AUX CROYANTS DU SEUL VRAI DIEU
La plus grande partie des Brâhmanes, et des autres sectes d’Hindous, sont tout-à-fait dans l’impossibilité de justifier cette idolâtrie qu’ils continuent de pratiquer. Lorsqu’on les questionne sur ce sujet, au lieu de donner des arguments raisonnables à l’appui de leur conduite, ils disent qu’il leur
(i) Après les bcanx Essais du pins profond des indianistes eurupceiis sur Ir philosophie des HindoiiSy nous avons pensé qne I*on verrait avec plaisir sons quel point de vue an savant Brahmane» qui est mort dernièrement en Angleterre» dans U force de l'àgc, a considéré l’une des différentes écoles de pliiiosophie, qni est aujourd’hui la plus orthodoxe et la plus suivie dans rinde : l’école f^eJânta. La préface dont ce savant Hindou a fait précéder sa traduction du sanskrit en anglais» préface que nous avons conservée Hans notre propre version, fait connaître le motif et le Lut de cet opuscnle précieux d’un Asiatique qni avait bien compris l’Occident , et qui avait conçu la projet de ramener ses compatriotes an culte pur d’an seul Dieu; culte professé, selon lui, par leurs ancêtres. Ceux qui désireraient plus de détails sur cet illustre Indien peuvent consulter un article sur sa vie et ses ouvrage.s, par l’auteur de cette note, dans la Revue encyclopédique du mois de décembre I 83-j , page Ü 94 et suiv. ( G. P.)
APPEXniX II.
suffît (le citer la coutume de leurs ancêtres, comme autorités positives. Quelques-uns d’entre eux se sont indisposés contre moi , parce que j’avais abandonné l’idolâtrie pour le culte du Dieu véritable et éternel. C’est pourquoi, pour défendre ma propre foi et celle de nos premiers ancêtres, je me suis efforcé, depuis un certain temps, de convaincre mes compatriotes de la vraie signifîcation de nos livres sacrés , et de prouver que ma déviation ne mérite pas le blâme que quelques personnes irréfléchies ont été si promptes à déverser sur moi.
Le corps complet de la théologie hindoue, des lois et de la littérature, est contenu dans les VêdaSy qui sont affirmés être contemporains de la création. Ces ouvrages sont extrêmement volumineux; et étant écrits dans le style le plus élevé et le plus métaphorique, ils sont, comme on peut bien le supposer, dans beaucoup de passages, confus et contradictoires en apparence. Il y a plus de deux mille ans, le grand Vta'sa , réfléchissant sur la perpétuelle difficulté naissant de ces sources, composa avec beaucoup de discernement un abrégé complet du tout; et il concilia aussi les textes qui paraissaient en contradiction. Cet ouvrage, il le nomma le P'êdânta, laquelle désignation, composée de deux mois sanskrits , signifie : La solution ou la fin de tous les Vêdas. Il a continué d’être révéré de la plus haute manière par tous les Hindous; et au lieu des arguments les plus diffus des Vêdas, c’est lui que l’on cite toujours comme étant d’une égale autorité. Mais, enveloppé dans les omhres épaisses de la langue saiiskrite, et les Bràhmanes ne permettant qu’à eux seuls de l'interpréter, ou même de toucher un livre quelconque de cette espèce, le Vêdânta, quoique perpétuellement cité, est peu connu du public, et, par conséquent, la pratique d’un petit nombre d’Hindous est conforme à ses préceptes.
Pour continuer ma défense, j’ai, autant que mes facultés me l’ont permis, traduit cet ouvrage inconnu jusqu’ici, ainsi qu’un abrégé qui en a été fait, dans les langues hindoustanie et bengalie; et j’ai distribué gratis ces traductions
Digiti
VRI.V VCK.
paitiii mes compatriotes, autant que les circonstances me l’ont permis. La traduction actuelle est une tentative de rendre le même abrégé en anglais, par laquelle j’espère prouver à mes amis européens qiw les pratiques superstitieuses qui déforment la religion hindoue n'ont rien de commun avec l'esprit pur de ses enseignements.
