Nature s’opère en effectuant la délivrance de l’Ame. [ Foy. p. 44. ]

58. Comme les hommes s’efforcent de se délivrer de leurs désirs importuns, de la même manière le Principe indéveloppé [la Nature procréatrice] s’agite dans le but de délivrer l’Ame [ de scs liens terrestres. J

5g. Comme une dauseuse se retire de la danse, lorsqu’elle s’est montrée à la foule des spectateurs rassemblés, ainsi se retire la Nature procréatrice lorsqu’elle s’est montrée toute resplendissante à l’Ame (2). [ Foy. p. 44- ]

nera) suntperfectùmu obslacula ,• interpTCtant aaku'sa par ùulrumenlum refr.enandi. (i) Lea créations corrélatives inUlUctucUe et élémentaire.

(■ 2 ) La nature se montre à l’Ame sous les formes développées , c’est-à-dire :

TRAniiCTION

Go.Procunirit diverses sortes d’assistances l’Aine qui n’en rend point, comme étant dénuée de <|ualités, la Nature procréatrice douée «le qualités , jouit d’avantages infructueux pour elle- même.

6 1. La Nature procréatrice , à l’exemple d’une jeune lille pudi- (]ue, ne retourne pas en présence de l’Ame, disant : Il n’existe rien; c’est la pensée qui me naît, après que j’ai été vue(i).»

62. C’est alors que l’Ame n’est ni délivrée, ni enchaînée, ni sujette aux révolutions mondaines : la Nature procréatrice subit les révolutions mondaines, est impliquée dans les liens [des conditions], étant le refuge des divers Principes , ou s’unissant avec les Ames.

63. La Nature procréatrice se lie effeclivemeut de sa propre volonté dans sept formes différentes [pour la jouissance de l’Ame ] ; elle se délivre elle-même à cause de l’Ame, dans une seule forme [qui est la science'\ (2).

64 - C’est ainsi que par l’étude des Principes, on acquiert cette science absolue, incontestable, compréhensible à la seule intelligence [ consistant à savoir que ] ni je suis, ni eiex qui soit mien , ni MOI, n’existent ( 3 ],

65 . C’est pour cette raison que la Nature cesse de procréer, et que s’étant dépouillée, par sa volonté, des sept formes [de l’Intelligence], l’Ame la contcnqilc, à l’instar d’un spectateur, su trouvant bien de cette condition.

66. Elle a été vue , contemplée par moi, ainsi dit l’un [le Principe pensant], en se retirant ; J'ai,été vue ; ainsi dit l’autre [ la Nature], en se retirant aussi. En effet, dans leur union prolongé'e, il n’existe plus aucun motif de création.

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