‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 34 sur 54 · I. DjÎva, ou lame, comme elle est mentionnée ci-dessus · texte numérisé non relu

I. DjÎva, ou lame, comme elle est mentionnée ci-dessus

comprenant trois espèces : i° éternellement parfaite, nityasiddha , ou parfaite au moyen d’une profonde abstraction , ; par exemple, les Achats ou Djainas,

saints déifiés de cette secte ; 2 “ ame qui est libre ou délivrée des liens terrestres, moukta ou mouktâtmâ-, sa délivrance ayant été accomplie par la stricte observance des préceptes des Djainas ; 3° ame qui est liée, enchaînée, baddha ou baddhâtmâ, étant dans un état antérieur à la délivrance, et demeurant captive par ses actions ou œuvres [karma).

II. AdjÎva, l’inanimé pris dans un sens restreint. Il comprend les quatre éléments : la terre, l’eau, le feu et l’air; et tout ce qui est //are ou immobile [sthâi’ara) , comme les montagnes; ou mobile [djangamma), comme les rivières , etc. Dans un arrangement différent, qui sera cité ci-après, cette catégorie est nommée matière [poudgala).

III. — VII. Les cinq catégories qui restent sont distribuées en deux classes : ce qui doit être effectué [sadhya), et les moyens employés pour cet oh\e\.[sâdhand). L’une de ces classes comprend deux divisions, et l’autre trois. Ce qui peut être

(1) S'arkara et les autres commentateurs des Br, Soûtr.^ ainsi que les anno* tatenrs de leurs gloses.

effectué (^sàdkya) est la délivrance et 1 ’assujétissement ou la contrainte; tous les deux seront notés plus loin (VI et Vil). Les trois moyens efficients (^sâdhana) sont décrits comme il suit :

III. Asrava est ce qui dirige l’esprit incorporé {asravayati pouroucham) vers les objets extérieurs. C’est l’occupation ou l’emploi {yritti ou pravritti) des sens ou organes, aux objets sensibles. Au moyen des sens , il affecte l’esprit incorporé par le sentiment du tact , de la couleur , de l’odorat et du goût.

Ou bien c’est l’association ou la connexion du corps avec les actions justes on injustes, bonnes ou mauvaises. Il comprend tous les /rnrwns (toutes les œuvres) : car ceux-ci s’attachent à l’agent, le suivent, l’influencent, l’accompagnent, ne le quittent point {asravayanti).

C’est une fausse direction [mithyâ-pravritti) des organes des sens; car elle est vaine, comme cause de désappointement, rendant les organes des sens et les objets sensibles des instruments de jouissance.

IV. Samvara est ce qui itrote {samurinôli) la marche du précédent, lui ferme la porte ou le passage : et il consiste dans l’empire sur soi-même, ou dans l’action de restreindre les organes internes et externes, embrassant tous les moyens de contrôle que l’on peut exercer sur soi-même , et la soumission des sens , en les calmant ou en les domptant.

C’est la droite, la vraie direction (^samyak pravritti) des organes.

V. Nirdjara est ce qui emporte définitivement , entièrement (n<r), et vieillit (^djarayati) tous les péchés précédemment commis, ainsi que l’effet complet des œuvres ou actions {karma). Il consiste principalement dans la mortification {tapas) : tels que les jeûnes, un silence rigoureux, l’action de se tenir debout sur des pierres brûlantes , de s’arracher les cheveux par la racine , etc.

Ce prédicament est distingué des deux précédents, comme n’étant ni une mauvaise ni une bonne direction , mais une non-direction {aprnvrittî) des organes vers les objets sensibles.

SECTB DE DJINA.

VI. Baddha est ce qui lie (^badhnati) (i) l’esprit incorporé, l’esprit uni au corps. C’est l’enchaînement, la connexion ou l’association de l’anie avec les actions ou les œuvres. 11 consiste dans une succession de naissances et de morts comme étant le résultat des œuvres [karman).

VII. Môkcha est la délivrance, l’affranchissement de l’ame des entraves ou liens des œuvres. C’est l’état d’une ame dans laquelle la connaissance (ou la vraie science) et les autres qualités requises sont développées.

Relevée de son esclavage des œuvres par les moyens enseignés dans les saintes lois, lame y parvient par la grâce de I’Arhat ou Djina toujours parfait.

Ou hien la délivrance est une ascension continuelle. L’amc a une propension ou une tendance naturelle à s’élever en haut ; mais elle est retenue en bas par les liens corporels. Lorsqu’elle en est délivrée , elle s’élève à la région des âmes libérées.

Elle est long-temps retenue dans les entraves corporelles, mais elle s’en dégage enfin : comme un oiseau une fois sorti de sa cage se plonge dans l’eau pour nettoyer la poussière dont il était souillé, et, après avoir séché ses plumes aux rayons du soleil, prend son essor dans les airs; ainsi l’aine, délivrée d’une longue captivité, prend son essor, pour n’y rentrer jamais.

La délivrance alors est la condition d'une ame dégagée de toute entrave.

Cette délivrance est obtenue par une connaissance ou science droite, par la doctrine et les observances religieuses : et c’est un résultat de l’opération non restreinte de la tendance naturelle de l’ame, lorsque les passions et tous les auti'es obstacles sont éloignés.

Les œuvres ou actes (car le mot karma signifie l’un et l’autre, quoique plusieurs des cas énumérés ne soient ni des actes, ni des effets d’action ou œuvres) sont comptés au

(l) En persan jJj bandtnu , etc.

bend i en allemand band; en français bande, bandage.

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nombre de huit, et ils sont distribués en deux classes qui en comprennent quatre chacune : dans la première sont les actes mauvais , ghâtin, et les impurs , asâdhou, comme souillant la délivrance; dans la seconde sont les aghâthin, innocents, et les sâdhou,'^\XT%, comme n’opposant aucun obstacle à la libération.

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