J’ai observé que dans leurs écrits et dans leur conversation , beaucoup d’Européens éprouvent le désir de pallier et d’adoucir les formes de l’idolâtrie hindoue, et qu’ils sont portés à faire croire que tous les objets du culte sont considérés par leurs adorateurs comme des représentations «mblématiques de la Suprême Divinité. Si c’était réellement le cas, je pourrais être conduit peut-être à examiner le sujet.; mais la vérité est que les Hindous de nos jours ne considèrent pas la chose ainsi, mais qu’ils croient femiement à l’existence réelle de dieux et de déesses innombrables, qui possèdent dans leurs propres domaines une puissance entière et indépendante; et c’est pour se les rendre propices, et non le vrai Diec, que des temples sont érigés et des cérémouies accomplies. 11 n’y a pas de doute cependant, et mon seul but est de le prouver, que chaque rite dérive de l’adoration allégorique de la Pivinité véritable ; mais aujourd’hui tout cela est oublié, et, aux yeux d’un grand nombre, •c’est même une hérésie de le mentionner.
J’espère que l’on ne présumera pas que j’aie l’intention <rétab!ir la préférence de ma foi sur celle des autres hommes. Le résultat de la controverse sur un tel sujet, quelque multipliée qu’elle soit, ne doit jamais être satisfaisant; c.ar la faculté raisonnable qui conduit les hommes à la certitude dans les choses qu’elle peut atteindre, ne produit aucun effet sur les questions qui sont en dehors de sa compréhension. Je ne puis qu’affirmer que, si le raisonnement et les préceptes du sens commun amènent par induction la croyance à un Être sage, incréé, qui soutient et gouverne cet immense univers, nous devons aussi le considérer comme l’Existence suprême la plus puissante; — dépassant de bien loin nos facidtés de compréhension et de descrip-
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aSrt
tion. — Et quoique les hommes d'un esprit non cultivé , et même quelques personnes instruites (mais en ce point seul aveuglées par le préjugé') choisissent avec empressement, comme l'ohjet de leur adoration , quelque chose qu'ils peuvent toujours voir, et qu’ils prétendent sentir, l’absurdité d’une telle conduite n’est pas , pour cela, du moindre degré diminuée.
Mes réflexions continuelles sur les rites inconvenants, ou plutôt injurieux, introduits par la pratique particulière de l’idolâtrie hindoue, laquelle, plus que tout autre culte pa'ien, détruit le lien de la société, en même temps qu’elles m’ont inspiré de la compassion pour mes compatriotes, m’ont poussé à employer tous les efforts possibles pour les réveiller de leur songe d’erreur ; et, en les rendant familiers avec leurs écritures, les rendre par cela même capables de contempler avec une véritable dévotion l’unité et l’omniprésence du Dieu de la nature.
En suivant cette route, dans laquelle je suis dirigé par ma conscience et ma sincérité, je me suis, moi né Brahmane, exposé aux plaintes et aux reproches.j même de quelquesuns de mes parents, dont les préjugés sont puissants, et dont l’avantage temporel dépend du système actuel de religion. Mais je les supporterai tranquillement, fussent-ils encore plus accumulés , espérant qu’un joi(r arrivera où mes humbles efforts seront considérés avec justice, — peut-être reconnus avec gratitude. Dans tous les cas, quoique des hommes puissent dire, je ne serai pas privé de cette consolation : mes motifs peuvent être acceptés par cet Être qui regarde dans le secret et récompense ouvertement.
Calcutta, 1816'.
