‹ Essais sur la philosophie des Hindous (volume 2)Chapitre 45 sur 54 · LA CONNAISSANCE DE L ESPAIT · texte numérisé non relu

LA CONNAISSANCE DE L ESPAIT

comme une personne qui prend par erreur un morceau de corde pour un serpent; mais sa crainte est éloignée par la perception qu’il n’est pas l’ame, mais l'Esprit universel (i).

27. L’Esprit fait apparaître l’entendement, les organes des sens , etc. , comme une lampe rend les objets visibles ; mais l’Esprit n’est pas rendu manifeste par ces natures grossières.

28. L’Esprit, qui est lui-même la vie , n’a pas besoin d’un autre être vivant [pour se rendre sensible], mais il est manifesté par sa propre nature animée; comme une lampe n’a pas besoin du secours d’une autre pour se rendre visible (2).

29. Ayant éloigné par cette déclaration : Il nest pas, Il n’est pas ( 3 ), tous les accidents qui constituent le monde.

êtres extérîears. Les principes actifs de la nature sont appelés impurs , (Kirce qne l'action est snpposée être la cause de ces passions et de ces affections qui sonillent Tame.

( 1 ) Conim, — L'bomme s'attribue à Ini-mcme la iiatnre de l’ame; et croyant ainsi à l'existence d'un antre être, il est rempli de crainte. Mais quand il est instrnit dans les doctrines des Sastras par son préceptenr, et qu'il contemple, avec l'œil de la raison, qu'il n'est point ame, mais l'Esprit un ^ indivisible, vivant, beureux , sa crainte est éloignée ; il est délivré de la peine, et il jouit do snprême bonbeur. — Il peut être convenable de remarquer que ^tma, on Esprit, signifie primitivement on être, qui, conformément à ce système, est dénué de qualités : Djiva , ou X ^me (vivante) , est un être dans un état sensitif; ce qui sent, agit et jouit. Peut-être U eût été pins correct de traduire j4tma, Être, et Djiva, sensation.

(a) La connaissance de l'existence de la matière inanimée dépend d'un être percevant (on susceptible de perceptions); d'où il suit qne la Connaissance de l'Esprit, qui est Ini-inême la vie, dépend, non d'un autre être percevant, mais de l’Esprit lui-même qui discerne et comprend sa propre existence. ~ Peut-être vent-on faire entendre par là qoe l’essence de l'existence consiste, soit dans nne conscience d'existence accordée à la chose el(e>même, soit dans son être distingné par nn autre être percevant, car il est impossible de concevoir une existence tout à la fois indépendante de la conscience et de la perception ; de là , si la connaissance de l'existence d'an objet résulte , non de s<i propre conscience, mais de la perception de cet objet par un autre être, on peut dire qu'il existe seulement aussi long-temps qn'il est perçn.

(3) Ceci fait allosion à la négation du monde matériel, ainsi qne de tous les êtres individuels, et des facoltés, passions, etc.

APPKNDIli I.

l’ame et l’Esprrt universel sont, par le moyen des mots célébrés, discernés comme étant Un (i).

30. Les objets inintelligents, comme le corps, etc., sont d’une nature fugitive et visible , et ils ressemblent aux bidles d’air qui apparaissent sur la surface de l’eau ; mais on est obligé de croire que je suis le Brahma non souillé, dont la nature est différente de la leur (2).

31. Moi \âtma .^] , qui suis différent du corps, je n’éprouve ni naissance, ni accroissement, ni décadence, ni mort; et étant dénué d’organes des sens , Je suis indépendant de leurs objets , comme le son , etc. ( 3 ).

3a. N’ayant point de sens intérieur (mmms) , je neressen.s point la peine, le désir, l’envie, ni la crainte; car, instruit par les Vèdas, je connais que je n’ai ni la vie, ni le sens intérieur {manas) , mais que je suis un être pur (clair) et transparent.

33. » Par Brahma furent produits la vie, le sens intérieur, les organes des sens et d’action , l’éther, l’air, le feu, l’eau, la terre, qui composent l’Univers ( 4 ). »

34. Je suis sans qualités on action; impérissable, sans volition ; heureux, immuable, sans figure; éternellement libre et pur (non souillé).

35. Je suis comme l’éther, qui est répandu partout, et qui pénètre en même temps l’extérieur et l’intérieur des choses; je suis incorruptible, impérissable; je suis le même dans toutes choses, pur, impassible, non souillé, immuable.

- 36. n Je suis le grand Brahma, qui est éternel, pur, libre,

(i) Comm. — Les mots célébrés ; « Tu es iui: cet Esprit (de moij est Baabma; je suis lui. •

(a) On demande : Pouvons-nous ne pas posséder la connaissance deTEsprit, sans nier l'existence des autres objets? Noas répondons que, sans croire à la non*existence des antres objets, la connaissance de l'Esprit ne peut être obtenue. — Ainsi, jusqn'à ce qa'une personne perçoive que cela n’est pa.s un serpent, il ne peut pas connaître qne c'est un morceau de corde.

(3) Comrn. — Les cinq shkas suivants décrivent notre nature comme découverte par TabstractioD et l'expérience intellectuelle.

(4) Ce slokaes>l emprunté d’un des f^êdas, et il explique la production de la vie, du manas, etc.

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