ABRÉGÉ DU VÉDAÏNTA.
iSi
ï/illustre Vya'sa (i), iluiis son célèbre ouvrage, le da/ita , fait entendre dès l’abord qu’il est absolument nécessaire pour le genre humain d’acquérir la connaissance de l’Ètre suprême, qui est le sujet de discours dans tous les f’^êdas, dans le F^êddnta aussi bien que dans les autres systèmes de théologie. Mais il trouve, d’après les passages suivants des yèdas, que cette recherche est restreinte dans des limites très-étroites : « L’Ltre suprême n'est pas compré- » hensible par la vision , ou par aucun autre organe des sens; " il ne peut être également conçu par le moyen de la dévo- " tion ou des pratiques vertueuses ( 2 ). 11 voit toute chose , " quoiqu’il ne soit jamais vu; il entend toute chose, quoi- •> qu’il ne soit jamais entendu. Il n’est ni court, ni long (3); « il est inaccessible à la faculté intelligente; il ne peut pas « être décrit par la parole humaine; il est en dehors des li- <■ mites de l’explication Ae&<yêdas ou de la conception hit- « maitie (4). » Vya'sa aussi, d’après le résultat de divers arguments coïncidant avec le Vêda^ trouve que la connaissance exacte et positive de l’Étre suprême n’est pas dans les limites «le la compréhension humaine, c’est-à-dire que quel et comment est l’Être suprême ne peuvent pas être définitivement affirmés. C’est pourquoi , dans le second texte, il a expliqué l’Être suprême par ses effets et ses œuvres , sans tenter de définir son essence; de la même manière que nous, qui ne connaissons pas la vraie nature du soleil, nous l’expliquons comme la cause de la succession des jours et des époques. « Celui par qui la naissance, la conservation et l’annihilation
( 1 ) Le plus graocl des (héologirns, des philosophes et des poètes indiens, Vyasa. recneillil et divisa les f'édm en certains livres et chapilres; c’est puarqaoi il est commiiaéruent notnnic Vêd.A'Vta'sa. Le mut Fyafa est con)» posé de 1.1 preposiliuD disjonctive nu intensitive vi et de nt, dtvtser; U signifie par conséquent celui qui divise ^ qui distribue. ç'a) Mound<\ka. (3) f'rihndarnn yrtk/t. (4) Knthus'ulJi.
APPK.NUlX II.
■< du monde sont réglées , est 1 Être suprême. » Nous vovoiis cet univers varié, étonnant, ainsi que la naissance, la conservation et l'annihilation de ses différentes parties; de là nous inférons naturellement l’existence d’un être qui règle et dirige le tout, et nous l’appelons le Suphême; comme, de la vue d’un vase, nous concluons l’existence d’un ouvrier habile qui l’a formé. Le F cda , de la même manière , déclare ainsi l’Etre suprême : « Celui de qui l’univers procède, qui « est le souverain de l’univers, et dont l’œuvre est l’univers, <t est I’Êtrf. suprême. » ( Taittirja. )
Le Veda n’est pas supposé un être éternel, quoiqu’il soit quelquefois honoré de cette épithète, parce que sa création par l’Etre suprême est ainsi déclarée dans le même Vêda : « Tous les textes et toutes les parties du f^êdn furent créés; » et de même dans le troisième aphorisme du Vêdântu, Dieu est déclaré être la cause de tous les Vedas.
\Jespace vide n’est pas conçu comme étant la cause indépendante du monde, malgré la déclaration suivante du f^éda : « Le monde procède de l’espace vide (i) , car le Vêda déchire en outre : — « L’espace vide a été produit par I’Êtrk «SUPRÊME, " et le Vêdânla (a) dit : — « Comme I’Ètre su- « prêsie est évidemment déclaré dans le Vêda, la cause de « l’espace vide', de l’air et du feu, aucun d’eux ne peut être " supposé la cause indépendante de l’univers. ••
Ce n’est pas l’Air, non plus, qui est considéré comme le souverain de l’univers, quoique le V êda dise en un endroit : — « Toute créature existante est absorbée dans l’air; • car le Vêda affirme en outre que — « le souffle, la faculté intel- « lectuelle, tous les sens internes et externes, l’espace vide, « l’air, la lumière, l’eau, et la terre étendue, procèdent de •< I’Ètre suprême. » Le Vêdânta ^3) dit aussi : <• Dieu (4) est
(l) Tchhamlôtija, (a) 14 * Snûoa ^ 4*^ section, chafnlre. (3) 8 — 3. i. (4) Dan.s les textes sanskrits cités, appartenant aux yédas , ou au Védânta, le tenue que le Firâbuiaoe Ram-MobuD'Koy a traduit en anglais par Coo (Diao) est Brahma. Ce n’asi donc pas le Dieu chrétien qu’il faut eu*
souffle est plus grand que l'étendue de l'espace dans toutes
les directions, » comme on le lit dans le P'cda, à la suite !
du discours concernant le souffle commun.
La Lumière, de quelque nature que ce soit, n'est pas inférée comme étant le souverain-maître de l'univers, d'après l'assertion suivante du Vèda ; — « La pure lumière de toutes « les lumières est la souveraine de toutes les créatures j — car le Fèda déclare en outre (t) que — « Le soleil et tous «les autres [astres] imitent Dieu, et lui empruntent leur « lumière. » La même déclaration se rencontre dans le f'êddnta ( 2 ).
Ce n'est pas la Nature, qui peut être désignée par les textes suivants du yêda , comme la cause indépendante du monde, savoir : — ■ L'homme ayant connu cette nature qui est un «Être éternel, sans commencement et sans fin, est délivré -de l'atteinte de la mort,» parce que le P^êda affirme que — ■ « Aucun être n'est égal ou supérieur à Dieu (3), » et le f^êda dit : — - Connais Dieu seul (4); » et le Véddnta (5) s'exprime ainsi : « La nature n'est pas le Créateur |
« du monde, et elle n'est pas représentée ainsi par le Vêda, • car il dit expressément : — « Dieu, de son regard, a créé j
- l'univers. » La nature est un être insensible; c’est pourquoi ■
elle est dénuée de vue ou intention, et conséquemment in- I
capable de créer le monde régulier. I
Les Atomes ne sont pas supposés la cause du monde, j
malgré la déclaration suivante : — « Ce ( Créateur) est l'être j
«le plus subtil, le plus ténu; » ?
Parce qu'un atome est une molécule insensible; et d'après j
l'autorité ci-dessus, il est prouvé qu’aucun être dénué d in-
leudre pMv ce mul , loaU le Dieu svpremb qui est de tous les lieux et de tous les temps « et qui a leçu dWl'êrenls noms daos les di/Térentes langues hamaines.
( 1 ) ^toHfuUikn, (a) HoiUr. a» , stvt, 3, ah, i. (3) Katha. (l) Moundaha.
(5) Soutr. 5 , sta(. I, ch. i.
API'UNDIX II.
telligence ne peut être l'auteur d’un système arrangé avec tant d’art.
U À me ne peut être induite des textes suivants, comme le souverain seigneur de l’univers, savoir : « L’ame étant unie
• à l’Etre resplendissant, jouit de la félicité. » — « Dieu et « l’ame entrent dans le petit espace vide du cœur; » — parce O que le F'êda déclare que Lui (Dieu) préside dans l’ame ,
« comme son Régulateur,» et que « l’ame étant unie à « l’Être gracieux, jouit de la félicité » (i). Le Vêdânta dit aussi : « L’ame sensitive n’est pas dite résider dans la terre,
« comme un être directeur ou régulateur , parce que dans
• les deux texles du Vèda il est autrement parlé de l’Etre ■ qui gouverne la terre ; savoir : — « Lui ( Dieu ) réside
• dans la faculté de l’entendement, » et • Lui, qui réside
• dans l’aine, etc. »
Ce n’est ni le Dieu ni la Déesse de la terre qui sont désignés par le texte suivant , comme le régulateur de la terre ; savoir (a) ; — « Lui qui réside dans la terre , et qui est dis- « tinct de la terre, et que la terre ne connaît point, etc. , » parce que le Vèda affirme que — « ce ( Dieu seul ) est le <t régulateur du sens interne, et il est l’Ètre éternel, • et la même chose est afhrmée dans le Vêdânta {^.
Par le texte qui commence avec la sentence suivante :
• Celui-ci est le soleil, » et par plusieurs autres textes affirmant la dignité du soleil, ce dernier n’est pas supposé la cause primordiale de l’Univers, parce que le Vida déclare que (4) : * Lui qui réside dans le soleil ( comme son sei- « gneur) est distinct du soleil »j et le Vêdânta fait la même déclaration (5).
De la même manière, aucun des Dieux célestes ne peut être inféré des diverses assertions des Vêdas, concernant leurs divinités respectives, comme étant la cause indépendante de l’Univers; parce que le Vida affirme en
(i) Soûera 20, sect. 7 , ck. i.
(a) Frihadaranyakn, ( 3 ) Soûtr, 18, secl. 7 , ch. i. ( 4 ) yrihadaranyaha, ( 5 ) Soùir, 21 , ictt. i, th. i.
ABRÉGt DL' VÈDa’ntA. a85
différents endroits , que ■* Tous les Vèdas ne prouvent « rien que l Unité de l'Être Suprême ». En accordant que la Divinité soit plus qu'un seul Être, les affirmations posi-' tives suivantes du Vèda^ relatives à l’unité de Dieu, deviennent fausses et absurdes : « Dieu est par conséquent « Un et sans second (i). » — » 11 n’y a que l’Être Suprême « qui possède la connaissance universelle ( 2 ). » — « Lui qui •< est sans aucune figure, et qui dépasse les limites de la
• description, est l’Être Suprême (3). » • Des appellations,
• et des figures de toute espèce sont des innovations. » Et d’après l’autorité de plusieurs autres textes, il est évident que tout être qui porte une figure, et est susceptible d’être décrit, ne peut pas être la cause éternelle indépendante de l’Univers.
Les yêdas ne nomment pas seulement Déités les représentations célestes, mais iis donnent aussi , dans beaucoup de cas, l’épithète divine à l’e.sprit , aux aliments , à l’espace vide, à l’animal quadrupède, aux esclaves et aux fugitifs ( s/acfj and fljmen) ; comme: • l’Être Suprême «est un animal quadrupède dans un lieu, et dans un «autre il est plein de gloire. L’esprit [mind) est l’Être « Suprême , il doit être adoré ; » — « Dieu est la lettre Ka « ainsi que la lettre K/ia , » et — » Dieu est sous la forme « d’esclaves, et sous celle de fugitifs. • Le F~êda a représenté allégoriquement Dieu dans la figure de l’Univers , savoir: « le feu est sa tête, le soleil et la lune sont ses « deux yeux, (4) etc. » Le F'èda appelle aussi Dieu l’espace vide du cœur, et il le déclare plus petit qu’un graiq d’orge: mais, d’après les citations précédentes, ni aucun des Dieux célestes, ni aucune créature existante ne peut être considéré comme le Souverain seigneur de l’Univers , parce que le troisième chapitre (5) du f^éddnta explique ainsi la raison de ces assertions secondaires :
( 1 ) Kutkft. (a) Vrihadaranyaka. (3) Tchhandâgra. Üloundaka. (5) Soûlr. 38 , sect. >.
A.PP£>'l)IX SI.
« Par ces appellations du f' èda qui dénotent l'esprit de « l’Ètre Suprême, répandu également sur toutes les créa-
• tures, au moyen de son extension, son omniprésence « est établie : ainsi, dit le Vêda : « Tout ce qui existe est ■I par conséquent Dieu (i) ; • c'est-à-dire : rien n’a une véritable existence excepté Dieu , « et tout ce que nous « sentons par l’odorat ou que nous touchons par le tact,
• est l’Èlre Suprême; « c'est-à-dire : l’existence de toute chose quelconque qui nous apparaît repose sur l’existence de Dieu. Il est incontestablement évident qu’aucune de ces représentations métaphoriques, qui naît du style élevé clans lequel tous les V êdas sont écrits , ne fut destinée à être considérée autrement que comme une pure allégorie. Si des individus pouvaient être reconnus comme des divinités séparées, il y aurait une nécessité de reconnaître plusieurs créateurs du monde indépendants, ce qui est directement contraire au sens commun, et à l’autorité répétée du Vêda. Le Vêdânta ( 2 ) déclare aussi : « Que " l’Être qui est distinct de la matière , et de ceux cjui «sont contenus dans la matière, n’est pas multiple, « parce qu'il est déclaré dans tous les Vêdas qu’il est u»
• être en dehors de toute description ; » et il est de nouveau établi que « le Vêda a déclaré l’Être Suprême une «■'pute intelligence (3); » et l’on trouve aussi dans le troisième chapitre, que « Le Vêda ayant d’abord expliqué « l’Être Suprême par différentes épithètes, commence avec ■> le mot Atha, ou maintenant , et déclare que — « Toutes « les descriptions dont j’ai fait usage pour décrire l’Être « Suprême sotit incorrectes, » parce qu’il ne peut être décrit par aucun moyen ; et cela est ainsi établi dans les commentaires sacrés sur le Vêda.
Le quatorzième texte [ aphorisme ) de la deuxième section du troisième chapitre du Vêddnta s’exprime ainsi : « Il est positivement représenté par le Vêda que l’Être
(i) Tchhandig) a. l^i)Soùtr. 1 1 , ml. i^ch. .1. (3) Saûtr. iC , std. î, c/i. i.
ABRKGÉ ni' vÈda’M’A. a8"
• Suprême ne porte ni figure ni forme; » et les textes suivants du yêda affirment la même chose , savoir : « que « l’Être véritable existait avant tout, (i) "
« L’Être Suprême n’a pas de pieds, mais il s’étend par-
• tout; il n’a pas' de mains, cependant il tient toute chose;
• il n’a pas d’yeux, cependant il voit tout ce qui est; il " n’a pas d’oreilles , cependant il entend toute chose qui
• passe. » — « Son existence u’a pas de cause. » — « Il e.st
• le plus subtil des êtres subtils , et le plus grand des « êtres grands: et cependant, il n’est, dans le fait, ni " petit , ni grand. »
En réponse aux questions suivantes, savoir: Comment l’Être Suprême peut-il être supposé distinct de toutes les créatures existantes, et au-dessus d’elles, et en même temps présent partout.^ Comment est-il possible qu’il puisse être décrit par des propriétés inconciliables par la raison , comme voyant sans yeux , entendant sans oreilles ? A ces questions, le Vèilânta, dans le deuxième chapitre, répond: ■■ — En Dieu résident toutes sortes de puissances et de
• splendeurs. » Et les passages suivants du Vida font la même déclaration : — «Dieu est tout-puissant, et c’est par sa « suprématie qu’il est en possesioii de tous les pouvoirs ; » c’est-à-dire ; ce qui peut être impossible pour nous n’est pas impossible pour Dieu, qui est le Tout-Puissant , et le seul régulateur de l’Univers.
Quelques Dieux célestes, en différents exeni[)les, se sont déclarés eux-mêmes des divinités indépendantes , et des objets de culte ; mais ces déclarations étaient dues à leurs pensées abstraites ou détachées d’eux-mêmes, et leur être étant entièrement absorbé dans la réflexion divine (a).
Le k' èdânta déclare que : « cette exhortation d’IsDRA " ( Dieu de l'atmosphère ) concernant la divinité , doit
• être nécessairement conforme aux autorités du f^èda; » c’est-à-dire: « chaque être , ayant perdu toute coiitein-
i) T<hhand6ÿ)u* Sodti, 3o, sici, i, fA. i.
ÀPPBNOIX 11.
« plation de soi- même , en conséquence de son union avec « la divine réflexion , peut parler comme croyant qu’il est «l’Etre Suprême; ainsi que Bamadêva ( Brâhmane célè- « lire ) qui, en conséquence d’un tel oubli de sa personna- « lité, se déclara lui -même le créateur du soleil, et Manou,
« le second être après Brahma. » C’est pourquoi il est libre à chacun des Dieux célestes , aussi bien qu’à chaque individu , de se considérer lui-même comme Dieu dans cet état d’oubli de sa personnalité et d’unité avec la réflexion (livme , comme le dit le V cda : « Vous êtes cet Être « véritable » ( lorsque vous perdez toute contemplation de vous-même ), et, « O Dieu ! je ne suis rien autre chose « que vous. » Les commentateurs sacrés ont fait la même observation, savoir: «Je ne suis rien autre chose que « l’Etre véritable, et je suis une pure intelligence, pleine « d’une féli(dté éternelle, et je suis par ma nature libre des « effets mondains. » Mais, en conséquence de celteréflexion , ancuu d’eux ne peut être reconnu comme étant la cause de l’Univers , ou l’objet de l’adoration.
Dieu est la cause efficiente de l’Univers, comme un potier l’est de ses vases et autres ustensiles de terre ; et Dieu est aussi la cause matérielle de l’Univers , comme la terre ou la glaise est la cause matérielle des différents vases et ustensiles de terre ; ou bien , comme une corde , prise par inadvertance pour un serpent , est la cause matéi iclle de l’existence conçue du serpent , qui paraît véritable , à propos de l’existence réelle de la corde. Ainsi s’exprime le Vèdânta; « Dieu est la cause efficiente de « l’Univers, ainsi que sa cause matérielle (i) ( de même « qu’une araignée l’est de sa toile), comme le Veda l’a " positivement déclaré : » que de la connaissance de Dieu « seul, procède la connaissance de toute chose existante. » Le Veda compare aussi la connaissance concernant l’Être Suprême à une connaissance de la terre, et la connaissance
(î) "Voypr. la no!« page 1^3.
ABRKUE DU vèda'nia. a8y
cuDcernanl les différentes espèces d’êtres existantes dans l’ünivers, à la connaissance des vases et ustensiles de terre, lesquelles déclaration et comparaison prouvent l’Unité de l’Être Suprême et de l’Univers; et par la déclaration suivante du V êda y savoir: « L’Être Suprême a créé l’U- « nivers par sa seule Intention , » il est évident que Dieu est l’agent volontaire de tout ce qui peut avoir l’existence.
Comme le Vêda dit que l’Être Suprême eut la volonté ( à l’époque de la création ) de s’étendre lui-même, il est évident que l’Être Suprême est l’origine de la matière, et de ses diverses apparences ou formes; comme la réfraction des rayons méridiens du soleil sur des plaines de sable est la cause de la ressemblance d'une mer étendue, [ du mirage ]. Le Vêda dit, que » toute» ligures et leurs " appellations sont de pures inventions, et que l’Etre Suprême seul est l’existence réelle; » par conséquent les choses qui ont une figure et qui portent une appellation ne peuvent pas être supposées la cause de l’Univers.
Les textes suivants du Vêda y savoir : « Krichna ( ou " \ichn'ou, le dieu de la conservation )est plus grand que « tous les dieux célestes, auxquels l’esprit pourrait s’appli- ^ quer. » — Nous adorons tous Maliadêva ( le grand dieu, ou le dieu de la destruction ). « — Nous adorons le soleil. »
— « J’adore le très-révéré Varouna ( le dieu de la mer). »
— « Tu dois m’offrir un culte, dit l’Air, à moi qui suis la « vie éternelle et universelle. » — « Le pouvoir intellectuel <• est Dieu, qui doit être adoré; » — «et XOudgîtâ (ou une « certaine portion du Vêda ) doit être adoré. » Ces textes, aussi bien que plusieurs autres de la même nature, ne sont pas des commandements réels d’adorer ou d’honorcr les personnes et les choses ci-dessus mentionnées; mais ils recommandent à ceux qui sont malheureusement incapables d’adorer l’Être Suprême invisible, d’appliquer leur intelligence à quelque chose de visible , plutôt que de la laisser demeurer inutile. Le Vêdânta é^&hWt aussi que la décla-